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La récession, meilleure amie d'Ignatieff

Vincent Marissal
La Presse

Pour comprendre ce qui se passe en politique, il y a les sondages, bien sûr; et à ce chapitre, notre CROP dernière mouture est particulièrement éclairant en ce qui a trait à la scène fédérale.

Encore plus instructif, parce qu'il s'agit de matière vivante: la réaction des partis politiques.

Les jours de sondages, on a à la fois une radiographie de l'électorat et les réactions des partis, qui s'agitent comme des toxicomanes devant une armoire à barbituriques.

 

En ce moment, à Ottawa, les libéraux se pincent, les bloquistes s'inquiètent et les conservateurs tirent dans toutes les directions.

Suffit de suivre la guerre des communiqués entre conservateurs et libéraux pour comprendre leur stratégie respective.

Hier après-midi, les conservateurs ont reproché à Michael Ignatieff de vouloir augmenter les impôts et d'avoir ramené des acteurs des commandites dans son entourage. Pendant ce temps, les libéraux ont accusé les conservateurs d'abandonner les Canadiens et d'être responsables de la hausse du chômage.

Les bloquistes, quant à eux, se grattent la tête: Michael Ignatieff représente-t-il une véritable menace ou son départ canon se transformera-t-il en pétard mouillé?

Le plus inquiétant pour le Bloc, c'est que Michael Ignatieff n'a rien fait (dans le sens d'annonce, d'énoncé de politique ou de promesse) pour se retrouver soudain en tête des sondages au Québec.

Le Bloc et les conservateurs mitraillent Michael Ignatieff. C'est de bonne guerre. Mais dans les faits, leur ennemi commun, ce n'est pas le chef libéral, c'est la récession.

James Carville, le génie derrière Bill Clinton, avait raison lorsqu'il a lancé en 1992, durant une autre crise: «It's the economy, stupid!»

Les Québécois sont inquiets. Ils perdent leur job et les régions souffrent. Les conservateurs ont perdu la confiance des électeurs et le Bloc ne peut faire grand-chose comme opposition éternelle. Reste une option: le Parti libéral. En plus, Michael Ignatieff jouit d'un fort capital de sympathie et paraît modéré.

Le Bloc ne peut présenter un programme de gouvernement. Il gagne ses batailles électorales grâce à la faiblesse de son principal adversaire: Jean Chrétien et les relents de Meech et Charlottetown en 1993, Paul Martin et les commandites en 2004, Stephen Harper contre la culture et les jeunes contrevenants en 2008. Contre Michael Ignatieff, c'est moins évident.

Les bloquistes eux-mêmes savent que l'argument des «intérêts du Québec» n'est ni infaillible ni éternel, surtout en période de crise économique. Surtout dans les régions durement touchées par la récession et les pertes d'emplois. Il est possible que bien des électeurs optent pour l'espoir d'un nouveau gouvernement.

La remontée des libéraux est spectaculaire, en particulier chez les francophones. À 34% (ils sont tombés à 9% il y a trois ans), ils sont juste derrière le Bloc, à 37%.

Plus spectaculaire encore: le PLC prend la tête «ailleurs en région», donc partout sauf dans la grande région de Québec (36% par rapport à 35% pour le Bloc).

Les conservateurs restent forts dans la région de Québec et les libéraux, sans surprise, continuent de dominer à Montréal.

Si la tendance observée depuis quelques mois se maintient, le PLC redevient compétitif dans une quinzaine de circonscriptions, peut-être même autour de 20 (en plus des 14 qu'il détient déjà). En 1997, Jean Chrétien avait récolté 37% des votes au Québec et 26 des 75 sièges.

Cela dit, le Bloc reste profondément enraciné dans certains coins.

Et puis, Michael Ignatieff n'a pas subi son baptême du feu électoral. Même ses partisans et son entourage ne savent pas comment il réagira en campagne électorale.

Au fait, aurons-nous une campagne électorale à l'automne, comme le souhaitent les libéraux?

Depuis quelques jours, on se demande à Ottawa si le chef du NPD, Jack Layton, ne serait pas tenté de sauver le gouvernement pour éviter la dégelée annoncée par les sondages.

Et le Bloc? Si la glissade se poursuit, Gilles Duceppe sera-t-il aussi frondeur en septembre?

Le Bloc et le NPD ne peuvent plus reculer, disent les libéraux. «Pas après tout ce qu'ils ont dit contre ce gouvernement, résume un stratège libéral. Surtout pas le NPD, qui payerait le prix fort parce qu'il compte les anti-Harper les plus farouches dans ses rangs.»

 




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