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Les banques: après l'«effet slingshot»

Michel Girard
La Presse

L'actuel marché baissier a atteint son dernier creux le 6 mars. Depuis, nous avons eu droit un super rallye de la Bourse. Qui en a profité le plus? Les actionnaires des titres bancaires. Ils sont parmi les grands gagnants de ce spectaculaire revirement à la hausse.

Alors que Wall Street gagnait de 25 à 30%, les titres des grandes banques américaines explosaient de 100 à 260%. Ici au Canada, les titres des grandes banques canadiennes bondissaient de 50 à 65%, à comparer à 28% pour l'indice phare de la Bourse de Toronto.

 

Comment expliquer ce spectaculaire revirement des titres bancaires?

Du côté des banques américaines, la réponse est assez simpliste. Une grosse partie du ralliement est strictement attribuable à l'«effet slingshot». Plus on étire l'élastique, plus le projectile va loin. Entre leur haut des 52 dernières semaines et leur creux du début de mars dernier, les titres bancaires américains ont chuté au point de se négocier comme des titres de pacotille.

Mon exemple préféré: Citigroup, l'ancien numéro un mondial du secteur bancaire. Le titre a carrément été anéanti, passant en l'espace de 12 mois d'un haut de 27,35$US à un creux de seulement 97 cents US au début du mois de mars dernier. Vendredi dernier, Citigroup fermait la semaine à 3,19$US, soit en hausse de 229% par rapport à son récent creux.

Un autre exemple de ralliement explosif sur Wall Street? Bank of America. Après avoir touché un haut de 40,65$US au cours des 12 derniers mois, le titre de Bank of America s'est effondré à 2,53$US au début de mars dernier. Depuis, le titre de Bank of America a plus que triplé de valeur, pour fermer vendredi passé à 9,10$US. On parle ici d'une hausse 260% en sept semaines.

En dépit de leur spectaculaire hausse, les titres de Citigroup et Bank of America n'en continuent pas moins de se négocier en fort recul par rapport à leurs récents hauts. L'action de Citigroup accuse présentement un recul de 88% par rapport à son haut des 52 dernières semaines et Bank of America un recul de 78%.

Vu sous cet angle, on ne peut pas dire que les actionnaires qui détenaient des actions de ces deux grandes banques américaines avant leur débandade sont au bout de leur peine! Ils n'ont à vrai dire que récupéré une faible portion de lourdes pertes.

Les canadiennes

Jetons maintenant un coup d'oeil du côté de nos grandes banques canadiennes. Elles ont, à l'instar des banques américaines, fortement grimpé au cours du rallye des sept dernières semaines.

Pendant que l'ensemble de la Bourse de Toronto grimpait de 28%, les titres des grandes banques canadiennes explosaient de 50 à 80%. C'est énorme! Je conviens avec vous que l'ampleur de la hausse canadienne est nettement inférieure à celle des titres bancaires américains. Explication: l'effondrement des banques canadiennes entre leur haut et leur creux a atteint les 55% alors que les banques américaines croulaient de 70% à 97%.

Plus concrètement, voici, pour chacune des grandes banques canadiennes, en date de la fermeture de vendredi, le cours de l'action, avec, entre les parenthèses, la hausse enregistrée depuis leur récent creux:

> Banque de Montréal (BMO: 40,09$ (66,6%)

> Banque Scotia (BNS: 35,17$ (46,6%)

> Banque CIBC (CM: 53,98$ (47,8%)

> Banque Nationale (NA: 43,85$ (80,8%)

> Banque Royale (RY: 42,04$ (64,7%)

> Banque TD (TD: 48,52$ (49,8%)

Il est important de souligner ici que les banques canadiennes n'accusent plus qu'un recul allant de 18% à 33% par rapport à leurs sommets respectifs d'avant l'effondrement du présent marché baissier.

Question: qu'y a-t-il de véritablement changé depuis le creux boursier du 6 mars dernier pour essayer de justifier cette fabuleuse hausse des titres des grandes banques canadiennes?

À vrai dire, pas grand-chose. Le monde est en grande récession.

Le Canada n'y échappe tellement pas que la Banque du Canada s'est sentie obligée de réduire à néant le niveau de son taux directeur. Pourquoi? La Banque du Canada essaye de stimuler l'économie canadienne et de forcer les banques à accorder plus de prêts aux entreprises et au monde ordinaire.

Non seulement les grandes banques canadiennes vont-elles devoir au cours des prochains trimestres composer avec de lourdes provisions pour pertes mais, en plus, les profits en 2009 seront inférieurs à 2008.

Les perspectives pour 2010? Les analystes des firmes de courtage s'attendent à une augmentation des profits.

Les grandes banques canadiennes sont, de toute évidence, financièrement en meilleure santé que la très grande majorité des banques américaines.

Mais au niveau actuel des cours boursiers, elles m'apparaissent vraiment chères.

Tant mieux si elles continuent de grimper... Cependant, une bonne correction à la baisse permettrait d'attirer de nouveaux investisseurs et de ramener les cours à un niveau logiquement plus approprié par rapport à la crise financière qui perdure.

 




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