Barack Obama n'était pas seul lorsqu'il est arrivé à la Maison-Blanche le 20 janvier 2009. Son épouse, Michelle, l'accompagnait. À l'heure des bilans, force est de constater qu'en l'espace de 12 mois, elle a su imposer son style avec brio.

Nathalie Collard
Nathalie Collard LA PRESSE

Passons vite sur ses tenues vestimentaires (au-delà du style, sa grande qualité est de faire découvrir des créateurs locaux moins connus) et ses biceps (dont la photo orne sans doute la porte de frigo de milliers d'Américaines envieuses) et attardons-nous plutôt aux dossiers privilégiés par la première dame.

 

Michelle Obama a su capter l'air du temps. La lutte contre l'obésité, l'alimentation biologique, les produits locaux, le retour au jardinage... Sa priorité: aider ses compatriotes à faire le ménage dans leur garde-manger, leur apprendre à s'alimenter de façon intelligente, à se maintenir en santé.

En ouvrant les grilles du jardin de la Maison-Blanche, elle a tenté de démocratiser le courant bio qui, jusqu'ici, s'adresse surtout aux classes sociales privilégiées. Elle a également ouvert les portes de sa cuisine au public, question de démystifier la confection des repas. Aux États-Unis, les plats préparés occupent le sommet de la liste d'épicerie des ménages.

Contrairement à Hillary Clinton, qui voulait agir sur le front politique en proposant une réforme du système de santé, Michelle Obama emprunte des voies plus traditionnelles. Elle aborde la santé, oui, mais par l'assiette. C'est rassembleur et surtout, ça ne menace personne. Car aux yeux de la droite américaine, la cuisine demeure encore le lieu qui sied le mieux aux femmes...

La première dame est également très active auprès des familles des militaires américains ainsi qu'au sein d'organismes de charité, où on la voit servir la soupe et consacrer du temps bénévolement. Les Obama ne ratent d'ailleurs jamais une occasion de souligner l'importance du service civique.

D'un point de vue féministe, on peut déplorer que cette femme de caractère de 46 ans ait eu besoin d'adoucir son image et d'arrondir les angles pour mieux «passer» dans les médias et la population en général.

Vrai, on se désole qu'en 2010, une femme soit encore obligée de tempérer sa personnalité pour ne pas paraître menaçante.

Mais on peut aussi voir le verre à moitié plein et se réjouir que Michelle Obama occupe autant d'espace sur la place publique. Surtout qu'il semble désormais évident qu'aucune opération de relations publiques, aucun faiseur d'image ne réussiront à étouffer la force vive qui se dégage de cette femme. Barack Obama ne l'appelle pas The Rock pour rien. Michelle Obama dégage une assurance qui fait d'elle un des modèles féminins les plus intéressants, et de loin, dans la société américaine.

Ses origines modestes, sa détermination, le fait qu'elle ait gravi les échelons et qu'elle soit devenue une personnalité de premier plan au sein de sa communauté ne peuvent qu'inspirer des millions de femmes dans le monde.

Bref, entre Michelle et Barack, dont la première année a été parsemée d'obstacles, c'est la première dame qui s'en tire avec le bilan le plus réjouissant.

nathalie.collard@lapresse.ca