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Le verre à moitié plein

Alain Dubuc
La Presse

Mardi, la Banque du Canada révisait ses prévisions économiques à la baisse. Mercredi, c'était au tour du Fonds monétaire international (FMI) de rendre publiques des prévisions plus sombres que les précédentes et à conclure à une grave récession mondiale.

C'est un réflexe bien naturel de voir ces nouveaux développements comme de mauvaises nouvelles et d'en déduire que les perspectives s'assombrissent et que la situation empire. Ce n'est cependant pas vraiment le cas. J'en arrive à une tout autre lecture, et pas seulement en raison de mon optimisme indécrottable. Nous sommes plutôt en présence d'un cas classique de verre à moitié vide et de verre à moitié plein.

 

La situation, on le sait, n'est déjà pas bonne. Ce qui est arrivé cette semaine, ce n'est pas que des organismes réputés nous ont dit que ça serait encore pire, mais plutôt qu'ils ont ajusté leurs prévisions à cette réalité que nous connaissions déjà trop bien.

La Banque du Canada retombe tout simplement sur terre, après avoir étonné tout le monde avec ses lunettes roses, en prévoyant, grâce à ses modèles économétriques à la fine pointe de la science, une récession très faible, un recul du PIB de 1,2% en 2009 et une reprise très vigoureuse de 3,8% en 2010. Avec ses nouvelles prévisions, un recul sévère de 3% cette année et une reprise de 2,5% l'a prochain, la Banque du Canada ne nous apprend rien. Elle ne fait que rentrer dans le rang.

Parce que ses dernières prévisions dataient de janvier, le FMI n'avait pas corrigé le tir, comme la plupart des spécialistes, pour intégrer à ses modèles les très mauvais résultats de la fin de 2008 et du début de 2009. C'est ce qu'il vient de faire. En janvier, il prévoyait une croissance mondiale de 0,5% et une véritable reprise de 3% en 2010. Il croit maintenant que la récession mondiale sera plus prononcée, avec un recul de 1,3% et que la reprise, à 1,9%, sera anémique. Un réajustement qui s'explique par le caractère synchronisé des récessions dans le monde et par l'insuccès des efforts de relance.

Qu'est-ce qu'on peut trouver positif là-dedans? Tout est relatif. Mais on note une certaine stabilisation des prévisions, une consolidation du consensus. Le FMI, avec ses prévisions, rejoint ce que disait déjà l'OCDE. La Banque du Canada, au niveau canadien, propose un scénario très proche de celui de la plupart des maisons spécialisées.

Deuxièmement, la Banque du Canada, comme bien d'autres maisons, s'attend à un retour à la croissance au quatrième trimestre. C'est dans cinq mois. Évidemment, cette reprise ne sera que du rattrapage, il faudra attendre 2011 pour que l'on revienne au niveau d'activité d'avant la récession et le retour à la normale sera parsemé d'embûches et marqué par l'incertitude.

Troisièmement, le FMI, tout comme le disait aussi l'OCDE, prévoit que l'économie canadienne s'en tirera nettement mieux que les autres grands pays industrialisés. C'est au Canada, selon le FMI, que le recul, évalué à 2,5% en 2009, sera le moins prononcé, contre 2,8% aux États-Unis, 5,5% en Allemagne, 6,2% au Japon, 3% en France, 4,1% en Grande-Bretagne, 3,8% pour l'ensemble des économies avancées. Et c'est au Canada que la reprise sera la plus forte en 2010, avec 1,2%, quand la croissance sera de zéro aux États-Unis et dans la zone euro, et que l'économie reculera encore de 0,4% au Royaume-Uni et de 1,9% en Allemagne.

Le succès relatif du Canada dans l'adversité n'est pas insignifiant. C'est une constante de toutes les prévisions. Et ce n'est pas un phénomène passager avant que la réalité nous rattrape. Il faut le souligner.

 




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