Le gros Laraque, mardi, a mentionné qu'il s'attendait à être échangé et que Guy Carbonneau lui avait même indiqué qu'il n'aimait pas les joueurs robustes.

Mis à jour le 27 févr. 2009
Michel Blanchard LA PRESSE

Le gros Laraque, mardi, a mentionné qu'il s'attendait à être échangé et que Guy Carbonneau lui avait même indiqué qu'il n'aimait pas les joueurs robustes.

Dans l'entourage du Canadien, hier, l'onde de choc s'est évidemment fait ressentir.

Carbo, au collègue Marc Antoine Godin : «La sortie de Laraque arrive à un mauvais moment. Je n'aime pas ça. Ce n'est pas bon. Ni pour l'équipe, ni pour ses coéquipiers. À la suite de nos déboires des dernières semaines, on commençait à peine à mieux respirer. Ce qui m'irrite le plus c'est qu'on s'était rencontré cette semaine pour faire le point sur son temps de jeu. Je croyais qu'on s'était compris.» Saku Koivu : «Ce qui se passe dans le vestiaire doit rester dans le vestiaire. Au lieu de parler aux médias, Laraque aurait mieux fait de régler ça avec Carbo».

Pat Burns, à CKAC : «J'ai l'impression que les dirigeants du Canadien commencent à en avoir plein leur casque de Laraque. Pourquoi devait-il étaler sa frustration sur la place publique ? Je me demande des fois si George Laraque se comprend lui-même.» Éric Verebily, dont la pensée illustre assez bien celle des autres lecteurs qui ont pris la peine de m'écrire : «Malheureusement, notre ami Georges n'a rien foutu depuis son arrivée avec le Canadien. Quelle déception ! Il n'a disputé que 25 matches, il a été victime de maux de dos chroniques, il a traîné un excédant de poids évident, 0 but, 2 mentions d'aides, 7 combats de disputés, tous sans impact, et le cas de Lucic qu'il tarde à régler... «Laraque est un danseur de salsa fourbu de 265 livres. Quand même curieux et irresponsable de la part du Canadien de ne l'avoir pas obligé à passer un examen médical avant de l'embaucher.»

* * *

Entre Laraque et Carbo, la goutte qui a fait déborder le vase est survenue dans le match qui a opposé le Canadien aux Capitals quand Donald Brashear,

37 ans, 230 livres, est allé planter, au vu et au su de Laraque , le p'tit Bouillon qui avait pourtant déjà le nez dans la bande vu. Après bien des sparages, Laraque n'a même pas osé lever le petit doigt.

Hier, Carbo a édulcoré. Il a répété qu'une équipe robuste, solide, difficile à intimider, ne pouvait pas être l'affaire d'un seul joueur mais de tous les joueurs.

«On l'a prouvé l'an dernier. Nous savions nous tenir et nous avons terminé au premier rang.» Oups ! Permettez-moi ici d'apporter un petit bémol.

L'an dernier, en deuxième ronde des séries, le Canadien, après avoir éliminé les Bruins, s'est fait sortir cul par-dessus tête par les Flyers, n'est-ce pas ? Intimidés, battus dans tous les aspects du jeu robuste, les joueurs de Carbo par moments faisaient pitié à regarder.

C'est à la suite de cette série que Gainey et son personnel d'entraîneurs en sont venus à la conclusion que le Canadien avait un urgent besoin d'un véritable redresseur de torts. Un vrai. D'où l'embauche de Laraque à des conditions ma foi fort généreuses : contrat de trois ans à 1,5 million par saison et clause de non-échange et de non-mouvement pour l'année en cours... Quoi qu'il en soit, ce soir Laraque sera de la formation partante du Canadien face aux Flyers.

Le moment serait fort bien venu pour qu'il fasse enfin sentir sa présence.

Ce qui risque cependant de ne pas se produire.

Laraque est âgé de 31 ans. Ses meilleures années sont derrière lui. Depuis le début de la saison tout ce qu'il nous a démontré, c'est que sa carcasse trop lourde était de plus en plus difficile à traîner. Pire, qu'il n'avait plus du tout le goût de se battre.

Et puis, ça aussi il faut le dire, le peu de fois qu'il s'est risqué à laisser tomber les gants, le taureau a eu l'air un peu fou.

Gainey croit encore dur comme fer qu'un Laraque bien disposé pourra rendre de précieux services au Canadien une fois rendu en séries.

C'est son droit.

Mais moi voyez-vous, comme vous, Laraque, je n'y crois plus.