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Le sens des proportions

André Pratte
La Presse

L'attaque d'Israël contre le Hamas lui a attiré les dénonciations habituelles. À Montréal, des manifestants ont crié «Israël assassin!». Dans d'autres villes, on a parlé de «génocide», de «crimes contre l'humanité», d'«holocauste».

Ces qualificatifs sont excessifs; leur usage montre que du côté des critiques d'Israël, on a depuis longtemps perdu de vue le sens de ces mots chargés d'histoire et d'horreur. Cela dit, bien des gens, y compris parmi ceux qui sympathisent avec le peuple juif, trouvent disproportionnée cette réplique d'Israël aux tirs de roquettes palestiniens.

Disproportionnée? Sait-on seulement à quoi les Israéliens répliquent? Depuis 2005, le Hamas a tiré quelque 6300 roquettes sur le territoire israélien. Bilan : une dizaine de morts, des centaines de blessés, des villes terrorisées. Les médias occidentaux en ont peu parlé. À quand la dernière manifestation à Montréal contre les attentats commis par le Hamas? Qui a lancé ses souliers sur la photo du chef du Hamas?

Qu'est-ce qu'une dizaine de morts comparativement au plus de 350 morts de l'attaque contre Gaza, diront certains. Tiendraient-ils le même raisonnement si un groupe de terroristes mohawks de Kahnawake tirait chaque jour des missiles de fortune contre l'île de Montréal? Les Québécois n'exigeraient-ils pas que l'armée canadienne prenne tous les moyens pour faire cesser ces tirs ? Ne souhaiteraient-ils pas que cette riposte soit décisive plutôt que «proportionnelle»?

Que veut-on dire par une réplique «proportionnelle»? Israël n'a-t-il pas le droit d'user de la puissance de feu nécessaire pour étouffer la menace? La proportionnalité de représailles armées ne peut être jugée par une comparaison du nombre de victimes. Il faut plutôt se demander si la riposte est justifiée, si elle vise des cibles militaires et si tout est fait pour épargner la population civile. Dans le cas présent, la réponse aux trois questions nous paraît positive. La riposte est certainement justifiée: aucun État ne permettrait qu'on tire sur sa population. Elle vise des cibles légitimes, les installations du Hamas. Enfin, la plupart des victimes sont membres du groupe terroriste, même si une cinquantaine de civils, notamment des enfants, ont été tués. La manoeuvre a visiblement été mieux planifiée que l'attaque contre le Hezbollah au Liban, il y a deux ans, qui elle s'était transformée en carnage.

Israël se plaint, cette fois-ci encore, de ne pas avoir l'appui de la communauté internationale. Un politologue local en rend responsable le biais pro-palestinien de l'ONU, des médias et des ONG. Les Israéliens devraient plutôt s'interroger sur l'impact des erreurs qu'eux-mêmes ont commises au cours des ans.

Un exemple parmi d'autres: si l'attaque en cours semble avoir été conçue pour épargner le plus possible les Gazaouis, on ne peut certainement pas en dire autant du blocus imposé par Israël depuis la prise du pouvoir par le Hamas. Au contraire, le blocus vise précisément les civils. Limiter l'accès d'une population innocente à la nourriture, au carburant et aux médicaments est tout simplement immoral. C'est le genre d'abus qui mine la crédibilité de la lutte d'Israël et qui place les amis de l'État juif, dont nous sommes, dans une situation intenable.




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