Le sport n'était pas né quand j'étais en âge de le pratiquer. Même la terminologie m'est inconnue. Snowboard... demi-lune, je crois.

Publié le 19 févr. 2010
Ronald King LA PRESSE

Mais j'ai découvert un spectacle fascinant et, surtout, les athlètes les plus amusants des Jeux olympiques.

D'abord les uniformes, toujours trop grands, comme il se doit à leur âge. Puis, les planches et les casques multicolores. On voit qu'ils mettent beaucoup de temps à décorer leur équipement.

Et quand la caméra se pointe sur eux, les surfeurs des neiges font des grimaces, ils font les pitres, sans prétention aucune. Un d'entre eux, qui était entré en collision avec un mur, a déclaré, dès son arrivée : «J'ai mal au derrière (my butt hurts).» Même le très sérieux intervieweur s'est esclaffé.

Le roi de tout ce monde est l'Américain Shaun White, un personnage de bande dessinée avec ses longues boucles rousses et un cerveau à vous remettre de bonne humeur.

Il a raconté aux journalistes américains que sa copine avait apporté une de ses médailles olympiques chez le nettoyeur. Elle trouvait que le ruban commençait à être sale. (Imaginez la copine...)

«J'ai accouru chez le nettoyeur et il m'a remis ma médaille dans une enveloppe de plastique, comme un pantalon ! Elle n'était pas abîmée.»

L'esprit du snowboard (surf des neiges), c'est Shaun White. «Ce que j'aime le plus dans la vie, c'est m'amuser avec mes amis sur la piste en essayant de trouver de nouveaux trucs pour épater la foule. Je sais que mes adversaires, ailleurs dans le monde, font pareil. Le jour de la compétition, je ne sais pas à quoi m'attendre de leur part. S'ils ont trouvé de meilleurs trucs, ils méritent la médaille d'or. Je serais content pour eux.»

Sauf que ce joyeux drille règne en maître sur la compétition.

Shaun White, 24 ans, est né dans une famille très modeste à San Diego. Il a grandi dans une maison mobile qui s'est beaucoup déplacée pendant sa jeunesse. C'est ce que les Américains appellent, avec un peu de méchanceté, les trailer park trash. Les ordures de parc à maisons mobiles, ce n'est vraiment pas gentil.

Sauf que White gagne maintenant entre 8 et 9 millions par année. Il y a des fortunes à faire dans ce milieu particulier et de moins en moins marginal. La compagnie Red Bull, qui le commandite, a construit pour lui, au Colorado, une piste de demi-lune ultrasecrète.

À leurs rassemblements pour les compétitions professionnelles, vous n'entendez que la musique à tue-tête qui inonde tout le site sans arrêt.

Shaun White se déplace avec un énorme et joyeux entourage qui laisse probablement derrière lui une odeur de pot.

Voilà l'ultime grimace aux austères bonzes du mouvement olympique. Le CIO a besoin des surfeurs des neiges plus que les surfeurs ont besoin du mouvement olympique...

Rebagliati

Les surfeurs, comme vous le savez peut-être, sont soupçonnés d'être des amateurs de marijuana.

Souvenez-vous du champion canadien Ross Rebagliati. On lui avait enlevé sa médaille d'or parce qu'un test antidopage avait révélé des traces de marijuana. Comme si un joint pouvait améliorer une performance sportive.

Le CIO lui avait finalement remis sa médaille, après que les surfeurs des neiges eurent menacé de boycotter les Jeux olympiques. Et d'amener avec eux d'immenses revenus.

À l'époque, un lecteur, un d'entre vous, m'avait écrit : si Rebagliati a fumé un joint avant de gagner cette épreuve, il mérite l'or, l'argent et le bronze.

Allo, allo, madame O?

Madame Ouellette, la mère de Caroline de l'équipe de hockey féminin, poursuit son voyage à Vancouver, mais elle tient à commenter les résultats controversés des matchs du Canada.

«Les Suédoises nous ont beaucoup déçues. Elles sont meilleures que ça. Elles ont remporté la médaille d'argent à Turin ! Mais on a appris qu'elles avaient été réunies pour la première fois avant les Jeux et pour quelques jours seulement. Les Américaines sont réunies depuis deux ans, les Canadiennes depuis six mois.»

Et pour vous, tout se passe bien ?

«Les parents des athlètes sont traités comme des VIP partout. Le magasin La Baie nous a reçus dans un gros banquet et chaque famille a eu droit à deux bons manteaux, chauds et imperméables.

«À la maison Molson, toutes les joueuses ont été présentées à la foule. Il y avait des joueurs de l'équipe masculine parmi nous. Caroline a été la seule à s'exprimer en français. Elle a bien fait.

«On se prépare maintenant pour une série de spectacles à Granville Island : André-Philippe Gagnon, Robert Charlebois, les Cowboys Fringants et Éric Lapointe. On y va en groupe.»

Rassurez-vous, M. Ouellette, votre femme fait un très bon voyage.