On ne confie pas des mandats à quatre grands groupes financiers sur trois continents pour qu'ils préparent des stratégies allant jusqu'à la vente d'actifs prestigieux si on n'est pas pris à la gorge.

Réjean Tremblay LA PRESSE

Il devenait évident que la crise financière qui a fauché des banques et de puissantes multinationales ne pouvait épargner George Gillett, dont l'empire très diversifié est fondé sur un financement garanti par ses propriétés sportives, entre autres. Ce qui fait que certaines d'entre elles sont hypothéquées lourdement.

Quand on décode les propos de Pierre Boivin et de Jacques Ménard, quand on tient compte de toute l'information obtenue depuis quelques semaines de différentes sources, il devient évident que le Canadien de Montréal et le Centre Bell sont sur le marché.

Ça ne veut pas dire que le Canadien sera vendu. Il se pourrait que George Gillett tire une meilleure valeur de la vente de son équipe de soccer à Liverpool, ou de ses hôtels et de ses centres de ski, ou de ses terrains de golf. Mais tous ceux qui suivent la scène financière de la planète savent que les banques refusent de financer ou de refinancer des projets immobiliers même s'ils sont de grande qualité.

Il y a une course entre Liverpool et Montréal. George Gillett et Tom Hicks, son partenaire à Liverpool, ont annoncé en fanfare la semaine dernière qu'on avait fait signer un contrat de cinq ans au légendaire entraîneur de l'équipe, la vraie tête d'affiche de l'équipe, la garantie de la tradition des Reds. Des observateurs qui ont discuté de cette signature avec La Presse estiment qu'il s'agit là d'un geste important pour rassurer un acheteur potentiel. On sait que M. Gillett discute avec un acheteur de Dubaï depuis des mois et des mois.

À Montréal, on a ramené Bob Gainey derrière le banc. Il doit y avoir un message pour quelqu'un.

Lors d'un entretien, hier, M. Pierre Boivin s'est fait rassurant: «Quel que soit le résultat de cette démarche, la pérennité du Canadien est assurée. C'est l'essentiel.»

Il y a quelques semaines, juste avant le match de l'Impact au Stade olympique, Joey Saputo, de l'empire du même nom, se demandait à voix haute comment il se faisait que le Canadien n'avait pas encore été offert à un consortium d'hommes d'affaires canadiens. M. Saputo a maintenant sa réponse.

Ce matin, tous les hommes d'affaires du Québec et du Canada savent que la vente de la prestigieuse équipe et du Centre Bell est une éventualité dont on doit tenir compte. Selon l'état des finances de l'empire Gillett, la joute va se jouer à coups de dizaines de millions.

Pendant ce temps, on va débattre si Maxim Lapierre devrait jouer avec Guillaume Latendresse et Tom Kostopoulos. Il ne faut pas oublier les choses importantes.