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Les premiers pas de Carlos Leitao

Il faudra trouver des façons de dépenser autrement... (Photo Mathieu Bélanger, Reuters)

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Il faudra trouver des façons de dépenser autrement sans couper bêtement, et surtout, les faire accepter. Le vrai rendez-vous, c'est l'an prochain.

Photo Mathieu Bélanger, Reuters

Alain Dubuc
La Presse

Ce qu'on attendait de ce premier budget du ministre libéral des Finances Carlos Leitao, c'est qu'il puisse ramener rapidement et de façon ordonnée l'équilibre des finances publiques québécoises. Il y a un très large consensus à cet égard, tant dans la population qu'à l'Assemblée nationale, où les trois principaux partis s'entendent sur la nécessité de ramener le déficit à zéro l'an prochain.

La question qu'on peut maintenant se poser, c'est si ce budget y parviendra, et s'il s'acquittera de cette tâche mieux que ne l'aurait fait le gouvernement précédent. Mais ce n'est pas vraiment en lisant ce budget ou en décodant ses colonnes de chiffres qu'on pourra y répondre.

Il faut voir ce budget comme celui des premiers pas. Il s'agit en effet d'un budget de transition, préparé rapidement par un nouveau gouvernement qui héritait d'une situation difficile et qui propose donc des mesures d'urgence. Le cadre général dans lequel travaille M. Leitao est essentiellement le même que celui de son prédécesseur péquiste, Nicolas Marceau. L'ampleur des compressions pour ramener le déficit à 2,350 milliards est la même, et dans bien des cas, les mesures sont sans doute les mêmes, des décisions paramétriques - comme des efforts de productivité demandés aux ministères et organismes - , quoiqu'on trouve des éléments nouveaux, comme le gel de l'embauche dans le secteur public, qui constitue un geste fort.

Mais le vrai test, celui où cette détermination sera mise à l'épreuve, ne porte pas sur les efforts de compressions de cette année, mais sur les résultats de la commission sur la révision permanente des programmes qui devra dégager des pistes pour réduire les dépenses de 3,283 milliards l'an prochain. Il faudra trouver des façons de dépenser autrement sans couper bêtement, et surtout, les faire accepter. Le vrai rendez-vous, c'est l'an prochain.

Ce qui change toutefois, c'est le contexte: celui d'un gouvernement majoritaire qui jouit d'un certain soutien dans la population pour de tels efforts - du moins pour l'instant - , mais aussi la force du tandem que forment Carlos Leitao et Martin Coiteux au Conseil du trésor, deux économistes qui maîtrisent leurs dossiers, qui sont clairs et transparents, et qui manifestent des talents pédagogiques indispensables pour la suite des choses. À cela s'ajoute ce que l'on sent être la détermination et la cohérence du gouvernement Couillard en ce qui a trait à la maîtrise des finances publiques.

Il faut aussi noter que le style de ce premier budget, très pondéré, est différent de celui du gouvernement Charest, extrêmement agressif dans certaines interventions, assez pour provoquer de vives réactions, mais souvent inconstant par la suite dans ses efforts.

On ne peut pas s'empêcher de voir un contraste avec Nicolas Marceau, un politicien peu habile, isolé dans son gouvernement - minoritaire, et qui a quand même raté ses cibles de déficit et perdu le contrôle des finances. Sa critique du budget hier, très partisane, était gênante. Cela met en relief le fait que la véritable opposition économique et financière ne vient plus du Parti québécois, discrédité, mais de la Coalition avenir Québec, avec François Legault et Christian Dubé.

On ne sait pas non plus ce que donnera la stratégie de relance de M. Leitao, beaucoup plus modeste que ce que proposaient les libéraux en campagne électorale, surtout parce qu'ils ont abandonné l'accélération des dépenses d'infrastructures.

Ce qui distingue les libéraux, c'est surtout la clarté du message, une synergie avec le monde des affaires que n'avait pas le gouvernement Marois, une volonté d'encourager le développement économique, notamment dans les ressources naturelles, tout en proposant un environnement stable et prévisible, accueillant pour l'investissement. Mais est-ce que le message suffira pour accélérer la croissance et la création d'emplois?




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