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Le choix de ne rien faire

Le déficit est en bonne partie structurel. Il... (Photo Jacques Boissinot, La Presse canadienne)

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Le déficit est en bonne partie structurel. Il faudra une remise en cause beaucoup plus radicale de nos choix budgétaires pour arriver à une situation d'équilibre, dit Alain Dubuc. Sur la photo, le ministre des Finances, Nicolas Marceau.

Photo Jacques Boissinot, La Presse canadienne

Alain Dubuc
La Presse

Voilà. C'est officiel. Dans sa mise à jour économique, le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, a finalement admis qu'il ne réussirait pas à éliminer le déficit cette année. Il atteindra plutôt 2,5 milliards.

On peut décrire cela de deux façons. Dire que le gouvernement Marois reporte de deux ans le retour à l'équilibre budgétaire, ce qui semble anodin. Ou plutôt dire que le déficit explose cette année, qu'il sera plus élevé que l'an dernier, sans une bonne excuse, comme une récession. C'est beaucoup plus grave.

Le problème que révèlent ces chiffres, c'est que l'état des finances publiques québécoises est insoutenable, qu'il y a un déséquilibre chronique entre le niveau des dépenses, les sources de revenus et la capacité de l'économie québécoise de générer de la richesse. L'enjeu est si important qu'il transcende les partis.

L'élimination du déficit, un objectif au départ très ambitieux, est devenue irréaliste dans un contexte où les revenus gouvernementaux ont chuté. Techniquement, il aurait été possible d'y arriver, en coupant sur un mode panique en fin d'année, mais à un coût social et économique énorme. À ce chapitre, M. Marceau a pris la bonne décision.

Ce qu'on peut reprocher au ministre et à son gouvernement, c'est d'avoir foncé en tentant de réduire le déficit à coups d'expédients, d'avoir manqué de transparence en niant pendant des mois son incapacité à l'éliminer et, surtout, d'avoir perdu le contrôle des finances publiques. Il faut lui reprocher aussi d'avoir contribué à l'affaiblissement de l'économie, notamment avec la politique de terre brulée en ressources naturelles et son offensive fiscale, heureusement avortée, contre l'investissement.

Mais on doit aussi reprocher aux libéraux le fait que le plan d'élimination du déficit, qui était le leur, était très incomplet et qu'il avait repoussé à plus tard les choix les plus difficiles.

Dans ses explications, M. Marceau a eu tendance, de façon agaçante, à attribuer à d'autres la responsabilité de ses problèmes : le contexte international, les restrictions sur les hypothèques du fédéral, la hausse de la TVQ des libéraux, les consommateurs qui épargnent trop, etc. Ça sent le déni.

D'abord d'un problème de fond. La croissance du Québec, à 0,9%, est plus faible que chez nos voisins - 1,7% au Canada et aux États-Unis - qui vivent dans le même contexte mondial. C'est comme ça depuis trois ans. Qu'est-ce qui ne va pas au Québec ?

Ensuite, l'étonnante fragilité de nos finances publiques, très vulnérables aux événements extérieurs. Pourquoi, par exemple, la très faible inflation fait-elle des ravages dans les revenus du gouvernement du Québec quand elle n'empêche pas le gouvernement canadien de respecter ses prévisions?

Mais plus fondamentalement, ce dérapage nous montre à quel point les finances publiques sont sans cesse sur la corde raide. Le déficit est en bonne partie structurel. Il faudra des gestes significatifs, une remise en cause beaucoup plus radicale de nos choix budgétaires pour arriver à une situation d'équilibre.

Et que fait M. Marceau? À court terme, rien. Sa mise à jour se résume rapidement. À cause du contexte économique, ses revenus ont baissé de 2,485 milliards. Et comment a-t-il réagi? Il a tout simplement choisi de ne pas bouger, de laisser son déficit grimper du même montant.

Et à long terme? Rien non plus! Aux prises avec un problème clairement structurel, il n'évoque aucune espèce de plan de redressement. Pour les années suivantes, il se borne à garder le cap, à maintenir son objectif de limiter la croissance des dépenses à 2%, sans dire comment, et à espérer que les revenus, sur lesquels il n'a absolument aucun contrôle - comme on l'a vu cette année - retrouvent de la vigueur. En somme, se fermer les yeux et se croiser les doigts.




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