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«Frankenstein» Duffy contre son créateur

Mike Duffy maintient qu'il a été victime d'une... (Photo La Presse Canadienne)

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Mike Duffy maintient qu'il a été victime d'une stratégie d'intimidation après avoir refusé de rembourser ses dépenses.

Photo La Presse Canadienne

Vincent Marissal
La Presse

Pour Stephen Harper, l'Halloween est arrivée hier au Sénat, avec 72 heures d'avance, sous la forme d'un homme transformé en monstre par ses propres plans machiavéliques.

C'est du moins la version détaillée mardi par le «monstre» Mike Duffy. Après des mois d'opprobre, M. Duffy a vécu ses 15 - en fait, 20 - minutes de gloire devant ses pairs, à la Chambre haute. L'ancien animateur-vedette de CTV n'allait certainement pas manquer son retour sur scène, d'autant qu'il avait des comptes à régler et des arguments documentés pour accabler son créateur, M. Harper, qui l'a nommé au Sénat avant de s'en servir, le plus souvent aux frais des contribuables, comme présentateur lors de ses rencontres avec les militants à travers le pays.

On a, dans le milieu politique, tendance à utiliser le mot «bombe» à toutes les sauces. Mais les révélations faites hier par l'honorable Mike Duffy constituent véritablement une bombe. Une bombe puante. Et les effluves risquent cette fois de coller sur l'inatteignable Stephen Harper. Il se pourrait même qu'elles se rendent jusqu'à Calgary, où les conservateurs de tout le pays se réunissent à partir de jeudi pour leur congrès.

Lorsque les inondations ont frappé Calgary, fin juin, forçant le report du congrès du PCC, Stephen Harper n'était certainement pas mécontent. Bien de l'eau (pardonnez le jeu de mots) allait couler sous les ponts, et cette affaire Duffy-Wright finirait bien par disparaître, pensait-il. Après tout, aucune histoire n'avait collé à ce gouvernement depuis son accession au pouvoir en 2006. La nomination controversée de David Emerson au cabinet conservateur, lui qui venait tout juste d'être élu libéral, en 2006, les appels automatisés en 2011, les dépenses électorales illégales de l'ancien ministre Penashue, encore en 2011, le fiasco du réacteur nucléaire Chalk River, etc., le téflon a toujours tenu bon.

Cette fois, c'est moins sûr, parce que les coups viennent de l'intérieur, et non pas des adversaires libéraux, néo-démocrates ou des méchants «médias libéraux de l'est du pays».

Quelques députés, dont l'ancien ministre de l'Environnement, Peter Kent (une autre vedette de la télévision canadienne anglaise, décidément!) et plusieurs sénateurs conservateurs, dont Hugh Segal, un intellectuel respecté, remettent en question l'intention du premier ministre de suspendre sans salaire les sénateurs fautifs pendant deux ans. Quoi qu'on pense du comportement des sénateurs déshonorés, aucune accusation n'a été portée contre eux, du moins à ce jour, et la présomption d'innocence s'applique à tous, le premier ministre devrait savoir cela. Surtout qu'il semble lourdement impliqué dans ces histoires louches.

Reste à voir comment réagiront les militants conservateurs réunis à Calgary, ces fameux «grass roots» (la base militante), qui tiennent le Parti conservateur depuis sa résurrection. Ces militants, surtout ceux de l'Ouest canadien, accepteront-ils de voir leur nouveau parti reproduire les pires travers des autres partis, du Parti libéral qu'ils détestent, après avoir accepté de saborder leur parti rebelle, le Reform Party? Tout ça pour ça?

Des sénateurs planqués, des abus de privilèges aux frais des contribuables, des mensonges, du camouflage... On verra à Calgary s'il reste à cette coalition réunie brillamment par Stephen Harper il y a presque 10 ans les principes de ses débuts.

Même s'il cherche avec conviction à prendre ses distances des sénateurs Duffy, Wallin et Brazeau, c'est tout de même lui qui les a nommés, lui qui les a utilisés à des fins électorales, lui, donc, qui est ultimement responsable.

M. Harper est aussi responsable de ses propres histoires, ou plutôt, de ses propres mensonges. Oups, excusez le terme non parlementaire. De ses propres acrobaties sémantiques foireuses qui ne tiennent plus la route. Ça va comme ça, M. le président?

D'abord, M. Harper ne savait jamais rien de l'affaire Duffy-Wright, du nom de son sénateur-vedette et de son ancien chef de cabinet. Puis, il a accepté les explications - et la démission de Nigel Wright - lorsqu'on a appris que celui-ci avait fait un don de 90 000$ au sénateur Duffy.

Au départ, M. Harper n'était au courant de rien. Puis, il était au courant, mais il avait apparemment appris les détails plus tard et avait même défendu le geste honorable de son ancien chef de cabinet.

Puis, revirement, le premier ministre admet la semaine que «quelques personnes» de son bureau étaient au courant, lui qui avait toujours dit que c'était une affaire privée entre MM.Wright et Duffy.

Autre revirement, hier matin, sur les ondes d'une radio d'Halifax: M. Harper échappe qu'il a lui-même congédié son ancien chef de cabinet. Lui qui disait pourtant, aux Communes, qu'il n'était au courant de rien et que M. Wright avait fait un geste solitaire et honorable en aidant un ami (l'honorable Duffy).

Sans compter les manoeuvres en coulisses du sénateur Claude Carignan, nouveau cerbère conservateur au Sénat, pour tenter de noyer le poisson.

On dirait bien que les créatures de M. Harper sont en train de se retourner contre lui...




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