Lucian Bute a beau nous répéter qu'il s'attend à un combat difficile contre le champion européen Brian Magee, tout le monde ne le croit pas. Les preneurs aux livres de Las Vegas, par exemple, le cotaient favori jusqu'à 15-1 au cours des derniers jours.

Mis à jour le 19 mars 2011
Ronald King LA PRESSE

Le gala de boxe qui aura lieu ce soir au Centre Bell se déroulera sans son combat de demi-finale, une affaire prometteuse entre Renan St-Juste, de Repentigny, et le Colombien Alejandro Berrio, ancien champion du monde. On attendait cette rencontre entre deux puissants cogneurs, mais il a fallu l'annuler parce que St-Juste souffre d'une bronchite.

Cela donnera à la jeune gloire de Québec, Pier-Olivier «Apou» Côté, la chance de se faire voir de nouveau. Côté (14-9-9, 9 K.-O.), un super-léger, affrontera le vétéran Mexicain Michael Lozafda (37-7-1) et là encore, le boxeur local devrait l'emporter.

Une sous-carte diminuée, donc, mais qu'on sous-estime peut-être. La collaboration entre le promoteur américain Showtine (Bute dispute le premier de trois combats de son contrat avec la maison) nous offre l'occasion de voir à Montréal certains des espoirs américains. Vanes Martirosyan, par exemple. Sa fiche est de 28-0-0 (17 K.-O.) et il a déjà en mains trois championnats mineurs, NABF, NABO et WBA International chez les super mi-moyens (160 livres).

Le jeune homme est né en Arménie, mais on peut ajouter qu'il est né dans la boxe.

«Mon père était un boxeur amateur. Je suis arrivé aux États-Unis à l'âge de 4 ans et j'ai commencé à boxer à 7 ans. Mon père trouvait que j'avais beaucoup d'énergie et il m'a amené dans un gymnase.»

Martirosyan a représenté les États-Unis aux Jeux olympiques d'Athènes en 2004.

«J'ai terminé à une victoire d'une médaille. J'ai perdu contre un Cubain, mais je suis convaincu de l'avoir battu. Il y a de la politique aux Jeux olympiques...»

À 18 ans, Vanes passait chez les professionnels. «J'aime la boxe d'abord parce que c'est un sport individuel. Un contre un et chacun veut prouver à lui-même et à son adversaire qu'il est le plus fort. Si je n'étais pas boxeur, je travaillerais dans le milieu de la boxe tellement j'aime ce sport.»

À 24 ans, il est, à son avis, à deux combats d'une chance pour le championnat du monde. «Je suis classé premier aspirant par la WBO, quatrième par le WBC et cinquième par l'IBF. Il faut qu'on m'accorde un combat de championnat bientôt. L'homme à battre est Miguel Cotto et je veux absolument l'affronter.»

Miguel Cotto, mes amis, est un dur de dur, mais Vanes, comme tout boxeur, rêve d'affronter le meilleur de sa catégorie.

«Le plus difficile dans la boxe, c'est l'entraînement. Le combat est le moment le plus facile. On monte dans l'arène et on s'amuse.»

De Montréal, Martirosyan connaît le Casino, qu'il a visité et apprécié jeudi dernier. Il connaît aussi David Lemieux, le boxeur montréalais qui est arménien par sa mère. Le seul autre lien est un grand intérêt pour le hockey et les Kings de Los Angeles. Il vit à Glendale, en Californie, avec deux frères et une soeur.

Et puis, il ne faut pas le dire, il a une copine et espère avoir un enfant bientôt.

Son adversaire sera le Mexicain Bladimir Hernandez (18-4-0, 16 K.-O.). «J'ai vu ses combats sur film. C'est un boxeur rude qui cogne fort, mais je vais le battre, je vous le promets.» Les amateurs de boxe devraient retenir ce curieux nom. Nous l'entendrons souvent au cours des prochaines années.

Enfin, notons qu'InterBox prévoit une foule de 12 000 personnes ce soir au Centre Bell. Les combats seront aussi présentés à Showtime et Indigo.

Guy Émond hospitalisé

Nous avons appris hier que le journaliste Guy Émond a été admis d'urgence à l'hôpital de Lachenaie. Guy, 69 ans, serait dans un état inquiétant en raison de problèmes cardiaques. Le monde de la boxe lui a souhaité bonne chance.