La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont publié hier ce qu'elles appellent une «alternative globale» à la proposition présentée vendredi par le gouvernement.

André Pratte LA PRESSE

Essentiellement, ces leaders étudiants prétendent dire au gouvernement comment gérer les universités de façon à économiser des millions et ainsi rendre inutile la hausse des droits de scolarité. Il fallait un sacré culot pour affirmer qu'il s'agit là d'une contre-offre. Mais, on le sait, ces jeunes n'en manquent pas, pour le meilleur et pour le pire.

Rappelons que le gouvernement a déposé vendredi une proposition substantielle aux étudiants, comportant une amélioration des bourses évaluée à 39 millions. À cela, les deux fédérations réagissent en exigeant toujours un gel des droits de scolarité et en suggérant un gel des nouveaux investissements dans les universités, sous prétexte que celles-ci seraient mal gérées.

Comme l'a noté la ministre Beauchamp, cette position est en contradiction totale avec les revendications antérieures du mouvement étudiant. Par exemple, en 2007, les fédérations déploraient le «sous-financement» des universités (400 millions, disaient-elles) et des cégeps (300 millions).

Dans la mesure où il existe des problèmes de gestion dans les universités, ce n'est pas aux militants étudiants de négocier les mesures à prendre avec le gouvernement. La gestion des universités relève de l'État et des établissements eux-mêmes. À cet égard, on note que dans leurs suggestions d'économies, la FEUQ et la FECQ ne disent pas mot de la rémunération des professeurs et autres employés, qui représente pourtant 78% des dépenses de fonctionnement des universités.

Certains, notamment le Parti québécois, ont demandé au gouvernement Charest de nommer un médiateur pour faciliter les négociations. Ils espèrent évidemment qu'un médiateur de réputation pourrait accroître la pression sur Québec pour qu'il diminue l'ampleur de la hausse des droits de scolarité. Cependant, il n'appartient pas à un tiers de décider des orientations budgétaires de la province. Ces orientations doivent être déterminées par le gouvernement élu, lui seul étant redevable de ces décisions devant la population.

Hier, 200 personnalités de divers milieux, notamment plusieurs artistes, ont réclamé un moratoire sur la hausse des droits de scolarité jusqu'à la tenue d'«états généraux sur l'éducation supérieure». Un moratoire, c'est tout simplement le retour du gel. Au lendemain des élections, ou bien le prochain gouvernement confirmera ce gel, ou bien il faudra se taper un nouveau psychodrame.

Après des années de discussions sur cette question, le moment était venu pour le gouvernement de prendre une décision et de s'y tenir. Moratoire, états généraux et commissions ne sont qu'autant de moyens de pelleter les problèmes en avant... ou de pelleter des nuages.