Si les victoires aux dépens des Jets de Winnipeg et du Lightning de Tampa Bay ont ravivé une subtile odeur de séries éliminatoires, la défaite devant les Blues de St. Louis l'a balayée d'un coup.

Mis à jour le 11 janv. 2012
François Gagnon LA PRESSE

Le Canadien n'a pas bien joué hier. C'est un fait. Mais les Blues ne lui ont pas vraiment donné la chance de bien jouer non plus. En fait, ils ne lui ont pas donné de chance du tout tellement le Canadien n'est pas dans la même ligue que les Blues.

À tous ceux qui se demandaient ce que Jacques Martin voulait dire quand il soulignait que son équipe jouait bien ou mal sans la rondelle, les Blues en ont fait une brillante démonstration hier: avec un premier joueur actif en échec avant et un deuxième qui l'appuyait au moindre signe de vulnérabilité des défenseurs du Tricolore et Dieu sait qu'ils sont souvent vulnérables , les Blues ont poussé le Canadien à commettre 21 revirements. C'est énorme.

Et en plus de les pousser à l'erreur, les Blues se sont dressés devant leur gardien pour limiter le Canadien à 19 tirs seulement. Et sur ce nombre, 7, 8, peut-être 10 se sont transformés en véritables occasions de marquer. C'était la 14e fois en 29 matchs depuis l'arrivée de Ken Hitchcock que les Blues limitaient leurs adversaires à moins de 25 tirs dans une rencontre. Ils mènent d'ailleurs la LNH avec une moyenne de 26,6 depuis le début de la saison.

Pas question d'enlever à Jaroslav Halak le mérite qui lui revient, ça non ! Surtout que son arrêt aux dépens de Tomas Plekanec en échappée, au début du match, a donné le ton à la rencontre. Mais les Blues, appliquant fidèlement les structures défensives de Hitchcock, ont aidé la cause de Halak, comme ils l'ont souvent fait aussi cette année devant Brian Elliott.

Pour couronner le tout, les Bleus ne sont pas seulement bons sans la rondelle, ils le sont aussi avec la petite noire qu'ils ont glissée trois fois plutôt qu'une derrière un Carey Price, visiblement échaudé par la chaleureuse ovation que «ses» partisans ont réservée à Jaroslav Halak à titre de première étoile du match.

Défenseur le plus utilisé du Canadien hier (22:43), P.K. Subban avait donc plus de chances d'être pris à contrepied. On veut bien. Mais en se laissant contourner comme il s'est laissé contourner par Ryan Reaves sur le premier but des Blues, il a commis une erreur monstrueuse.

En passant, Reaves est le matamore des Blues et non la pierre angulaire de l'attaque de l'équipe. Avant de récolter son premier point sur le but qu'il a préparé, Reaves n'avait que 48 minutes de pénalité en guise de statistiques personnelles.

P.K. n'a pas été fort. Le Canadien n'ont plus. Mais ils ne méritent pas d'être traînés dans la boue. Pourquoi? Parce que les Blues étaient simplement trop forts pour eux.