Les Alouettes n'ont pas démérité en battant les Eskimos en finale de l'Est, hier, mais il va falloir que les hommes de l'entraîneur Marc Trestman fassent encore mieux dans une semaine s'ils veulent remporter la Coupe Grey devant leurs partisans.

Jean-François Bégin
Jean-François Bégin LA PRESSE

À leur premier match en deux semaines - et leur premier affrontement vraiment significatif depuis qu'ils se sont assurés du premier rang de la division Est, il y a plus d'un mois - les Oiseaux ont fait preuve d'un calme rassurant, malgré un début de match pour le moins chancelant.

 

Marqué alors que les gradins du Stade olympique n'avaient même pas fini de se remplir, le touché initial de Justin Cooper, sur le botté de dégagement bloqué de Damon Duval, aurait facilement pu couper les jambes des Alouettes. Ça n'a pas été le cas. «Il n'y avait pas de sentiment de panique sur les lignes de côté, a raconté le quart Anthony Calvillo après le match. Ça a été comme ça toute l'année. Ça part des entraîneurs et les joueurs emboîtent le pas.»

De fait, entre le milieu du deuxième quart et la première minute du quatrième, l'équipe a marqué 33 points sans riposte, signe que les premières minutes de jeu plutôt ordinaires n'ont pas eu pour effet de rogner les ailes des Alouettes.

Une telle domination n'est pas le fruit du hasard. L'attaque montréalaise est restée longtemps sur le terrain et a permis aux Alouettes de gagner la bataille du temps de possession, tandis que le front défensif a fait de l'excellent boulot et mis beaucoup de pression sur Ricky Ray. Le quart des Eskimos n'a été victime que de deux sacs, mais il s'est retrouvé les quatre fers en l'air à quelques reprises et a constamment été obligé de précipiter ses gestes.

«Tout le monde disait que ça allait être un festival offensif et remettait en question notre défensive dans les dernières semaines, mais on l'avait dit que dans les grands matchs, on sortait fort, a dit le maraudeur Matthieu Proulx. On avait un bon plan de match. Ricky Ray avait l'air mêlé. Notre ligne défensive a réussi à mettre de la pression sur lui et on a réussi à couvrir leurs receveurs. Notre unité défensive a vraiment bien joué aujourd'hui.»

Tout juste assez bons

N'empêche, la gaffe des unités spéciales en tout début de match a été emblématique d'une partie au cours de laquelle les Alouettes ont commis de nombreuses erreurs - trop nombreuses sans doute pour une équipe qui aspire à la victoire finale dans sept jours.

«Nous avons échappé plusieurs ballons, pas seulement à l'attaque, mais aussi en défensive, et on a eu plusieurs problèmes sur les unités spéciales», a reconnu Ben Cahoon, qui a terminé le match avec cinq attrapés et 88 verges de gains.

«Nous n'étions pas assez bons pour gagner la Coupe Grey aujourd'hui, a ajouté le vétéran demi inséré. La semaine prochaine, on affrontera une équipe différente et j'ai confiance que nous allons corriger nos erreurs. Mais aujourd'hui, nous avons été tout juste assez bons pour gagner.»

La meilleure illustration des difficultés rencontrées par les Alouettes est survenue au début du troisième quart, quand Avon Cobourne, excellent par ailleurs à son retour au jeu, et Kerry Watkins ont tour à tour échappé des passes parfaites de Calvillo. Deux longs jeux qui auraient facilement pu résulter en des touchés, avortés par simple manque de concentration au moment de la réception du ballon.

La bonne nouvelle, c'est que les Alouettes ont tout de même trouvé le moyen de marquer sur cette séquence à l'attaque, qui s'est conclue par un touché de Cobourne, sur une course d'une verge. Calvillo, qui a affiché son calme habituel derrière la ligne de mêlée, a fait sa part, avec une course de 15 verges à un moment crucial.

«Nous avons montré sur cette séquence que nous avions les reins solides, a commenté Marc Trestman. Ça ne sera pas toujours parfait, mais nous avons prouvé aujourd'hui que nous pouvions faire face à l'adversité.»

Cela dit, pour remporter la Coupe Grey contre les Stampeders, les Alouettes devront s'assurer de jouer avec aplomb pendant 60 minutes. Hier, le quatrième quart, au cours duquel les Eskimos ont contrôlé le ballon pendant plus de 10 minutes, a été complètement dominé par Edmonton, qui avait déjà eu un net avantage en début de partie.

Les partisans des Alouettes ont toutefois le droit d'espérer une victoire lors de la grande finale. Pas seulement parce que les leaders que sont les Calvillo et autres Cahoon ne voudront pas rater cette chance unique de gagner la Coupe Grey dans leur ville d'adoption. Mais surtout, parce que les Alouettes comptent, en Trestman, sur un stratège hors pair, un entraîneur calme, confiant, hyper-préparé qui ne se fera jamais «outcoacher» par qui que ce soit.

C'est une belle semaine qui s'annonce.