Cette fois, même si George Gillett n'a pas encore confirmé que le Canadien était sur le point d'être vendu, on est en plein processus de vente. C'est l'expression employée hier par un de ceux qui sont au coeur de l'opération.

Réjean Tremblay LA PRESSE

Et samedi, une autre source impliquée dans la vente me disait que confirmation ou pas, il n'y aurait pas de volte-face. La vente allait suivre son cours. L'idéal étant que l'acheteur et le vendeur puissent conclure une entente de principe en juin pour faire approuver la transaction par la Ligue nationale pendant l'été.

Lundi, on lançait la nouvelle que Serge Savard allait entreprendre l'étude des livres de Gillett, nouvelle démentie pendant la journée. Mais que ce soit lundi ou plus tard cette semaine ou la semaine prochaine, Savard et ses partenaires devront franchir cette étape. Que les autres acheteurs potentiels sont en train de faire.

Si BCE fait partie d'un consortium, la partie de bras de fer entre la géante des télécommunications et Quebecor risque d'être titanesque. Pierre Karl Péladeau fait de Bell une affaire personnelle. Toute enchère entre ces deux géants ne pourra que servir le vendeur américain en faisant grimper le prix du Canadien, du Centre Bell et du Groupe Gillett. Et si jamais Quebecor échappe le Canadien, bonne chance aux nouveaux acheteurs. Si l'empire les prend en grippe, les hivers vont être longs.

Pendant ce temps, Pierre Boivin reste serein. Sa loyauté va envers George Gillett et il ne pourra se préoccuper de son avenir qu'au moment de la vente. En fait, il est forcé de négocier contre son futur propriétaire. Et plus il est habile, retors et efficace, plus il gagne des points. Étrange situation.

Pendant ce temps, Bob Gainey est en attente. Il ne peut se lancer à la chasse aux joueurs autonomes puisqu'il ne sait même pas s'il restera en poste. De plus, les agents et représentants des joueurs sont ennuyés par le climat d'incertitude qui règne présentement au septième étage du Centre Bell. Pas de propriétaire, pas de coach, dix joueurs qui risquent de sacrer le camp, il n'y a pas un joueur de qualité qui va accepter de s'en venir dans ce bourbier.

Mais c'est pas grave, le plan quinquennal est terminé et on en commence un autre. Le premier aura été une faillite, mais rien de mieux qu'un autre plan pour faire oublier le premier. L'Union soviétique a fini par s'écrouler et par disparaître d'un plan quinquennal à un autre. C'est très efficace pour rester au pouvoir.

Ça veut donc dire cinq autres années de paix pour Bob Gainey puisqu'un plan quinquennal dure cinq ans et que les fefans vont attendre cinq ans avant de poser des questions.

Roy est prêt pour la LNH

Je ne sais pas où va aboutir Patrick Roy. Sans doute ne le sait-il pas lui non plus. Mais je sais qu'il est prêt pour la Ligue nationale. Et je sais aussi que dans la vie, quand une porte est ouverte, vaut mieux la franchir parce qu'on ne sait pas quand une autre porte va s'ouvrir.

Michel Langevin se demandait hier matin à CKAC comment Scotty Bowman pouvait-il prétendre que Roy était prêt pour la Ligue nationale?

Puisque Bowman n'a certainement pas assisté à un match des Remparts et qu'il ne s'est pas rendu à Québec rencontrer Casseau. Langevin n'a peut-être pas réalisé qu'à part Stéphane Leroux, les gros canons des médias montréalais n'ont pas assisté à un seul affrontement des Remparts et ne se sont pas rendus à Québec rencontrer Patrick Roy. Et ça n'empêche personne de donner son opinion 24 heures par jour, sept jours par semaine.

Il va sans dire que Bowman, le bonhomme le mieux informé de toute la LNH, a un réseau de contacts qui couvre le hockey au complet. Et un dépisteur comme Michel Dumas, l'ancien gardien des Blackhawks de Chicago et l'oncle de Hugo Dumas, fait des rapports fréquents sur ce qui se passe dans la LHJMQ et chez les Remparts.

De plus, ça ne prend pas Jojo Savard pour savoir que Roy est prêt pour la LNH. Quand Ronald Corey a nommé Serge Savard directeur général du Canadien, il est allé le chercher chez les Jets de Winnipeg. Sur la patinoire. Il ne s'est pas demandé si le Sénateur avait assez d'expérience, il savait qu'il était prêt. Il aurait sans doute dû se poser des questions avec Réjean Houle, mais c'est une autre histoire. Il n'existe pas de grille d'analyse parfaite pour le prochain directeur général embauché dans la LNH.

Personnellement, et Roy n'a que faire de mon opinion, c'est à Denver que j'entreprendrais ma carrière dans la LNH. Comme directeur général de l'Avalanche sous la protection de mon ami Pierre Lacroix.

Le club est dans la dèche totale. Tout directeur général n'aura qu'à déclarer qu'il va établir un plan quinquennal (même les Américains vont comprendre) pour avoir la paix pendant cinq belles années. Patrick est capable de reprendre la recette qui a si bien fonctionné avec Gainey et il pourra travailler sans pression puisqu'il faudra attendre cinq ans avant de poser des questions.

Il se peut cependant que Casseau ait le goût de venir à Montréal et de s'attaquer directement aux frères Kostitsyn et qu'il se lance le défi de les faire jouer avec coeur et détermination. Et qu'il décide d'enseigner à Carey Price comment se comporter devant le filet, dans le vestiaire et... avec une bière à la main.

Mais alors, faudra sans doute attendre qu'on sache qui sera le prochain propriétaire du Canadien.

Martel et la Coupe Memorial

Je suis choyé. Je suis avec plaisir le tournoi de la Coupe Memorial. Je suis impressionné par la qualité des images en haute définition de Sportsnet et par les commentaires de ses analystes et animateurs. Malheureusement, RDS n'offre pas la haute définition à ses abonnés.

Je suis doublement choyé puisque je regarde ces matchs en compagnie de Richard Martel, l'entraîneur et le directeur général des Saguenéens de Chicoutimi, et de Michel Boivin, le vice-président de l'équipe.

Martel connaît tous les joueurs de toutes les équipes, c'est une mine d'informations pour quelqu'un qui a malheureusement trop négligé le hockey junior.

Clément Jodoin et Guy Boucher sont ses adversaires pendant la saison, mais Martel est capable de rendre hommage à leur excellent travail comme il reconnaît la qualité des équipes de l'Ontario et de l'Ouest canadien engagées dans le tournoi.

Mais ce qui semble le plus faire plaisir à Martel, c'est de voir les gars de Rimouski ou de Drummondville jouer des matchs durs et virils. « Certains disaient qu'on serait une ligue en tutu parce qu'on enlevait les bagarres. Juste à voir ces matchs pour réaliser que tout le monde respecte nos jeunes et que personne n'a à avoir de complexes devant l'Ontario et l'Ouest. C'est du beau hockey, bien joué et bien dirigé», a dit Martel.

On a évidemment discuté de Roy. Les prises de bec entre Roy et Martel et entre l'organisation des Saguenéens et celle des Remparts, ont fait les manchettes. Boivin est ambivalent. Comme partisan, vice-président et actionnaire des Sags, il trouve que Roy est un adversaire coriace. Mais comme homme d'affaires, il reconnaît bien que Roy est bon pour le hockey junior.

En fin de compte, les deux hommes sont d'accord. Roy est prêt pour la LNH et de toute façon, il ne serait pas plus prêt dans deux ou trois ans.