Andrei Markov est de loin le joueur le plus important du Canadien. Oubliez Kovalev, Koivu, Price ou Halak.

Ronald King LA PRESSE

Markov est toujours, et facilement, le premier pointeur de l'équipe, c'est lui qui passe le plus de temps sur la patinoire, à forces égales, en avantage ou désavantage numériques...

Si le Canadien a des problèmes aujourd'hui, c'est d'abord parce que Markov n'est plus ce qu'il était. Il n'a plus la même énergie.

Il est fort possible qu'on lui en ait trop demandé. S'il fallait accorder un congé de deux jours à un Russe, il aurait peut-être fallu penser à Markov avant Kovalev.

J'espère qu'il ne s'agit pas d'un autre cas où le joueur est malheureux et qu'il préférerait jouer ailleurs.

Entécas...

Avec Komisarek qui en est à se laisser tabasser, Koivu, vide, plus capable de remporter une mise en jeu importante, un trio formé de Metropolit, Kostopoulos et Stewart, Higgins invisible, Latendresse toujours aussi lent... Il n'y a rien de rassurant, mes amis.

S'ils n'arrivent pas à faire les séries, si nous avons un printemps sans séries éliminatoires - on se fout des autres équipes, non? -, il ne faudra pas leur pardonner.

Pas cette année.

Il sera temps de les faire souffrir.

Mais vous ne le ferez pas, vous achèterez leurs casquettes, leurs porte-clefs, leurs billets trop chers, leur bière sans bulles à 10$... Vous serez tous collés devant la télé l'an prochain encore, comme les pèlerins à l'Oratoire. (Pour les jeunes, il s'agit de l'oratoire Saint-Joseph. À Montréal. Pas de farce.)

Mais bon. Tout n'est pas perdu. On a vu des remontées plus spectaculaires de la part du CH. En 1986, par exemple. L'équipe était au plus bas à quelques jours des séries.

La magie du Canadien opère-t-elle toujours? On dirait que non.

Communication

Vous regardez le hockey à RDS et de tous les athlètes qu'on interroge, celui qui s'exprime le mieux, qui a le vocabulaire le plus riche, qui communique mieux sa pensée... est Lucian Bute.

Ce n'est pas norrrmal, comme dirait Lucian.

Rue Sainte-Catherine

Le 17 mars 1955, c'était l'émeute de Maurice Richard, comme elle est connue. Les reportages du temps nous disent que «la police a eu beaucoup de mal à contenir les Montréalais en colère».

Il y a eu de la casse rue Sainte-Catherine en 1955...

Nous venons justement de connaître une autre émeute, il y a quelques jours. Et les policiers, à mes yeux qui ont vu la manif de près, ont eu beaucoup de mal à contenir les Montréalais en colère.

Ce n'étaient pas les mêmes, bien sûr. Les premiers étaient des amateurs de sport en révolte contre ce qu'ils considéraient comme une insulte de plus au peuple francophone.

Les derniers... on ne sait pas trop contre quoi ils se révoltaient. Contre la brutalité policière, alors qu'ils en rêvent? C'était facile à voir dimanche dernier: une petite bande de voyous qui vivaient leurs 15 minutes de célébrité. C'était leur moment et ils n'allaient pas le rater.

Ils auraient été très déçus s'il n'y avait pas eu de casse et de brutalité policière dans cette manif contre la brutalité policière. Bref, ces jeunes manifestaient plus contre l'ennui que l'injustice, à mon avis.

Certains médias et spécialistes universitaires les ont associés aux groupes communautaires et au mouvement syndical. N'importe quoi...

Et puis il m'est revenu à l'esprit, en entendant les reportages de 1955, qu'à cette époque les policiers n'avaient pas beaucoup d'instruction, mais ils avaient des gros bras, pas beaucoup de jasette et peur de pas grand-chose.

Les policiers du temps ne suivaient pas de cours de psychologie, ils n'expliquaient rien, ils ne reculaient jamais... Ils nettoyaient les lieux. Malheureusement, on a envoyé la mauvaise génération de policiers dimanche dernier. L'affaire ne se serait pas étirée pendant des heures et causé autant de dégâts et de problèmes. Une cinquantaine de petits voyous agressifs. Pas 1000, une cinquantaine...

Et la bonne vieille rue Sainte-Catherine, ainsi que quelques inoffensifs citoyens, auraient été épargnés, cette fois.