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Après le PIB, le BNB!

Le siège de l'ONU à New York.... (Photo: Bloomberg)

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Le siège de l'ONU à New York.

Photo: Bloomberg

Mario Roy
La Presse

Peut-on mesurer le bonheur? Il est certainement difficile de prendre au sérieux une telle idée. Mais ça n'a pas empêché l'ONU de commanditer un rapport sur le sujet, lequel a été déposé et débattu lors d'une conférence internationale tenue, cette semaine, à New York.

En fait, l'idée de mesurer le bonheur et de créer ainsi un nouvel indice, celui du Bonheur National Brut (BNB), flotte dans l'air depuis les années 70. Elle a initialement été proposée par le Bhoutan, petit pays asiatique apparemment heureux sans être riche... Depuis, l'idée a cheminé. L'ONU lui a pavé la voie en adoptant, l'an dernier, une résolution à l'effet que le Produit Intérieur Brut (PIB) ne «reflète pas de façon adéquate le bonheur et le bien-être de la population».

Évidemment.

Le PIB est un indice strictement économique qui ne prétend pas quantifier la joie de vivre... Aussi, le World Happiness Report préparé par le Earth Institute propose de s'intéresser davantage au bonheur. Le BNB irait donc au-delà du PIB. Et même au-delà de l'IDH, l'Indice de Développement Humain également géré par l'ONU, qui tient compte non seulement de la prospérité, mais aussi d'autres facteurs tels l'espérance de vie et le niveau d'éducation.

Pour l'heure, on sera heureux (!) d'apprendre que, dans l'échelle du bonheur, le Canada arrive en cinquième place, après... le Danemark, la Norvège, la Finlande et les Pays-Bas.

Évidemment.

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On aura compris que, fidèle à elle-même, l'ONU voit le bonheur à gauche. Elle accueille avec contentement les critiques du capitalisme - désespérément convenues - que contient le rapport. Ainsi que la suggestion de «définir un nouveau paradigme économique», ce qui veut dire exactement ce que ça veut dire!

Pas de problème. Cependant, l'idée sous-jacente que l'État puisse promouvoir ou même créer le bonheur est plus difficile à avaler.

L'État et/ou l'entreprise peuvent agir de façon à promouvoir et créer des conditions de vie décentes à tous points de vue, sans lesquelles il est difficile d'imaginer qu'un être humain puisse vivre dans la félicité. Cela relève largement de l'économie (et revoilà le bon vieux PIB), mais pas seulement. La santé et l'éducation, par exemple, sont également importantes (ce que l'IDH mesure déjà assez bien).

Mais le bonheur?

Il s'agit d'un sentiment personnel et subjectif, extrêmement variable d'un individu à un autre dans une même société, qu'il n'est pas évident de transformer en mesure collective et objective. Et moins évident encore de promouvoir, planifier, «fabriquer». C'est probablement la Déclaration d'indépendance des États-Unis qui, dès 1776, a le mieux traité cette question sous l'angle collectif en instituant un «droit inaliénable à la recherche du bonheur» que possèdent tous les citoyens.

Ce droit étant établi et protégé, la quête elle-même relèvera toujours de la responsabilité de chacun.




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