(Québec) À la veille de la rentrée et devant une potentielle huitième vague, le gouvernement Legault déploie une « campagne de vaccination massive » contre la COVID-19. La vaccination sera ouverte aux personnes de 60 ans et plus à compter du 22 août, puis à la population en général (18 ans et plus) dès le 29 août.

Mis à jour le 16 août
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

« La COVID est toujours là, c’est important de le dire », a fait valoir François Legault, qui a confirmé mardi le début d’une campagne massive de vaccination. Le premier ministre a fait le point sur l’évolution de la pandémie en compagnie du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, du directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau, et de la présidente du Comité sur l’immunisation du Québec, Caroline Quach.

Il s’agit du premier point de presse des autorités de santé publique en compagnie du premier ministre depuis plusieurs mois. Christian Dubé avait quant à lui participé à une conférence de presse avec le Dr Boileau tout juste avant le début des vacances.

Dès mercredi, les personnes âgées de 75 ans et plus pourront obtenir un rendez-vous pour recevoir une dose de rappel. Les 60 ans et plus seront appelés à retrousser la manche à compter du 22 août. La vaccination sera enfin ouverte aux 18 ans et plus dès le 29 août prochain.

La Santé publique recommande de recevoir une nouvelle dose cinq mois après la dose précédente, et ce, peu importe le nombre de doses de rappel reçues jusqu’à maintenant. « Lorsque vous avez eu la COVID, on recommande d’attendre après trois mois », a précisé le ministre Dubé. La vaccination des jeunes de 6 mois à 17 ans se poursuit selon le calendrier habituel (deux doses avec huit semaines d’intervalle). L’administration de la dose de rappel est en cours dans les CHSLD et les résidences privées pour aînés depuis lundi.

« On a tout ce qu’il faut »

« On a environ 150 cliniques de vaccination qui seront mises en place et ça, c’est en plus des pharmacies. […] On a la capacité de vacciner tout le monde qui le souhaite, et en termes de vaccins, on a aussi tout ce qu’il faut », a indiqué Christian Dubé. Québec estime que la capacité de vaccination sera de quelque 300 000 doses par semaine. Le site du Stade olympique sera d’ailleurs rouvert pour la vaccination.

Les autorités s’attendent à une hausse des cas de la COVID-19 alors que les Québécois retourneront au travail ou sur les bancs d’école, dans des espaces intérieurs.

Je sais que beaucoup ont eu la COVID et s’en sont relativement bien tirés. C’est notamment en raison de la vaccination […]. Soyons proactifs pour minimiser les effets d’une prochaine vague […]. C’est le temps d’aller chercher sa dose de rappel.

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Le Dr Boileau invite la population à se prévaloir des vaccins disponibles tandis que Moderna vient d’annoncer une nouvelle génération de produits ciblant le variant Omicron. « On est toujours en pandémie et l’important, c’est de tirer tous les avantages des vaccins qui sont là. D’autres vont arriver, on parlait du bivalent, mais [le vaccin actuel] est très efficace pour prévenir les complications graves et la mortalité », a-t-il dit. Le vaccin bivalent – qui vise la souche originale du virus en plus du variant Omicron – pourrait être rendu disponible pendant la campagne de vaccination, a indiqué mardi le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Campagne électorale et COVID-19

François Legault a réitéré qu’il n’était pas question de ramener des mesures obligatoires pour le moment ni en septembre, ce qui est appuyé par la Santé publique. « Par contre, la Santé publique […] reste toujours libre de faire des recommandations au gouvernement pour mettre des mesures obligatoires », a-t-il précisé, affirmant au passage ne pas vouloir prendre de questions sur des sujets autres que la COVID-19.

M. Legault cherche ainsi à tracer une ligne entre son rôle de premier ministre et celui de chef de la Coalition avenir Québec à l’aube du déclenchement de la campagne électorale. Il n’est pas non plus prévu que le trio santé se représente devant les médias avant le 3 octobre « à moins d’une gravité extrême », a soutenu pour sa part M. Dubé. « Aujourd’hui, c’est parce qu’on lance la campagne de vaccination et dans notre rôle gouvernemental, c’était important d’annoncer à la population qu’on va suivre ça de proche », a-t-il ajouté.

La Santé publique n’a pas l’intention d’émettre de recommandations spécifiques aux partis politiques pendant la campagne électorale. « Si jamais on doit revenir parce qu’il y a quelque chose de majeur, un variant qui vient tout changer, on avisera le gouvernement comme ç’a été dit par le premier ministre et le ministre. […] Mais, nous ne voyons pas du tout cela à l’horizon », a soutenu le DBoileau.

La pression diminue

La pression exercée par la COVID-19 a continué de diminuer mardi sur le réseau de la santé, au moment où Québec signalait 36 nouveaux décès ainsi que 1256 infections supplémentaires. Ces nouveaux cas portent à 1011 la moyenne mobile sur sept jours, un chiffre qui suit une tendance globale à la baisse depuis quelques semaines déjà. À ce jour, 1 165 128 Québécois ont été infectés par la maladie. Ces données ne reflètent néanmoins qu’une partie des infections totales en raison de l’accès limité aux tests de dépistage par PCR. La proportion des tests de dépistage par PCR se révélant positifs au coronavirus est actuellement de 11,8 %. Le total des décès a atteint 16 165. Dans le réseau de la santé, les autorités ont rapporté une baisse de 29 hospitalisations liées à la maladie, laquelle se traduit par 280 nouvelles entrées et 309 sorties. À ce jour, 1964 patients demeurent néanmoins hospitalisés, dont 50 se trouvent toujours aux soins intensifs – en baisse de 5 sur 24 heures (20 entrées, 25 sorties). Environ 679 des 1964 patients hospitalisés le sont en raison d’un diagnostic primaire de la COVID-19 ; les autres ont été admis pour d’autres motifs, avant d’être déclarés positifs à la maladie. Le nombre de travailleurs absents en raison de motifs liés à la COVID-19 repart toutefois à la hausse. Mardi, ils étaient 4109 à devoir s’isoler, une hausse de 652 par rapport à la veille.

Henri Ouellette-Vézina, La Presse