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De l'engagement d'un papa

Bruno Sarra-Bournet et son fils Alexi....

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Bruno Sarra-Bournet et son fils Alexi.

Bruno Sarra-Bournet

L'auteur est le père d'un jeune garçon.

Personnellement, c'est souvent en réaction à quelque chose que je me contrains à l'engagement. Et il n'est pas nécessairement question ici de l'engagement qui pousse à l'action, au geste, mais plutôt de l'engagement de faire ce qui est en mon pouvoir pour rayonner à ma façon auprès de mon entourage, et - plus ardu celui-là - de l'engagement de contribuer, à l'intérieur de mes limites, à ouvrir les portes du possible en ne laissant pas le cynisme inhiber ma volonté ou ma capacité d'émerveillement.

Malheureusement, l'émerveillement, cette prédisposition que l'on associe naturellement à l'enfance, s'effrite graduellement avec le passage du temps. L'enfance telle que je l'ai connue, l'invention la plus formidable de l'ère moderne, perd constamment du terrain au profit d'une société toujours plus compétitive, où chaque rejeton doit exploiter son plein potentiel au plus jeune âge, au risque de se faire distancer par le peloton de tête, sans réelle possibilité de rattrapage.

L'engagement pour Paulo Coelho est indissociable à la notion de liberté: «La liberté n'est pas l'absence d'engagement, mais la capacité de choisir». La liberté, il est vrai, se manifeste par notre capacité de faire les choix qui constitueront autant de jalons dans notre vie... Et forcément celle des autres.

Le lien avec l'émerveillement? Il est, selon moi, le point de départ de tout projet ambitieux. C'est la capacité de reconnaître et d'apprécier ce qu'il y a de merveilleux autour de nous, soit la vie sous toutes ses formes; c'est la motivation qui pousse une personne à réagir à ce qui pourrait venir menacer l'équilibre qui la rend possible. J'en tire donc la conclusion que c'est en cultivant l'émerveillement que l'on crée les conditions propres à l'épanouissement de chacun et l'engagement de tous à vivre en collectivité.

Sept milliards d'êtres humains

C'est généralement l'absurdité du monde, de la vie, qui me pousse à réfléchir et à engager un dialogue, le plus souvent avec moi-même. Il y a quelque temps, une nouvelle a suscité chez moi un profond sentiment de mépris pour le genre humain. Ce jour-là, la Une faisait état d'une dispute entre plusieurs pays qui revendiquaient la paternité de l'enfant qui allait incarner le sept milliardième être humain sur la Terre. Non, les humains ne célèbrent pas, ne se remettent pas en question, ils préfèrent se tirailler sur une probabilité statistique aussi impertinente qu'impossible à démontrer.

La paternité devient quasiment un choix de société à une époque où l'on se demande jusqu'où nous pourrons piller les ressources de la planète sans compromettre notre propre avenir. Aux parents qui se demandent «sommes-nous trop nombreux ?» et qui hésitent à embrasser la paternité de peur de léguer à leurs héritiers un monde voué à l'échec, je dis: « Posez-vous la question à l'envers et plutôt que de voir une bouche de plus à nourrir à même les ressources d'une planète à bout de souffle, voyez une bouche qui saura exprimer haut et fort son opinion et vivre à la hauteur de ses convictions afin de réveiller ceux et celles qui carburent au cynisme et à l'autosatisfaction individuelle.»

Les choix, donc l'engagement, individuels et collectifs, de vos enfants seront demain autant de pas dans la bonne direction. Le problème ne serait donc pas tant le nombre d'occupants que la qualité de l'environnement dans laquelle nous les laisserons.




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