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Le devoir moral de Gillett

Réjean Tremblay
La Presse

Les informations obtenues par La Presse et par Radio-Canada se recoupent. Le Canadien et le Centre Bell, malgré tous les démentis grossiers de George Gillett, sont à vendre comme l'avait annoncé La Presse et encore bien plus, l'échéance est toute proche.

Jacques Ménard et BMO avaient dressé une liste d'une cinquantaine d'entreprises qui pourraient être intéressées par le Canadien. Cette liste a été réduite à une dizaine et comprend des noms qui circulaient depuis un moment. Guy Laliberté, René Angélil, Joey Saputo, Stephen Bronfman, Quebecor, la famille Molson et trois ou quatre autres. À ces individus et leurs entreprises, il faut ajouter le nom de Serge Savard, même si Jacques Ménard m'a dit hier matin que Savard était loin sur la liste.

 

Ce qui est inquiétant, c'est de voir le nom de Spectrum Equity, un fonds d'investissements américain valant plus de 4 milliards de dollars. Selon des informations obtenues, l'ancien président de Skoal Tobacco, la compagnie de tabac à chiquer. est également dans la course.

C'est inquiétant parce que ce serait une insulte que le Canadien, l'année de son centenaire tant célébré, se retrouve dans les poches d'un autre Américain. George Gillett a souvent tenu des propos flatteurs et mignons envers les Québécois. Normal, les indigènes lui ont permis de faire des dizaines de millions de profits. Et en remplissant son édifice et en achetant ses produits, le bon peuple permettra à Oncle George d'aller chercher 400 millions pour tenter de se renflouer. Une plus-value d'au moins 150 millions. C'est correct, l'objectif d'un homme d'affaires est de faire des profits. Et Oncle George aura empoché tant que la situation économique le lui permettait.

C'est simple. George Gillett a été un bon propriétaire. Son président, Pierre Boivin, a fait un travail colossal pour faire couler les dollars jusqu'au Colorado. Mais Gillett a aujourd'hui le devoir moral de favoriser un groupe québécois ou canadien dans l'achat du Canadien. Surtout que ce sont déjà les Québécois, via la Caisse de dépôt, qui ont financé Gillett quand il a mis la main sur ce trésor national. Il nous a beaucoup souri quand c'était rentable, le temps est venu de passer des sourires aux actes.

Personne ne va demander à George Gillett qui est dans une situation financière intenable malgré ses démentis parfois agressifs, de sacrifier des dizaines de millions pour favoriser des groupes indigènes. Mais il peut quand même avoir un préjugé favorable dans cette vente. Le Canadien doit revenir dans le giron québécois ou canadien pour qu'on puisse lui redonner sa place dans le hockey québécois. Pour qu'il soit autre chose qu'une machine à imprimer des piastres et à faire saliver les fefans du CH.

Et soit dit en passant, la Brasserie Molson ne s'était-elle pas engagée lors de la vente du Canadien, à veiller sur les intérêts des partisans locaux de l'équipe? À l'époque, Molson était une entreprise canadienne dont le siège social était à Montréal, rue Notre-Dame. C'est devenu une goutte dans l'empire Coors absorbé lui-même par Miller. Comme engagement, ça ne vaut plus cher la livre.

Ce serait quand même impardonnable que le Canadien se retrouve une autre fois dans des mains étrangères. On a laissé faire une fois, c'était déjà une fois de trop.

Et puis, une saine prudence est de mise avec ces vendeurs de chars usagés qu'on a vu s'emparer de nos plus prestigieuses propriétés sportives. George Gillett jusqu'à tout dernièrement, a été fort correct. Même chose pour Bob Wetenhall. Mais on a également connu Jeffrey Loria. Je n'ai pas le goût de prendre ce risque une autre fois. Alors que je connais personnellement la plupart des dirigeants des autres groupes impliqués et que je sais à quel point ils ont la société québécoise et canadienne à coeur. Et bémol pour apaiser la gogauche, même s'ils sont tous très riches.

Par ailleurs, il faut être conscient qu'il se joue une grosse partie actuellement. L'objectif de Jacques Ménard est de faire grimper les enchères le plus possible. Son mandat vient d'ailleurs de George Gillett et non des acheteurs. Son patron, c'est Gillett.

Selon l'information de Radio-Canada, c'est dans deux jours que les futurs acheteurs devraient déposer leurs offres. Je m'attends plutôt à voir deux ou trois regroupements de ces multimillionnaires et milliardaires déposer des offres fermes. Depuis le début, on a toujours parlé en coulisses d'un consortium d'hommes et de femmes d'affaires. Rarement d'un groupe unique ou d'un particulier.

Pis, si c'est un prince de Dubaï ou de l'Arabie Saoudite qui achète votre équipe bien aimée, on avisera.

 




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