Récemment, après un intense et fort agréable cours de tango, mon amoureux et moi nous dirigeons vers le métro. Nous marchons lentement dans un long passage souterrain. Notre conversation étant si animée que naturellement nous nous arrêtons en chemin. Adossés au mur de ce corridor pratiquement désert à cette heure, nous poursuivons de plus belle notre échange.

Louise-Véronique Sicotte<br><br><i>L'auteure est consultante en communication à Montréal.</i> CYBERPRESSE

Récemment, après un intense et fort agréable cours de tango, mon amoureux et moi nous dirigeons vers le métro. Nous marchons lentement dans un long passage souterrain. Notre conversation étant si animée que naturellement nous nous arrêtons en chemin. Adossés au mur de ce corridor pratiquement désert à cette heure, nous poursuivons de plus belle notre échange.

Soudain, un préposé du métro s'approche de nous.

Immédiatement, je deviens suspicieuse. L'idée d'une remontrance me traverse l'esprit. On ne fait rien d'illégal, me dis-je. Y a-t-il un quelconque règlement qui interdit de causer dans les couloirs du métro? Va-t-on nous coller une contravention pour «flânerie»?

Qui sait, en ces temps d'insécurité et de violence urbaine, tout peut être sujet à délit.

Le préposé du métro, un homme assez imposant physiquement, s'amène d'un pas décidé et s'adresse à nous en anglais puisqu'il nous entend parler cette langue.

«Je vous regarde parler debout depuis un bon moment. Vous devez avoir soif», nous dit-il en souriant.

Euh... On se regarde, éberlués. «Oui, ose-t-on dire timidement, surtout qu'on sort d'un cours de danse.»

«Eh bien! suivez-moi, je vais vous donner deux bouteilles d'eau.»

Et notre homme de nous expliquer avec conviction que l'air de cet espace souterrain étant plutôt sec, les employés du métro ont toujours de l'eau à portée de main.

Nous suivons notre bon samaritain, amusés par cette situation pour le moins surprenante. Après avoir franchi les tourniquets avec nous, il entre dans sa cabine et en ressort avec deux bouteilles d'eau qu'il nous offre avec une désarmante gentillesse.

Toujours sous l'effet de surprise, nous le remercions avant de prendre en vitesse le métro qui arrive.

Qui a dit que les changeurs du métro étaient blasés, arrogants, voire impolis avec le public ?

Voilà en tout cas un exemple réjouissant d'un geste gratuit et spontané.

Si la violence se prépare, la gentillesse, elle, s'improvise!

Merci et à votre santé, monsieur le changeur!