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Affaires de familles

Marie-Claude Lortie... (PHOTO La Presse)

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Marie-Claude Lortie

PHOTO La Presse

Ceci n'est pas un conte de Noël. Mais c'est une histoire de famille, de deux familles, en fait, qui ont décidé de travailler ensemble, de génération en génération.

C'est l'histoire des Aubé et des Sévigny, les deux clans derrière les écoles de conduite Tecnic, ce réseau qui domine le secteur au Québec. Car même si les Montréalais ont l'impression que les ados tardent et tardent à suivre leurs cours pour obtenir leur permis et que conduire n'est plus à la mode, ceci est un phénomène réel, mais très limité à la métropole, apprend-on en jasant auto-école. Ailleurs, là où les transports en commun sont moins accessibles, la réalité est tout autre...

L'histoire commence donc il y a longtemps, dans les années 70, sur les deux rives de Montréal.

La Rive-Sud, où Yves Aubé et ses trois frères, lancés dans le monde de l'école de conduite d'abord par la South Shore Driving School à Saint-Lambert et ensuite l'École de conduite Aubé, sont en train de se construire un petit réseau d'écoles de conduite. Et la couronne nord, où Yvan Sévigny, un ancien professeur de musique du secondaire qui a toujours rêvé de se lancer en affaires, gère puis achète une école de conduite de Sainte-Thérèse, l'école Turcot, lancée par sa tante.

Les affaires roulent, c'est le cas de le dire, et chacun de leur côté, les deux hommes d'affaires ouvrent des écoles, font grossir leurs entreprises - « au début, je faisais tout, j'ai donné des cours pratiques, même passé le balai », dit Yves Aubé en riant - trouvent les occasions, les clients, les nouveaux marchés dans leur couronne respective et rêvent aussi de conquérir le marché montréalais.

Puis arrivent les années 80 et un troisième associé - qui partira ensuite - et, les deux groupes décident de s'unir pour lancer le groupe Tecnic, un franchiseur d'écoles de conduite qui fournira justement la métropole et, pourquoi pas, le reste du Québec. C'est l'ancêtre de l'entité qui existe encore aujourd'hui et qui détient un peu moins de la moitié du marché encore maintenant. « Notre objectif, raconte M. Sévigny, c'était de mettre nos forces en commun. »

Et en 2016, les deux hommes sont encore assis ensemble à table, travaillent encore en commun, pour raconter leur histoire et parler de leur bébé : 135 écoles réparties entre 35 propriétaires, 47 % du marché, 300 employés chez les Sévigny, 200 chez les Aubé...

Entre les débuts et aujourd'hui, il y a eu mille péripéties. Une annonce de moratoire sur les ouvertures d'école au milieu des années 80 qui les a obligés à ouvrir 45 établissements en catastrophe, on ne sait plus combien de gouvernements et de ministres des Transports différents, une faillite après une croissance trop rapide dans les années 90, un retour à la normale, une nouvelle association, un changement législatif rendant les cours de conduite facultatifs, puis obligatoires...

« Il y a eu bien des hauts et des bas », raconte Mylène Sévigny, 43 ans, la fille d'Yvan, qui est arrivée dans l'entreprise en 1992 et qui, aujourd'hui, préside Tecnic Rive-Nord, le regroupement d'écoles détenu par les Sévigny.

Mais l'entreprise est toujours sur pied, les deux pôles Rive-Sud et couronne nord existent toujours, tout comme le franchiseur présidé par Yvan, qui chapeaute tout cela.

Et Yves et Yvan sont en train de piloter la transition vers la nouvelle génération.

Du côté des Sévigny, c'est donc Mylène qui dirige maintenant l'entreprise, épaulée par son mari Marc Krump et sa soeur Isabelle Sévigny, comptable et directrice des finances. Et du côté des Aubé, c'est le fils d'Yves, Benoit, et deux neveux qui ont pris la relève.

À les entendre jaser ensemble, Yves, Yvan et Mylène, cette transition semble bien se passer.

Du côté des Sévigny, Yvan a commencé à céder ses parts de l'entreprise il y a déjà 16 ans, selon un plan graduel. Le prix de rachat de l'entreprise a été fixé à sa valeur de l'an 2000. Il a gardé 20 % de la propriété. Depuis, l'entreprise a pris de la valeur, donc le prix peut sembler une aubaine, mais Yvan a profité lui aussi, grâce au travail de ses enfants, de l'augmentation de la valeur de ses parts, explique-t-il. « Le transfert a été facile, mais j'en profite », dit-il.

Les Aubé, eux, sont avec les fiscalistes pour organiser cette transition, actuellement.

« Nous, ce qui marche dans notre famille, explique Mylène, c'est qu'il n'y a aucune rancune. On n'est pas toujours d'accord, mais on se parle et on passe à autre chose. »

Donc Yves et Yvan commencent tranquillement à faire autre chose. Mais ils ne s'abandonnent pas. Ensemble, ils ont décidé de lancer la Fondation québécoise d'éducation et de sécurité routière. Ensemble, ils veulent aller chercher d'autres partenaires et faire en sorte que cette fondation finance toutes sortes de programmes scolaires pour éduquer les jeunes à la sécurité. Concours, jeux, comité de jeunes qui s'influencent les uns les autres. « On voulait ajouter notre grain de sel, faire preuve de responsabilité sociale », explique Yvan. Faire de l'éducation, autrement.




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