Vous avez vos passeports ? Prochaine étape : à vos masques, des N95 de préférence, surtout dans les grandes files à l’aéroport, à l’embarquement et au débarquement, de même que dans les toilettes des avions et des aéroports. Et ce, peu importe les règles imposées par les compagnies aériennes ou celles en vigueur dans les aéroports à destination.

Publié le 28 juin
Louise Leduc
Louise Leduc La Presse

À l’aéroport Montréal-Trudeau, le port du masque (médical à tout le moins) est obligatoire. Mais à l’étranger, plusieurs aéroports – Charles-de-Gaulle, en France, notamment – ne l’imposent plus.

Les règles quant au port du couvre-visage varient d’une compagnie à l’autre : Air France, par exemple, recommande le masque sans l’imposer. Air Canada indique sur son site que, suivant les exigences de Transports Canada, le masque est obligatoire « à l’embarquement, à bord et au débarquement ». Idem pour Air Transat.

Sur Twitter, Roxane Borgès da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, rappelait à la ronde il y a quelques jours l’importance du masque.

En entrevue téléphonique, elle persiste et signe. « Ce serait si dommage d’être malade et confiné à l’étranger ! »

Elle se trouve elle-même en Europe, après un vol à partir de Montréal précédé d’interminables attentes.

Dans l’avion en tant que tel, souligne Mme Borgès da Silva, « il y a une très bonne qualité d’aération », alors c’est surtout à l’enregistrement des bagages et à la sécurité qu’il faut être particulièrement prudent.

Le masque médical ordinaire protège les autres, c’est bien, « mais pour se protéger soi-même, il faut un masque N95 » (standard pour les adultes ou adapté à la taille des enfants).

Même lors des vols où le masque est obligatoire, Mme Borgès da Silva note qu’il est porté n’importe comment. « J’ai même vu un gars qui se le mettait sur les yeux pendant qu’il dormait ! »

En plus du masque, la Dre Anne Gatignol, professeure de microbiologie à l’Université McGill, insiste sur l’importance d’être à jour dans sa vaccination.

« Si vous êtes à cinq ou six mois de votre dernière dose et que vous n’avez pas eu d’infection, je recommanderais une dose supplémentaire, idéalement plus de deux semaines avant de partir pour que l’organisme ait le temps de réagir et de fabriquer des anticorps ».

C’est particulièrement le cas des voyageurs de plus de 65 ans et des personnes immunodéprimées, mais elle souligne qu’il faut au minimum laisser passer trois mois entre deux doses.

Soulignons que, depuis cette semaine, il n’est plus nécessaire d’être vacciné pour monter à bord d’un avion ou d’un train au Canada.

Risques relatifs

Un résumé d’une revue de la littérature datant de novembre 2021 publiée sur le site du gouvernement du Canada (Preuves du risque de transmission de la COVID-19 en vol) indique que « la plupart des rapports d’évènements de transmission en vol sont survenus avant le déploiement généralisé de la vaccination. Une étude a révélé que les passagers vaccinés avaient 74 % moins de chances d’être infectés par rapport à ceux qui n’étaient pas vaccinés ».

(Notons cependant que pour bon nombre de personnes, le dernier vaccin remonte à janvier et que les derniers variants peuvent modifier la donne.)

Un modèle prédictif a estimé que le processus d’embarquement/débarquement contribuait davantage au risque d’infection que les déplacements en vol.

Extrait de la synthèse du gouvernement du Canada sur le risque de transmission de la COVID-19 en vol

Plusieurs études se sont d’ailleurs attardées à ce risque tout particulier de l’embarquement et du débarquement pour voir dans quelle mesure il est possible de minimiser les risques.

Par exemple, peut-on encore lire, « on a constaté qu’en augmentant le nombre de groupes d’embarquement, en réduisant le nombre de bagages à main et en évitant l’interaction avec les autres passagers (c’est-à-dire en embarquant à l’arrière de l’avion et en commençant par les sièges côté hublot), le risque d’infection diminuait de manière significative, bien qu’il faille sacrifier l’efficacité globale (c’est-à-dire le temps d’embarquement et de débarquement) dans certains scénarios ».

Le texte conclut en disant que « les concentrations de particules en vol dans les avions sont inférieures à celles des magasins de détail/épiceries, des restaurants, des bureaux, des habitations et d’autres formes de transport. En outre, des expériences de simulation de la transmission d’aérosols en vol et de la contamination de surface montrent que l’air de la cabine est rapidement renouvelé ».

Consultez le résumé Preuves du risque de transmission de la COVID-19 en vol

Le cas des toilettes

En 2020, une étude publiée dans Physics et Fluids – avec maintes formules mathématiques ! – concluait que lorsqu’on tire la chasse d’eau, entre 40 % et 60 % des gouttelettes peuvent remonter bien au-dessus du siège et flotter dans l’air quelques minutes, amenant une « diffusion à grande échelle du virus » si des passagers sont atteints et ont eu besoin d’aller au petit coin.

Les chercheurs, Yun-yun Li, Ji-Xiang Wang et Xi Chen, y vont en conclusion de trois suggestions pratico-pratiques : d’abord, lavez le siège de toilette avant de l’utiliser ; après usage, abaisser le couvercle du siège quand c’est possible, « ce qui peut à toutes fins utiles prévenir la transmission du virus » ; enfin, lavez bien vos mains après être allés aux toilettes.