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Garber-Québecor: qui dit vrai?

L'homme d'affaires Mitch Garber a-t-il raison de dire que Pierre Karl Péladeau a obtenu un rendement médiocre à la tête de Québecor? Ou, au contraire, PKP a-t-il eu des résultats «extrêmement solides», selon la direction de Québecor?

Les propos de Mitch Garber à l'émission Tout le monde en parle, dimanche, ont provoqué une tempête. Même la conjointe du possible futur premier ministre du Québec, Julie Snyder, y a mis son grain de sel, affirmant que «l'antisouverainiste» Garber avait tenu des propos mensongers.

Sur Twitter, Mitch Garber en a rajouté, démontrant le piètre rendement de Québecor face à des concurrents comme Bell et Rogers, tableaux et graphiques à l'appui. «S'il va gérer mon économie, je veux juste qu'il la gère mieux qu'il a géré Québecor», affirme Garber.

Alors, qui dit vrai?

Dans l'implacable monde des affaires, les chiffres font foi de tout, ou presque. Et à cet égard, le rendement à long terme du titre boursier, le cas échéant, est un élément incontournable pour évaluer la «performance» d'un patron.

Au jeu des comparaisons, toutefois, le choix des concurrents, de même que les périodes de comparaisons, sont cruciales. Pour tirer l'affaire au clair, j'ai donc comparé le rendement du titre de Québecor avec certains concurrents pour trois périodes.

La première débute lorsque PKP a été nommé PDG de Québecor inc., le 30 avril 1999. La deuxième coïncide avec l'approbation de la transaction de Vidéotron par le CRTC, le 6 juillet 2001. La troisième commence au creux boursier qui a suivi la crise financière, le 9 mars 2009. Les trois périodes prennent fin avec le départ officiel de PKP, le 8 mai 2013.

En avril 1999, quand le fils de feu Pierre Péladeau a pris la direction de Québecor, le groupe oeuvrait dans le secteur de l'imprimerie et des médias écrits. Vidéotron n'étant pas dans le portrait, il est donc plutôt injuste de comparer le rendement de l'entreprise avec les firmes de télécommunication d'alors.

À mon sens, il faut plutôt comparer avec d'autres entreprises semblables à Québecor qui auraient pu, elles aussi, prendre la décision d'acheter une entreprise semblable à Vidéotron-TVA.

Résultat: sur cette base, la «performance» de PKP n'a pas été médiocre, mais elle s'avère très ordinaire, avec un rendement global de 42% sur 14 ans. Le principal concurrent de l'époque, Transcontinental, affiche un rendement de 123% sur la même période. L'indice boursier de Toronto? 145%.

Par contre, Québecor fait mieux que les entreprises qui détenaient les quotidiens The Globe and Mail (Thomson Reuters) et Toronto Star (Torstar), dont les rendements ont été de 17% et -33% depuis 1999.

En 2000, l'acquisition de Vidéotron a transformé Québecor, si bien qu'elle doit aussi être comparée aux entreprises de télécommunications, comme Bell (BCE). Quand le CRTC a avalisé les derniers pans de la transaction, en juillet 2001, la Bourse avait été fortement dégonflée, et la base de comparaison 2001-2013 devient plus favorable.

Résultat: cette fois, la «performance» de PKP-Québecor est moyenne. Un investisseur qui aurait acheté l'action de Québecor en juillet 2001 aurait obtenu un rendement global de 94% sur 12 ans contre 105% avec BCE et 428% avec Rogers, dividendes inclus.

Québecor fait mieux que l'entreprise de médias et de câblodistribution Cogeco (+ 87%) ou la firme albertaine Shaw Communications (78%). Son rendement reste inférieur à celui de l'indice boursier de Toronto (120%).

Sur cette base, on ne peut pas qualifier la performance de PKP d'«extrêmement solide», comme l'affirme la direction de Québecor. La décision d'acquérir Vidéotron lui a au moins permis de surpasser son vieux concurrent Transcontinental (+ 55% depuis 2001). Et encore fallait-il avoir l'appui ferme de la Caisse de dépôt dans la transaction.

Maintenant, qu'en est-il des derniers milles du général PKP? Cette fois, la performance est beaucoup plus respectable.

Depuis le creux de mars 2009, Québecor se classe au deuxième rang des entreprises comparées, avec un rendement de 158%. L'entreprise devance BCE (151%), mais fait moins bien que Telus (184%). Et cette fois, l'investisseur aurait été gagnant de miser sur Québecor plutôt que sur l'indice de la Bourse de Toronto (87%).

En somme, l'appréciation du rendement d'une organisation et d'un dirigeant varie selon les paramètres choisis. Au regard de nos critères, on peut dire que la performance de PKP à la tête de Québecor a été moyenne, somme toute.

La principale erreur de PKP et de la Caisse aura été d'acheter Vidéotron entièrement en argent comptant, donc en s'endettant lourdement. Une transaction avec une combinaison d'actions de Québecor et de comptant aurait permis d'éviter en partie les effets de l'éclatement de la bulle.

L'alliance de la Caisse-PKP aura au moins permis de garder le stratégique siège social de Vidéotron au Québec. Et d'offrir probablement aux consommateurs de meilleurs prix que si Vidéotron était passée entre les mains de Rogers.




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