(Ottawa et Montréal ) Le gouvernement Trudeau a confirmé mardi qu’il suspendait l’obligation d’être vacciné pour monter à bord d’un avion ou d’un train, à compter du 20 juin prochain. Les voyageurs devront toutefois continuer à porter un masque durant les déplacements.

Mis à jour le 14 juin
Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Même si la majorité des provinces ont déjà annoncé la fin du port obligatoire du masque dans les transports en commun et les lieux publics, Ottawa estime que cette mesure est toujours de mise dans un contexte où la pandémie n’est pas encore terminée, a indiqué le ministre des Transports, Omar Alghabra.

« Il s’agit d’une mesure à la fois efficace et peu coûteuse qui sert à protéger les gens et les travailleurs dans les environnements où l’espace est restreint et les contacts sont étroits », a-t-il soutenu, en disant s’appuyer sur les recommandations d’experts.

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Omar Alghabra, ministre des Transports du Canada

Les voyageurs qui arrivent de l’étranger devront quant à eux continuer à déclarer leur statut vaccinal avant leur arrivée en utilisant l’application ArriveCAN. Ceux qui ne sont pas vaccinés devront toujours se soumettre à une quarantaine, a précisé M. Alghabra. Selon lui, ArriveCAN demeure un outil indispensable pour les autorités canadiennes afin de conserver un contrôle sur l’arrivée au pays de voyageurs qui n’ont pas été vaccinés et qui pourraient faciliter la propagation de variants de la COVID-19.

« Il est maintenant clair que la situation de la COVID n’est pas la même aujourd’hui qu’à l’automne lorsque nous avons mis en œuvre le mandat de vaccination pour les voyageurs et les travailleurs du transport. La situation a évolué grâce aux millions de Canadiens qui ont relevé leurs manches et se sont fait vacciner », a fait valoir le ministre.

Employés fédéraux

Les employés du gouvernement fédéral, y compris les policiers de la Gendarmerie royale du Canada, ne seront plus soumis à l’obligation vaccinale à compter de la même date, a indiqué la présidente du Trésor, Mona Fortier. Elle a souligné que les employés qui n’ont pas été vaccinés et qui ont été suspendus sans solde pourront reprendre le travail. Mais Ottawa se garde le droit de réimposer l’obligation vaccinale l’automne prochain si l’évolution de la pandémie l’exige, a-t-elle insisté.

Depuis quelques semaines, le gouvernement Trudeau faisait l’objet de vives pressions du Parti conservateur et de la part des associations de tourisme et de voyage pour mettre fin à l’obligation vaccinale, afin d’atténuer la pression dans les aéroports du Canada et d’aligner les règles sur les mesures de santé publique provinciales.

Présent à la conférence de presse, le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, a indiqué que le gouvernement fédéral n’écartait pas l’idée de recommander une troisième dose pour être pleinement vacciné au lieu de deux doses si la situation épidémiologique l’exigeait.

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Jean-Yves Duclos, ministre de la Santé du Canada

« Le variant Omicron nous a démontré que deux doses ne suffisent plus, car avec le temps, l’immunité acquise grâce aux deux doses du vaccin s’amenuise », a indiqué M. Duclos, invitant au passage les Canadiens à obtenir leur dose de rappel le plus rapidement possible ou encore leur quatrième dose s’ils y sont admissibles.

Le ministre des Affaires intergouvernementales, de l’Infrastructure et des Collectivités, Dominic LeBlanc, a pour sa part affirmé que les changements annoncés mardi ne visaient pas à réduire le temps d’attente dans les aéroports. « Ces temps d’attente sont causés surtout par des pénuries de main-d’œuvre. Les annonces faites aujourd’hui s’appuient sur les données probantes de la science et elles n’auront aucun impact sur les retards qui se font sentir dans les aéroports », a-t-il prévenu.

Dubé maintient son appel à la prudence

En point de presse mardi à Bécancour, le ministre québécois de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a parlé d’une « période de transition » à opérer.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Nous, [pour le masque obligatoire], on attendait jusqu’au 18 juin entre autres pour les transports collectifs. Mais moi, je continue de dire – et des fois, j’ai l’air du gros méchant – qu’il faut faire attention. Le virus est encore là, il y a encore une soixantaine d’hospitalisations tous les jours.

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Il soutient qu’il reste tout de même « normal » que le Canada « fasse cette traverse », et ce, même si cela signifie qu’« il y aura encore moins de contrôle ». « Ce que je dirais aux gens, c’est de continuer à se protéger dans des endroits où ils sont moins confortables, notamment dans les lieux publics », a indiqué M. Dubé.

Au Québec, le port du masque n’est plus obligatoire dans les lieux publics depuis le 14 mai dernier. Idem dans le réseau scolaire et les centres de la petite enfance depuis le 16 mai. Il demeure toutefois obligatoire pour le moment dans le réseau de la santé et les transports en commun. Le masque obligatoire tombera toutefois dans le métro et les bus dans quatre jours, le 18 juin.