La bonne nouvelle, s'il en faut une, c'est qu'il n'y aura pas d'émeute à Montréal ce printemps.

Jean-François Bégin
Jean-François Bégin LA PRESSE

Il se passe souvent des choses bizarres au hockey. Demandez à Dan Boyle. Mais une chose est certaine: le Canadien ne gagnera pas les trois prochains matchs de sa série contre les Capitals de Washington. Et les vandales n'auront pas l'occasion de «fêter» en mettant le feu au centre-ville. Certains y trouveront peut-être matière à consolation; les partisans du Canadien, eux, pleureront les occasions manquées par leur club.

Le Canadien n'aurait pu mieux jouer qu'il l'a fait pendant les deux premières périodes du match d'hier soir. Mike Cammalleri a été une menace constante. Glen Metropolit a joué avec une fougue qu'on n'associe pas spontanément à un joueur revenant d'une blessure à l'épaule. Scott Gomez a passé le message aux Capitals qu'ils n'avaient pas le monopole de la rudesse envers le gardien, fonçant sans gêne sur Semyon Varlamov au premier tiers. Brian Gionta a prouvé une fois de plus qu'il n'est pas nécessaire de mesurer six pieds six pour faire sa place devant le filet, et il en est résulté le deuxième but du Canadien. Et ainsi de suite.

Pourtant, quand les joueurs de Jacques Martin sont rentrés au vestiaire après 40 minutes de jeu, la marque était toujours égale, 2 à 2. Frustrant.

Pendant deux périodes, les Capitals ont plié, plié, plié. Mais ils n'ont pas rompu, grâce à leur gardien Varlamov, dont la mitaine, généreusement arrosée ou non de moutarde, a frustré à répétition les attaquants du Canadien. Varlamov a gardé les Caps dans le coup - jusqu'au but en infériorité numérique de Mike Knuble dans les derniers instants de la deuxième période.

À leur crédit, les joueurs du Canadien n'ont pas lâché. Ils ont continué à attaquer en troisième. Mais les Capitals sont des prédateurs sans pitié. Dès qu'ils flairent l'odeur du sang, ils pourchassent leur proie sans relâche. Le moindre moment d'inattention, la plus petite erreur de jugement, le plus infime signe de vulnérabilité, et ils font mouche. À commencer par Alexander Ovechkin, qui a porté le premier coup, juste avant que Jason Chimera n'achève le CH en inscrivant le quatrième but des Capitals, alors qu'il restait huit minutes au match.

En fait, non. Permettez que je rephrase: Chimera a achevé Carey Price. Je n'ai pas envie de m'acharner sur le jeune gardien, qui peut difficilement être blâmé pour les buts des Caps. Comme Price l'a dit lui-même, donnez du temps à Alexander Ovechkin à proximité du filet et il saura quoi faire avec la rondelle. Il ne marque pas 50 buts par année pour rien.

Mais Price devra quand même faire un examen de conscience. Il aura le temps, car je doute fort que Jacques Martin le renvoie devant le filet lors du cinquième match, demain soir.

Quand Chimera a marqué, le Canadien avait encore huit minutes pour combler un écart de deux buts. Scénario peu probable, certes, mais qui l'aurait été un peu plus si Price n'avait pas fait un croc-en-jambe à ses coéquipiers en écopant d'une punition pour conduite antisportive pour avoir lancé la rondelle sur les joueurs des Capitals pendant que ceux-ci célébraient le but de Chimera. Le Canadien a dû perdre deux précieuses minutes à se défendre avec un homme en moins, alors qu'il avait désespérément besoin de marquer.

Price n'a pas essayé de prétendre qu'il n'avait pas fait exprès. «C'était de la frustration, mais ça fait partie du hockey. Je voulais leur faire savoir que j'étais là», a-t-il dit après le match.

Bravo pour l'honnêteté. Mais c'était un geste irréfléchi, voire égoïste, la preuve que Price, même s'il a beaucoup gagné en maturité cette saison, a encore du chemin à faire.

Carey Price n'a pas fait perdre le Canadien, mais il ne l'a certainement pas aidé à gagner.

La mort de Samaranch

Ainsi donc, l'architecte du mouvement olympique moderne a passé l'arme à gauche. Excusez la formulation vieillotte, mais je ne pouvais résister à la tentation d'associer - une fois n'est pas coutume - le mot «gauche» à Juan Antonio Samaranch, cet ancien proche du régime dictatorial de Franco, dans l'Espagne des années 60 et 70.

Celui qui insistait pour se faire appeler «Son Excellence» est évidemment mieux connu pour son rôle de président du Comité international olympique, un poste qu'il a occupé de 1980 à 2001.

Les années Samaranch ont été marquées par la transformation du mouvement olympique en véritable machine à imprimer de l'argent, un développement attribuable en grande partie à l'habileté du Montréalais Dick Pound, qui a su monnayer les Jeux auprès des grands réseaux de télé de la planète.

Mais le règne de l'ancien diplomate a été aussi entaché par le scandale de corruption des Jeux de Salt Lake City et par un aveuglement coupable en matière de dopage. (Dans la foulée de l'affaire Festina, au Tour de France 1998, Samaranch a déclaré que le dopage n'était un problème que s'il mettait en danger la santé des sportifs!)

Difficile d'échapper à l'impression que le ménage effectué au sein CIO et que le mouvement ayant mené à la création de l'Agence mondiale antidopage se sont faits malgré lui, et non grâce à lui.