Plus d’une centaine d’opérations ont été annulées ou reportées à Montréal depuis le 1er juin parce que des patients avaient contracté la COVID-19. Une situation qui demande de nombreux ajustements pour le personnel de la santé.

Publié le 11 août
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

Depuis le début de la pandémie, tous les patients doivent obtenir un test de dépistage négatif à la COVID-19 avant une intervention chirurgicale. Seuls les cas urgents sont opérés.

Cette mesure n’est pas seulement liée au fait que ces patients pourraient être contagieux au moment de leur opération. « Les données actuellement disponibles démontrent que ces patients peuvent être sujets à plus de complications », indique la porte-parole du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, Marie-Hélène Giguère.

En effet, les risques de morbidité, de mortalité et de complications, notamment pulmonaires, sont plus élevés chez les patients atteints de la COVID-19 qui doivent être opérés sous anesthésie.

Dans les deux derniers mois, le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal a reporté environ 25 opérations en raison d’un test positif à la COVID-19 chez les patients. « Cela crée un effet domino et nuit malheureusement à la réduction de nos listes d’attente en chirurgie », affirme Mme Giguère.

Réagir rapidement

En cas de test positif, le personnel de la santé a alors moins de 48 heures pour trouver un autre patient à opérer, explique la coordonnatrice des processus d’accès à l’intervention du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Tara Glover.

Dans les établissements du CIUSSS, 38 patients ont vu leur opération reportée en raison d’un test positif à la COVID-19 depuis le 1er juin. « La plupart du temps, nos urgences ont des cas de chirurgie qui attendent une opération, donc ils vont entrer dans cet espace-là », dit Mme Glover.

Le personnel planifie ensuite un nouveau moment pour procéder à l’opération du patient infecté. En général, la chirurgie est reportée de 4 à 6 semaines après le test positif, pour laisser au patient le temps de se rétablir de la COVID-19, explique Mme Glover.

D’habitude, on est bookés trois mois d’avance. Il faut donc être capable de déplacer et de trouver le temps opératoire pour ce patient-là. Il y a beaucoup d’ajustements à faire.

Tara Glover, coordonnatrice des processus d’accès à l’intervention du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal

Même son de cloche au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), qui a annulé 10 interventions chirurgicales en raison d’un test de COVID-19 positif. « Nous parvenons souvent à trouver un autre patient en remplacement. C’est un travail constant auquel les équipes responsables de la planification sont confrontées », indique la porte-parole du CHUM, Andrée-Anne Toussaint.

Par ailleurs, l’Hôpital général juif a dû annuler 19 opérations depuis le 1er juin. Là-dessus, plus de la moitié (10) s’expliquaient par un test positif à la COVID-19. De son côté, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal en a annulé près d’une cinquantaine.

Pour éviter de telles annulations, les établissements recommandent aux patients d’être vigilants pour ne pas contracter le virus dans les semaines précédant leur intervention, indique Mme Glover. Malgré les précautions, elle a observé une hausse des patients atteints du virus depuis le début de la septième vague.

Les hospitalisations remontent

Ailleurs au Québec, les hospitalisations sont reparties à la hausse mercredi après une baisse de la transmission de la COVID-19 pendant plusieurs jours. La province a rapporté 64 hospitalisations liées à la COVID-19 de plus que la veille et 19 décès supplémentaires.

La province a également enregistré 1211 nouveaux cas. Notons que ces données ne reflètent toutefois qu’une partie des infections totales en raison de l’accès limité aux tests de dépistage par PCR. La proportion des tests de dépistage par PCR se révélant positifs à la COVID-19 est demeurée élevée, soit 11,4 %. Par ailleurs, 229 070 tests rapides positifs ont été autodéclarés jusqu’à maintenant sur la plateforme du gouvernement, dont 217 mardi.

En ce moment, 4343 travailleurs de la santé sont absents pour des motifs liés à la COVID-19, ce qui représente une hausse d’un peu plus de 140 personnes par rapport à la veille.

Au cours des 24 dernières heures, 8463 doses de vaccin ont été administrées. Un peu plus de 91 % de la population de 5 ans et plus a jusqu’ici reçu au moins une dose, 56 %, trois doses et à peine 18 %, quatre doses.