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Boston est dans une autre ligue

Réjean Tremblay
La Presse

(Boston) Suffit de passer quelques jours à Boston pour réaliser à quel point cette belle ville de la Nouvelle-Angleterre devance nettement la ville pas mal moins belle de la Nouvelle-France.

Les parcs du centre-ville sont magnifiques, même en ce mi-avril frisquet, et les grands boulevards qui cernent le centre-ville sont propres et accueillants.

On le sait, Boston est la ville culturelle du Nord-Est des États-Unis; c'est une ville qui, au cours des quinze dernières années, a massivement investi dans ses infrastructures, qui a fait disparaître les laideurs qui polluaient les accès de la ville et qui a multiplié les campagnes invitant les citoyens à faire preuve de toujours plus de civisme.

En fait, Boston se comparait à Montréal quand j'ai commencé à y faire des séjours avec le Canadien. Deux villes de même taille, deux villes avec des quartiers rappelant leurs racines et leurs origines, deux villes fleurant bon la bouffe raffinée, la musique et la farniente d'un beau week-end.

Oubliez les comparaisons. Boston est maintenant encore plus belle et plus vibrante, Montréal est devenue une collection de bourgades ingouvernables et de nids-de-poule.

Les groupuscules de pression mènent la ville et il y est maintenant impossible de mener à bonne fin un projet collectif concret.

***

La différence est encore plus grande quand on parle de sport. Oublions le sport universitaire puisque Montréal ne fait pas le poids contre Harvard, Boston College ou MIT.

Demain, pour vous donner une idée, les Red Sox de Boston jouent à Fenway Park en après-midi. Tous les billets sont évidemment vendus. À cinq minutes de métro de Fenway Park, les Celtics disputent un match de série éliminatoire en même temps. Tous les billets sont vendus.

Et en soirée, à 20h, les Bruins reçoivent le Canadien pour le deuxième match de la série opposant les deux équipes et tous les billets sont évidemment envolés. C'est près de 80 000 spectateurs qui vont débourser des millions de dollars pour assister à ces rencontres. Et à moins que je ne me trompe, les Patriots offrent un match de recrues dans la journée.

Le sport professionnel, comme l'Orchestre symphonique de Montréal et les Boston Pops, fait partie de cette qualité de vie qu'une grande ville doit offrir à ses habitants. Et à tous ceux qui voudraient venir l'enrichir en venant y travailler ou y investir pour créer une entreprise.

C'est pour ça qu'il est important d'appuyer Joey Saputo dans ses efforts pour faire entrer Montréal dans la Major Soccer League. Il est impossible de rejoindre Boston dans la Ligue nationale de football. D'ailleurs, on a pris cinq ou six ans pour simplement décider d'agrandir le stade Molson tellement on a eu peur à cause des trois écureuils et des quatre arbustes qu'il fallait sauver. J'ai vu passer les écureuils montréalais dans le grand parc de Boston hier après-midi et ça m'a fait chaud au coeur.

On ne reviendra plus non plus dans le baseball majeur. Les Red Sox ne joueront jamais contre de nouveaux Expos. Même dans 30 ou 40 ans. On a quitté la piste de danse et le rêve est fini. Il arrive que des industries meurent. Des journaux meurent et c'est triste, mais la vie continue.

On ne jouera pas non plus contre les Celtics de Boston, la mythique équipe en vert et blanc. Parce que le basket n'a pas de racines assez profondes au Québec.

Alors, si on a la chance d'accéder au dernier sport majeur disponible pour les prochaines décennies et si on veut être une vraie métropole capable d'avoir sa place dans le sport professionnel nord-américain, faudrait pas rater la chance qu'offre Joey Saputo. Parce qu'après...

***

C'est d'ailleurs rafraîchissant de lire les pages sportives des quotidiens de Boston. Les Bruins ont droit à un traitement royal. Mais il faut offrir une aussi large couverture aux Red Sox et aux Celtics, parce que leur clientèle est tout aussi importante que celle des Bruins. Ça fait un gros changement avec les médias de Montréal, qui sont à la remorque du Canadien. Les radios et les télés de Boston traitent de plusieurs sujets et de plusieurs sports. À Montréal, il faut l'admettre, à part Jacques Thériault à CKAC en matinée, on suce et resuce le moindre potin sur les Glorieux. Jusqu'à saturation. Jusqu'à écoeurement.

Des fois, j'aimerais ça entendre encore Rodger Brulotte parler baseball...

Mais du baseball majeur, y en a plus.

C'est comme le reste, parti à l'abandon.

Des blessures à la tonne...

Ce n'est pas une excuse pour les difficultés du Canadien cette saison mais quand on consulte la liste des blessures, on réalise qu'elles ont lourdement hypothéqué l'équipe. Francis Bouillon, avant le match d'hier, en était à son 26e match raté. D'autres ont fait « mieux « comme Robert Lang avec 32 matchs manqués et Georges Laraque avec 34. Mettons que le gros Georges n'était pas le joueur le plus indispensable de l'équipe. Par contre, on ne peut nier l'importance de Guillaume Latendresse, 21 matchs, et d'Alex Tanguay, 32 matchs. Chris Higgins, 25 matchs, Saku Koivu, 17 et Mike Komisarek, 16 matchs, sont d'autres joueurs dont les blessures ont fait mal aux Glorieux. Le total des matchs-joueurs ratés est de 263, plus que la moyenne de la ligue. En comparaison, les Rangers sont à 31.

 




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