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À qui la faute?

Alain Dubuc
La Presse

La situation financière du Québec est sérieuse. Selon les deux experts mandatés par le gouvernement Couillard pour faire le point sur l'état des finances publiques, il faudra trouver 3,7 milliards, pas pour arriver à l'équilibre budgétaire, mais seulement pour empêcher le déficit de s'emballer et de dépasser les 1,75 milliards prévus.

Si on tente de traduire en mots les chiffres des économistes Claude Montmarquette et Luc Godbout, cela signifie que le Québec entre dans une phase d'austérité comme il n'en a pas connu depuis 20 ans. Le Québec n'est pas en crise financière, parce que la situation est gérable. Mais la situation exige que nous nous lancions dans une réflexion comme nous n'en avons jamais fait sur le rôle de l'État, son fonctionnement, les services qu'il procure, la façon de les financer.

Ce sera au coeur des décisions politiques des prochaines années. Et pourtant, personne n'en a vraiment parlé dans la campagne électorale qui vient tout juste de se terminer. Personne n'a vraiment prévenu les Québécois de ce qui les attendait, et encore moins sollicité un mandat en ce sens.

Cela nous prépare donc très mal aux débats qui nous attendent, qui auraient exigé de nos politiciens une dose de réalisme et de franchise qui n'a pas été au rendez-vous. On doit constater que nos mécanismes démocratiques et nos traditions politiques sont mal adaptés à la décroissance et aux vaches maigres, et qu'on a le plus grand mal à avoir des conversations adultes sur de tels enjeux. Le dernier débat sur une remise en cause de nos façons de faire, ça a été la crise des droits de scolarité, avec les résultats que l'on sait.

Le problème décrit par les experts, c'est que le déficit du gouvernement est structurel, plutôt que conjoncturel. Il ne dépend pas seulement des aléas de l'économie mais s'explique aussi par le fait que la croissance des dépenses publiques est plus forte que celle de ses revenus, ce qui crée un déséquilibre permanent qui nous plonge d'une situation de crise à l'autre. Ce déséquilibre signifie aussi que l'ensemble de nos services publics coûte plus cher que ce que nous sommes capables de payer. Ce n'est pas en charcutant qu'on réglera ce problème, mais en repensant nos méthodes et nos choix.

Ce problème n'est pas apparu par magie sous le règne de Pauline Marois. On sait depuis longtemps que les finances publiques sont dans une impasse structurelle et que l'économie québécoise sous-réussit. Le gouvernement Charest a commandé une foule d'études et de rapports sur la question.

Mais ses réformes ont été insuffisantes, notamment parce qu'il a été échaudé par les vives résistances à ses efforts - pensons à la réingénierie, aux PPP, aux tarifs d'électricité, aux frais de scolarité. La crise financière est ensuite venue bousculer l'agenda et empirer les choses. Le PQ a donc hérité d'un problème non résolu pour lequel il était très mal équipé.

Il y a donc, dans la situation actuelle, une responsabilité partagée, par les gouvernements, qui ont été trop timides dans leurs initiatives, mais aussi par le jeu partisan, notamment le PQ, dans l'opposition, qui a appuyé avec énergie les mouvements d'opposition aux réformes. Les citoyens y sont aussi pour quelque chose, par leur attachement aux acquis et par le refus d'écouter et d'appuyer les politiciens qui annoncent de mauvaises nouvelles ou qui posent des gestes impopulaires.

Mais les astres sont peut-être alignés. Parce que les choses sont assez sérieuses pour faire évoluer l'opinion publique. Et parce que le gouvernement Couillard est bien parti: un mandat fort, une équipe solide et, on l'a vu depuis la formation du cabinet la semaine dernière, un message clair et une maîtrise de la situation qui augure bien.




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