Plus de la moitié des Québécois sont à la fois vaccinés et ont été infectés par la COVID-19. Malgré cette protection, la province n’est pas à l’abri de nouveaux variants qui pourraient « causer des perturbations importantes », selon les plus récentes prévisions de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et de l’Université Laval.

Mis à jour le 12 août
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

À l’heure actuelle, la majorité des Québécois (environ 65 %) présente une immunité hybride contre la COVID-19, ce qui signifie qu’ils sont à la fois vaccinés et qu’ils ont été infectés par le virus.

« Cette immunité agit comme un bouclier qui confère une bonne protection contre les infections, les complications graves et les hospitalisations », explique Marc Brisson, directeur du Groupe de recherche en modélisation mathématique et en économie de la santé liée aux maladies infectieuses de l’Université Laval, dans le rapport paru jeudi.

Ces personnes profitent également d’une meilleure protection contre les infections futures que celles qui sont uniquement vaccinées (immunité vaccinale) ou celles qui ont été infectées sans être vaccinées (immunité naturelle).

« L’ampleur des prochaines vagues dépendra, en partie, du maintien de ce bouclier face aux nouveaux variants. Or, il est actuellement impossible de prédire quand un nouveau variant, autre que BA.4 ou BA.5, pourrait arriver au Québec et quelles seraient ses caractéristiques », indique M. Brisson.

Gare aux nouveaux variants

Selon les prévisions, l’évolution de l’épidémie dans les prochains mois dépendra principalement du maintien de cette immunité hybride, mais également des caractéristiques de nouveaux variants potentiels.

En effet, l’automne et la période des Fêtes sont des périodes propices à une recrudescence des cas en raison d’une augmentation des contacts. Si un nouveau variant qui échapperait à l’immunité hybride fait son apparition, il pourrait causer une recrudescence des cas considérable, au point de surpasser celui de la vague Omicron.

« Même si les nouveaux variants sont moins sévères, le nombre important de cas pourrait causer des perturbations importantes dans la société et des pressions sur le système de santé », indique Patricia Hudson, directrice scientifique de la Direction des risques biologiques à l’Institut national de santé publique du Québec, par voie de communiqué.

Baisse des hospitalisations

Par ailleurs, le Québec a rapporté vendredi une baisse de 56 hospitalisations liées à la COVID-19 et 18 décès supplémentaires.

La province a également enregistré 1154 nouveaux cas, pour une moyenne quotidienne de 1055 cas au cours de la dernière semaine. Notons que ces données ne reflètent toutefois qu’une partie des infections totales en raison de l’accès limité aux tests de dépistage par PCR.

En ce moment, 4334 travailleurs de la santé sont absents pour des motifs liés à la COVID-19, une baisse de 12 personnes par rapport à la veille.

Au cours des 24 dernières heures, 10 563 doses de vaccin ont été administrées. Un peu plus de 91 % de la population de 5 ans et plus a jusqu’ici reçu au moins une dose, 56 %, trois doses et à peine 19 %, quatre doses.