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Analyse

La carence des investissements mine la croissance

L'enquête annuelle de Statistique Canada publiée il y... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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L'enquête annuelle de Statistique Canada publiée il y a trois semaines indique que les entreprises canadiennes ont l'intention de diminuer cette année encore les dépenses qu'elles consacrent à moderniser ou augmenter leurs capacités de production.

Photo André Pichette, archives La Presse

Rudy Le Cours
La Presse

Dans les multiples données des comptes nationaux que Statistique Canada publiera ce matin, il faudra porter une attention particulière aux dépenses des entreprises en machines, équipement et matériel informatique.

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PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE --- Reportage sur les particularites de la mecanique militaire. Visite d'un atelier d'entretien des Forces Armees Canadiennes sur l'ile de Montreal. Grue "miniature" developpe au Quebec pour, entre autre, remplacer des pare brises pesants plus de 300 lbs. -30- reference #: 765670

L'enquête annuelle de Statistique Canada publiée il y a trois semaines indique que les entreprises canadiennes ont l'intention de diminuer cette année encore les dépenses qu'elles consacrent à moderniser ou augmenter leurs capacités de production. Au Québec, par contre leurs intentions permettent de faire preuve d'un optimisme prudent.

Hier, c'était au tour du Conference Board du Canada d'y aller d'une analyse franchement pessimiste des résultats de sa propre enquête.

Ses auteurs Alicia Macdonald et Matthew Stewart estiment que le taux d'utilisation des capacités de certaines industries est si élevé qu'il peut compromettre la croissance... à moins que des investissements soient rapidement réalisés pour les augmenter.

En 2016, les cinq segments manufacturiers qui ont le plus augmenté leur production sont le matériel de transport, les produits du bois, les aliments, les métaux de première transformation et le papier.

Durant l'automne, l'industrie du bois fonctionnait à 99,3 % de sa capacité, celle du papier, à 98,2 % et celle du matériel de transport, à 97,8 %.

De leur côté, les fabricants d'aliments exploitaient leur capacité à 80,9 %. Cela laisse croire qu'il y a beaucoup de place à des hausses de production. Macdonald et Stewart rappellent toutefois que le taux d'utilisation record de cette industrie est de 83 %.

Finalement, seule la première transformation dispose encore d'un bon pourcentage de capacités inutilisées. Le taux d'utilisation de 75 % reflète la demande modeste des économies émergentes, y compris la Chine.

L'ONTARIO ET LE QUÉBEC

On constate que, si les observations portent sur la production en usine canadienne, elles concernent beaucoup l'Ontario et le Québec, qui disposent d'importantes capacités dans ces cinq segments.

Ce qui est assez déprimant dans l'analyse du Board, c'est que les intentions d'investir en machinerie et équipement cette année sont fortement à la baisse dans les cinq segments qui ont connu la meilleure croissance de production, l'an dernier : aliments (- 14,2 %), produits du bois (- 11,2 %), papier (- 28,9 %), équipement de transport (- 29,7 %). Seul le segment de la première transformation des métaux a des perspectives positives.

Il s'agit dans les quatre premiers cas d'une diminution des investissements par rapport à 2015 et pas forcément de désinvestissement ou d'une diminution des capacités de production comme on en a observé plusieurs dans le papier et le bois depuis le début du siècle.

Ainsi, la baisse observée dans le matériel de transport fait sans doute suite à la complétion d'importants investissements dans les usines de Toyota, GM et Chrysler en Ontario ces derniers temps.

Cela dit, le Canada n'a pas encore accueilli de nouvelles usines d'assemblage de véhicules au cours du XXIe siècle, à la différence des États-Unis et du Mexique. Il serait étonnant que cette situation change bientôt puisque les ventes de véhicules paraissent avoir atteint un sommet cyclique.

FAIBLE DEMANDE

Les répondants à l'enquête du Board énoncent quatre raisons pour ne pas augmenter leurs capacités : la plus fréquente, c'est la faiblesse de la demande. Suivent les politiques gouvernementales, la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée et la faiblesse du dollar canadien, qui a pour résultat d'augmenter les coûts d'achat d'équipement neuf.

Tous ces facteurs jouent aussi contre le secteur manufacturier québécois.

Après trois mois de croissance d'affilée, la production en usine a diminué de 1,5 % en février, nous apprenait hier l'Institut de la statistique du Québec. Le recul de la fabrication a contribué au repli de 0,2 % du produit intérieur brut réel.

En soi, ce chiffre n'a pas de quoi inquiéter puisqu'il fait suite au bond exceptionnel de 0,9 % de l'activité économique en janvier.

Pour stabiliser la croissance à terme toutefois, il faut miser sur une relance des exportations et des investissements.

L'analyse publiée hier par le Board nous rappelle que la partie est encore loin d'être gagnée.




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