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Voir Ecclestone vieillir devant soi

Réjean Tremblay
La Presse

C'est un formidable documentaire. Mathieu Roy, frère de Patrice Roy, de Radio-Canada, a décidé de plonger dans l'univers de Bernie Ecclestone pour en faire un portrait.

C'est réussi. C'est même inespéré compte tenu du personnage.

La structure du long reportage qui sera présenté ce soir à Radio-Canada et à RDI est fort simple. On a pris la vie mouvementée d'Ecclestone et on l'a découpée en tranches de saucisson. Selon un ordre chronologique. Avec le résultat fascinant qu'on voit le monsieur de 80 ans vieillir devant soi au fil des images d'archives.

Et elles sont nombreuses. Mathieu Roy a lui-même mené les entrevues qui servent à tisser les liens entre les grandes combines d'Ecclestone. Si je me fie à mon exemple, les entrevues ont dû s'étirer sur une bonne heure et fouiller dans tous les coins de la mémoire des témoins des grandes années de Tonton Bernie.

Mais ce sont les images qui m'ont le plus captivé. À partir de ces bouts de film ou de vieilles photos d'Ecclestone à 25 ans, déjà complice de Max Mosley pour prendre le contrôle de la Formule 1 avec ses pantalons de Fortrel et ses pattes d'éléphant. Les deux avaient déjà l'air de ce qu'ils sont devenus. Un potentat rusé comme un matou et un grand seigneur qui semble aussi faux qu'une promesse d'un politicien.

Le documentaire n'est pas une attaque contre Bernie Ecclestone. Mais ce n'est pas non plus une oeuvre complaisante ni de propagande. On parle de ces rumeurs selon lesquelles Bernie Ecclestone a été le cerveau derrière le vol du train postal en 1963 en Angleterre. Et on décortique très bien les coups fourrés d'Ecclestone contre Jean-Marie Balestre, président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) à la fin des années 70 et au début des années 80. J'ai eu l'occasion de couvrir la Formule 1 à cette époque des Accords de la Concorde quand Ecclestone et Balestre se sont partagé l'univers de la Formule 1. Balestre a gardé le sport et Ecclestone a mis la main sur la commercialisation de la F1. En fin de compte, celui qui faisait le cash a mis la main sur le contrôle total et absolu de la F1 et a fini par placer son âme damnée, Max Mosley, à la présidence de la FIA. C'est dans le documentaire.

J'ai croisé et rencontré Bernie Ecclestone des dizaines de fois. J'ai discuté avec lui pendant des heures. Parfois, c'étaient des bribes de 10 minutes, parfois, j'avais droit à une heure. J'en savais donc beaucoup sur Bernard Ecclestone, mais ce que le documentaire de Mathieu Roy a très bien réussi, c'est de mettre en perspective tout ce que je pressentais. Le téléspectateur moyen va aller de découverte en découverte, c'est certain. Et les images valent la peine. Mon seul bémol porte sur la musique. Surtout au début de l'émission ou ça sonne picpic. Mais je suppose que c'est affaire de goût.

Tout un chapitre est consacré aux aléas du Grand Prix du Canada. On y retrouve Normand Legault, Jean Chrétien, Michael Fortier et mon confrère Michel Girard. Le point de vue est juste et le cynisme d'Ecclestone est flagrant. En plus, on sent très bien qu'il se fout complètement de ce que peuvent penser de lui les gens d'ici.

C'est Michael Fortier qui a joué un rôle important dans le retour du Grand Prix, qui a fait les avances auprès d'Ecclestone pour qu'il accepte de donner une entrevue devant la caméra à Mathieu Roy. Ecclestone n'a pas exigé un droit de regard sur le contenu ni sur le produit final, il a fait confiance aux producteurs du documentaire.

Il faut préciser qu'il connaissait déjà très bien Jean Langevin, un des deux partenaires de la société C'est le même Langevin qui était à la tête de PPGI, l'entreprise de communication établie à Monaco qui faisait les beaux jours de l'écurie BAR avec Jacques Villeneuve. Son associé est Yvan Asselin, ancien directeur général de la radio de Radio-Canada.

Avec Mathieu Roy comme réalisateur et scénariste, le trio a fait du très bon boulot. B'wana est encore plus b'wana après le visionnement du documentaire, mais on comprend mieux pourquoi la planète se traîne à ses pieds pour se faire arnaquer.

C'est simple, c'est payant de se faire arnaquer par Bernie Ecclestone.

DANS LE CALEPIN Je reviens sur la randonnée du courage Pat Burns, organisée par Procure, parce que c'est important. Les sommes recueillies grâce à la commandite de Canadian Tire et aux revenus générés par l'inscription des 2000 adeptes de la moto serviront à poursuivre la lutte contre le cancer de la prostate au Québec. Marcel Aubut, Jean Pagé et les autres membres de la randonnée du Kid seront de la partie. Tout le monde est invité le samedi 18 juin vers 10 h au Centre sportif de Sainte-Foy. Vous pouvez obtenir de plus amples informations auprès de Jean Paquette, propriétaire du Canadien Tire de Beauport. Il y a d'autres événements organisés pendant tout le week-end, dont la marche du 19 juin à l'île Sainte-Hélène.




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