Ils ont été discrets pendant leur préparation, mais les Italiens sont toujours champions du monde et ils entreprennent aujourd'hui la défense de leur titre contre La Albirroja du Paraguay, une équipe qui n'est pas considérée comme une grande menace.

Mis à jour le 14 juin 2010
Ronald King LA PRESSE

Les Italiens ont l'habitude d'être patients en début de tournoi. Et de frustrer leurs adversaires jusqu'à la colère. Un copain affirme que la trappe, ce n'est rien comparé au Cattenacio (cadenas) italien. Il a sans doute raison.

Demandons à Nevio Pizzolito, le capitaine de l'Impact, de nous décrire la Squadra Azzura.

«Avec l'Italie, ça ne change pas beaucoup. Les joueurs changent, mais le système demeure le même, et ce système défensif permet toujours d'être un possible gagnant.

«Mais les Italiens ne sont pas uniquement solides en défense, ils sont dangereux et intelligents en attaque, ils savent profiter des occasions.

«Contre l'Italie, si une équipe est chanceuse, elle va marquer un but. Il ne reste aux Italiens qu'à en marquer un ou deux pour avancer.

«La première ronde devrait être facile pour eux. Ils devraient terminer au premier rang. La suite sera plus difficile.

«Comparée à l'équipe de 2006, cette formation est plus jeune et plus rapide. Mais il y a toujours un bon noyau de vétérans, avec Cannavaro, Pirlo (blessé?), Grosso, Gattuso, Gilardino, De Rossi...»

Merveilleuse Argentine

Le capitaine de l'Impact, qui en connaît beaucoup plus que moi, est d'accord pour dire que l'équipe d'Argentine est ce que nous avons vu de plus intimidant jusqu'à maintenant. L'Albiceleste, menée par un Lionel Messi hallucinant, aurait pu battre le Nigeria 5-0 si le gardien africain ne s'était pas transformé en Jaroslav Halak.

Le contrôle du ballon argentin était d'une grande beauté. Les courtes passes de Messi, qui peut dribler entre les jambes de trois adversaires en même temps, perçaient des trous à volonté dans la défense adverse. Et puis il y a toujours le grand Juan Sebastian Veron, qui a peut-être le plus joli nom du monde du soccer.

Et oui, Nevio et moi pensons que les Argentins sont tellement bons qu'ils peuvent gagner même avec un hurluberlu comme sélectionneur.

«À la fin de la journée, les joueurs veulent être satisfaits de leur travail. Maradona n'a qu'à créer une bonne ambiance, les joueurs feront le reste.»

Pizzolito ajoute que l'Espagne et le Brésil sont les autres grands favoris.

Vuvuzela

Après une journée passée au circuit Gilles-Villeneuve, on est content de passer à un sport qui ne demande pas de bouchons pour les oreilles...

Mais dès le début du match d'ouverture de la Coupe du monde de soccer, je croyais que ma télé était défectueuse. Pendant que je jouais avec le zapper, Marie-Josée Turcotte a éclairé ma lanterne en disant, un brin d'impatience dans la voix: «Dites donc, ça fait du bruit ces choses-là.» La vuvuzela... Vulgaire trompette de plastique du Carnaval de Québec, une invention dont l'humanité pourrait bien se passer. (Comme le Caribou, d'ailleurs, qui est sans doute la boisson la plus toxique du monde.)

On ne connaît pas les origines de la vuvuzela, mais les Sud-Africains sont convaincus qu'elle fait partie de leur culture, de leur identité. Quand la FIFA a décidé de bannir la vuvuzela des stades, la réaction a été tellement vive que le règlement a été annulé.

De nombreux joueurs et entraîneurs se plaignent de ne pouvoir communiquer sur le terrain, des commentateurs sportifs se sont rangés de leur côté, certains chroniqueurs sud-africains aussi, un organisme suisse qui milite contre le bruit excessif recommande aux spectateurs de mettre des bouchons dans leurs oreilles pour éviter des dommages irréparables à leur ouïe. Irréparables... Et puis ça tape sur les nerfs de Marie-Josée Turcotte et sur les miens aussi.

Culture et identité tant que vous voudrez, pourquoi des vuvuzelas pendant un match Australie-Allemagne? Est-ce qu'on pourrait s'entendre pour les matchs de l'Afrique du Sud seulement, genre bonnes relations entre les diverses cultures?

Je me suis souvent plaint dans cette chronique du niveau de bruit qui ne cesse d'augmenter dans les rues de Montréal. Le bruit ambiant monte, les policiers, ambulanciers et pompiers se sentent obligés de hausser le volume de leurs sirènes par mesure de sécurité. Vous ajoutez tous des idiots et idiotes qui klaxonnent pour rien, ceux qui parlent trop fort parce qu'ils ont toujours des écouteurs dans les oreilles, les autobus et camions mal entretenus qui grincent à chaque arrêt... et nous avons créé nos propres vuvuzelas dans le savoir.

J'en ai souvent parlé, mais personne ne m'entend. Ils ont tous des problèmes d'ouïe...

Pauvre gars

Enfin, ayons une bonne pensée pour le pauvre gardien anglais qui a saboté l'entrée en jeu de son équipe et de son pays.

On imagine les redoutables tabloïds britanniques se déchaîner sur le pauvre Robert Green. Avoir tout son pays sur le dos, ça ne doit pas être drôle. On dit que même la reine aurait arrêté ce faible lancer. Vous voyez le genre...

On pouvait d'ailleurs lire tout le désarroi du monde dans ses yeux quand il s'est relevé.