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Ronald King: La grande broyeuse

Ronald King
La Presse

Lorsque Carey Price retournera dans son petit village du nord de la Colombie-Britannique, ses parents et amis auront du mal à le reconnaître. Ils devront peut-être aussi le ramasser à la petite cuillère.

C'est que la grande ville, la grande broyeuse, l'aura mâchouillé et régurgité. Price n'était pas prêt pour ce changement radical d'environnement et il n'est pas le premier. Le nom de John Kordic me vient à l'esprit.

Encore une fois, un jeune homme naïf et peu instruit aura été laissé à lui-même alors qu'il avait besoin avant tout d'être guidé. Il faudrait qu'on finisse par le réaliser dans les bureaux du Canadien. Avant qu'il ne se produise un autre drame. On est passé près, cette année, semble-t-il.

Price a 21 ans et des milliers de personne ont vu une photo de lui en train de vomir dans une piscine. Toutes sortes de rumeurs pas jolies ont suivi.

Lui, qui a toujours été la star de son équipe, a été hué lundi dernier; la foule a réclamé Halak, ses coéquipiers ne sont même pas allés le consoler après le match. Dans l'univers particulier d'une équipe, ce dernier affront est peut-être le plus significatif et le plus cruel.

Lorsque Price retournera dans son petit village du nord de la Colombie-Britannique, ses parents et amis retrouveront un garçon qui a perdu sa virginité et qui n'a pas apprécié le processus. Il aura changé et pour toujours. Il lui faudra au moins tout l'été pour sortir de ce cauchemar.

Après, on verra. Pas certain qu'il va s'en sortir indemne. Pas certain que c'est à Montréal, la grande broyeuse avec son légendaire night life, que Price sera à sa place.

La honte

Il ne fait pas bon être montréalais et partisan du Canadien ces jours-ci. Quant on entend la foule du Centre Bell huer l'hymne national des États-Unis - George W. Bush n'est même plus là! -, on a un peu honte.

Ajouter cela à l'humiliation sur la patinoire, les blessures et le vieillissement des meilleurs joueurs, la dissension évidente, les tensions avec les médias, l'avenir sombre, sombre...

Quoi? On parle encore de rebâtir? D'un nouveau plan de relance? On n'a même pas avancé depuis le dernier!

Mon collègue Jean-François Bégin parlait, hier, d'un supplice qui achève... Tout à fait.

Mais le supplice pourrait bien recommencer dès septembre prochain. Il faudra mettre 20 joueurs en uniforme la saison prochaine. Lesquels?

Et après toutes ces émotions, ces promesses, ces cérémonies et ces souvenirs de glorieux passé, après 100 ans de fierté, le club de ce qu'on appelle la capitale mondiale du hockey est finalement un peu broche-à-foin.

Je propose qu'on se calme le pompon avec ces histoires de gloire pendant un certain temps.

Les vautours salivent

Cela dit, préparez-vous à toutes les entendre. Il y a toujours des vautours dans nos médias qui vont profiter de la défaillance du CH pour régler des comptes personnels. C'est facile quand la personne visée a déjà un genou par terre. L'occasion est trop belle.

Certains vont y aller allègrement, cachés loin dans leur studio ou derrière leur ordinateur, pour poignarder les Gainey, Koivu, Brisebois, Komisarek, Price, Kovalev, Trevor Timmins, Pierre Boivin, George Gillett, nommez-les. Le carnage va commencer.

Espérons tout de même que cela se fera avec un peu de dignité et sans mesquinerie. Déjà que pour la dignité, nous ne baignons pas dedans de ce temps-là.

 




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