Il ne faut plus parler de «défaite» du Canadien, la confiance des p'tits gars est trop fragile. Donc, hier soir, on a eu droit à une «non-victoire» de la Flanelle par le score de 5-1.

Réjean Tremblay LA PRESSE

La non-victoire de samedi soir à Washington a fait mal. Quand on mène 4-1 dans un match sur la patinoire de l'adversaire, il faut s'accrocher. Et les défenseurs du Canadien n'ont pas été capables de faire le travail. Ils ont laissé les attaquants imposants des Capitals foncer sur Jaroslav Halak avec le résultat qu'on connaît.

Hier soir, le Canadien a été correct en première période. Mais comment pensez-vous que les Caps ont marqué leur premier but en désavantage numérique? Vous l'avez deviné, quand Jaroslav Spacek a glissé contre Jaroslav Halak dans le but pour l'empêcher d'arrêter la rondelle. Et le deuxième? Il y avait autant de circulation devant le filet du Slovaque que sur Décarie à 17h. Après, le match était joué.

Vous avez sans doute remarqué que les joueurs des Capitals semblent plus costauds et plus forts au fur et à mesure que le match progresse. Et vous avez sans doute noté que ce sont les poids lourds Scott Gomez et Tomas Plekanec qui ont tenté de secouer les puces de la Flanelle du haut de leurs 5'9. Quand ils ont voulu brasser en fin de deuxième, ils n'ont dérangé absolument personne et ils ont contribué à creuser davantage le fossé du Canadien. Brillant comme comportement.

Jacques Martin a pris la bonne décision en retirant Jaroslav Halak après le troisième but des Capitals. Même si Halak n'avait absolument rien à se reprocher, Martin a sorti le crochet et envoyé Carey Price devant le filet. Il est probable que Price sera devant le but, demain. Price est plus gros que Halak et si les défenseurs sont incapables de ralentir les gros attaquants des Capitals, peut-être que Price résistera mieux à leurs charges. Peut-être.

Le défi de Jacques Martin est maintenant simple. Il ne pourra pas changer le système de jeu de son équipe. Il ne peut plus envoyer de nouveaux soldats au combat à l'exception de Price. Il doit donc jouer dans la tête de ses joueurs. Il faut les convaincre qu'ils sont capables de disputer un bon match, il faut leur rentrer dans la tête qu'ils peuvent causer une deuxième surprise et remporter un autre match. J'espère que Martin est entré la tête haute dans le vestiaire. Pour leur passer le message que cette mauvaise deuxième période est un accident et qu'il faut plutôt se rappeler que le match était nul à 0-0 après une période, Ovechkin ou pas Ovechkin.

Ce que je retiens de cette non-victoire, c'est la difficulté des défenseurs du Canadien à résister aux attaques à l'emporte-pièce des Capitals. Roman Hamrlik joue le pire hockey de la saison, Andrei Markov montre des signes de frustration et pourtant, il devrait jouer encore quelques minutes de plus pour compenser les carences de ses coéquipiers à la défense.

Mais si les gars de Jacques Martin croient encore en leurs chances de victoire, s'ils sont vraiment convaincus, ils peuvent encore faire rêver leurs partisans. Marc Messier l'a dit, ça prend la dureté du mental. Sinon, l'humble chroniqueur aura raison pour une fois et les Caps gagneront en cinq.

Me Aubut frappe un grand chelem

Marcel Aubut est maintenant le grand patron du Comité olympique canadien. L'ancien directeur général Chris Rodge a «remis sa démission» il y a quelques semaines déjà, mais pendant les Jeux olympiques, son sort était déjà scellé.

Marcel Aubut se faisait discret, mais il avait déjà repéré les hommes qu'il voulait pour diriger le COC à un niveau supérieur.

Il a procédé à un exigeant processus de sélection parce que, selon lui, il n'y a pas d'autres façons de faire. Malgré une série d'entrevues avec d'autres candidats et avec les favoris, cinq au total, les hommes ciblés au début ont été retenus. Jean Dupré, l'ancien président de la fédération de patinage de vitesse courte piste devient président et directeur général, et Chris Overholt, l'ancien vice-président au marketing des Dolphins de Miami, devient chef de l'exploitation et responsable du marketing. Leur objectif est de gonfler les revenus du Comité olympique canadien pour que les athlètes du pays puissent répéter ce qu'ils ont accompli à Vancouver.

De toute façon, les années tranquilles du COC sont terminées. Tous ceux qui ont travaillé avec Me Aubut chez les Nordiques pourront leur expliquer ce qui attend le personnel.