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Jean-François Bégin: Une classique printanière

Il fait beau, il fait chaud, les terrasses sont bondées et le Canadien s'apprête à affronter les Bruins en première ronde des séries. Mesdames et messieurs, le printemps est bel et bien commencé.

Vrai, on a déjà senti la fièvre plus fébrile, la passion plus passionnée et la flamme (le flambeau ?) plus enflammée. Faut dire que la digestion du chocolat de Pâques est une activité à temps plein qui ne prédispose pas aux excès d'enthousiasme.

Faut dire aussi que le Canadien ne s'est pas exactement couvert de gloire cette saison, ce qui peut tempérer les ardeurs du plus partisan des partisans. À moins d'un revirement majeur dans les prochaines semaines, on risque plus de se souvenir du Centenaire pour quelques sombres affaires - rumeurs de vente du club, fréquentations douteuses des frères K., congé inopiné d'Alex Kovalev - que pour les exploits d'une équipe qu'on imaginait pourtant vouée aux premiers rangs de l'Association de l'Est.

Pour mal faire, le Canadien n'entreprend pas les séries sur une très belle lancée. Avec un seul point sur une possibilité de huit à ses quatre derniers matchs, l'équipe a connu une dernière semaine désastreuse.

La bonne nouvelle dans tout ça, c'est que la seule performance honorable du CH dans la dernière ligne droite de la saison régulière est justement survenue contre les Bruins. Sans Georges Laraque, sans Gregory Stewart, les hommes de Bob Gainey ont tenu leur bout face aux Milan Lucic, Zdeno Chara et autres pans de mur en noir et jaune. Ils ont perdu en prolongation, mais non sans avoir transformé un déficit de 3-1 en avance de 4-3. Il y a là de quoi se bâtir un (petit) capital de confiance.

Ajoutez à ça le fait que le Canadien a souvent eu le numéro des Bruins en séries éliminatoires. Les fantômes du Forum et tout ça, c'est de la bouillie pour les chats d'Harry Sinden. N'empêche, les spectres imaginaires qui ont supposément permis au Tricolore de battre les Oursons 24 fois en 31 séries pourraient trouver une manière de s'insinuer dans la tête des joueurs de Boston. Surtout si le Canadien a leur fait l'affront de gagner le premier match de la série, jeudi.

En fait, ce choc initial risque de déterminer l'issue de la série, quoi qu'en dise Bob Gainey, qui a semblé minimiser son importance, hier. Pour avoir une chance de passer au deuxième tour, le Canadien devra semer le doute chez ses adversaires d'entrée de jeu. Sinon, la supériorité des Bruins (en vrac : meilleure défensive de la LNH, deuxième meilleure attaque, quatre trios équilibrés, robustesse à toute épreuve et entraîneur pas piqué des vers) risque de venir à bout de la confiance fragile des joueurs du Canadien.

Mais bon, il ne faut jamais sous-estimer les chances des négligés dans cette ligue. Au championnat des clichés, le bon vieux «c'est une nouvelle saison qui commence», auquel les joueurs du Canadien s'accrochent comme à une bouée ces jours-ci, remporte probablement la palme. Mais qu'est-ce qu'un cliché sinon une caricature à peine forcée de la réalité?

Depuis que le format actuel des séries éliminatoires a été adopté, il y a 14 ans, 20 des 56 séries de première ronde ayant opposé les équipes 1 et 8 ou 2 et 7 d'une association se sont terminées par une victoire des négligés. C'est plus d'une série sur trois. Le Canadien a fait sa part : qualifié de justesse, il a ainsi vaincu les Penguins en 1997 et, tiens donc, les Bruins en 2002 et 2004. C'est encourageant.

Mais pour que le Canadien batte les Bruins cette fois-ci, les planètes devront s'aligner. Il faudra d'abord que Carey «Dr Jekyll et M. Hyde» Price fasse des miracles comme il l'a fait contre les Penguins dans la défaite de 3-1 de samedi, plutôt que de replonger dans la torpeur qui a semblé l'habiter pendant de longs mois cet hiver.

Il faudra aussi que le meilleur joueur de l'équipe soit sur la glace. Non, je ne parle pas d'Alex Kovalev, mais d'Andrei Markov. C'est fou comme Mike Komisarek, que je qualifiais moi-même d'intouchable il y a quelques semaines, se transforme en Monsieur Revirement quand son partenaire n'est pas à ses côtés pour le sortir de l'embarras.

Markov mérite chaque sou de son salaire annuel de 5,75 millions. Il bouffe des minutes, relance l'attaque avec vivacité, excelle pour garder la rondelle en territoire ennemi, distribue les passes avec intelligence en supériorité numérique et est toujours bien positionné en zone défensive. Un roc. Son absence, si elle devait se prolonger, hypothéquerait sérieusement les chances déjà minces du Canadien d'aller au-delà de la première ronde.

Avec de telles inconnues dans le camp montréalais, difficile de ne pas pencher pour une victoire des Bruins, en six parties. Tout en gardant à l'esprit, bien entendu, qu'en séries, «on tourne la page», «on remet les compteurs à zéro» et «tout est possible». Surtout, surtout, si «on prend ça un match à la fois».

 




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