«J'ai lu quelque part que nous vivions dans une société de moumounes. Je suis d'accord. Nous détestons quitter notre zone de confort. Voilà pourquoi le monde du football est envahi par des joueurs africains. Ils ont vécu hors de leur zone de confort depuis leur naissance et ils sont prêts à faire tous les sacrifices nécessaires pour une meilleure vie... Le football, ça commence dans la tête.»

Ronald King LA PRESSE

C'était vendredi dernier et le nouvel entraîneur de l'Impact, Marc Dos Santos, avait proposé aux membres des médias un cours de base de football. Une première pour moi en une trentaine d'années de carrière. Mais pas une première mondiale.

«J'ai vu en Afrique un entraîneur anglais faire le tour des pays et donner des cours aux journalistes», nous dit Dos Santos, qui est né à Montréal, a grandi au Portugal et un peu partout dans le monde à cause du métier de son père. Il semble bien connaître l'Afrique.

Coach de carrière

Pour la première fois depuis longtemps, l'entraîneur de l'Impact n'est pas une ancienne gloire du club. Dos Santos est un entraîneur de carrière. Il a pris les rênes de l'équipe de son école secondaire à 16 ans. Il avoue en riant avoir été un joueur moyen...

«Après ce cours, vous pourrez mieux me critiquer. Ça ne me fait pas peur.»

En fait, nous avons passé deux heures de pur plaisir avec ce bollé de 32 ans qui serait un enseignant de premier niveau. Le nouveau coach de l'Impact a la prestance d'un leader. Il est sûr de lui et on sent qu'il ne supporte pas les conneries ni les imbéciles, qu'il mêle l'intelligence et la connaissance avec une poignée de fer. Un coach, quoi...

Quand le portable d'un collègue a sonné pendant que Dos Santos parlait, il a menacé de le mettre à l'amende... «Dans le vestiaire, ça serait une amende.»

Notre zone de confort donc... «Un vrai footballeur n'attend pas que son papa l'amène en auto à l'entraînement. Si le père est occupé, il prend l'autobus et il arrive à l'heure.»

J'aurais aimé que tous nos fils l'entendent...

Et puis Dos Santos nous a expliqué sur un grand écran les différentes formations, stratégies et tactiques employées à travers le monde et par l'Impact. «Si je jouais contre l'Impact, voici ce que je ferais, mais il faut que ça reste entre nous... Vous n'allez pas me trahir? De toute façon, plusieurs de nos adversaires font déjà ce que je ferais moi-même.»

Le football, on le sait, c'est un peu le hockey, mais avec deux fois plus de joueurs, ce qui multiplie les possibilités ainsi que les occasions d'erreur. Le cours de Marc Dos Santos était fascinant. Les deux heures ont passé très vite pour des élèves qui n'avaient pas vraiment envie de reprendre des cours magistraux avec un prof qui fait des X et des O au tableau. Nous étions une vingtaine et tous sont restés jusqu'à la fin. Nous levions notre main pour poser des questions. Plusieurs en redemandaient.

À quand le prochain cours? «Je ne sais pas, je suis pas mal occupé», répondait ce père d'une petite fille qu'il nous a montrée en gros plan sur l'écran. Pour les connaisseurs, les idoles de Dos Santos sont Jose Mourinho, Arsène Wenger et Rafael Benitez.

Et le CH ?

Certains collègues ont souhaité que l'entraineur du Canadien fasse de même avec les médias locaux, mais nous avons conclu qu'il faudrait louer un petit amphithéâtre...

Il reste que pour la majorité des membres de nos médias, le hockey est un mystère, un peu moins nébuleux que le football, mais un mystère quand même, quoi qu'en dise la rumeur populaire. Ne vous demandez pas pourquoi nous entendons toujours les mêmes clichés.

Enfin, le cours s'est déroulé en français pendant 98% du temps. Marc Dos Santos parle le portugais, l'espagnol, l'anglais, le français et vient d'entreprendre des cours d'italien. Il a plus de vocabulaire français (trois fois plus?) que tous les ex-entraîneurs, arbitres et joueurs de hockey que nous entendons à longueur d'année.

J'aimerais qu'on m'explique pourquoi...