(Ottawa) Les voyageurs internationaux ne seront plus soumis à des tests de dépistage aléatoires de la COVID-19, à compter de samedi et jusqu’à la fin du mois de juin. Cette suspension temporaire touchera uniquement les personnes vaccinées. Le gouvernement fédéral en a fait l’annonce vendredi dans un communiqué. L’objectif est de réduire le temps d’attente dans les aéroports à l’approche de la saison estivale.

Mis à jour le 10 juin
Mylène Crête
Mylène Crête La Presse
Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse

La suspension des tests aléatoires sera de courte durée. Elle débutera samedi et se terminera à la fin du mois de juin. Les personnes qui n’ont pas reçu leurs deux doses de vaccin contre la COVID-19 continueront de se faire tester à l’aéroport.

À compter du 1er juillet, tous les tests aléatoires devront être effectués à l’extérieur pour les voyageurs internationaux tant vaccinés que non vaccinés. Ils pourraient devoir faire le prélèvement pour le test PCR à la maison ou en pharmacie. Les détails seront annoncés ultérieurement, a-t-on indiqué au bureau du ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos.

Ces jours-ci, l’attente est particulièrement longue à l’aéroport Pearson de Toronto, qui est aux prises avec un afflux de voyageur et une pénurie de personnel. L’application des mesures contre la COVID-19 ralentit les vérifications à la douane, ce qui entraîne des retards de plusieurs heures.

« Le but des tests aléatoires n’est pas de détecter chaque cas, a expliqué l’administratrice en chef de la santé publique, Theresa Tam. Ils sont là pour fournir un système d’alerte précoce pour les variants préoccupants. »

Des statistiques importantes

Du 1er avril au 28 mai, un peu plus de 3 % des 215 305 tests aléatoires effectués dans les aéroports sur des voyageurs entièrement vaccinés se sont révélés positifs. Les agents des services frontaliers ont demandé à 24 612 personnes non vaccinées ou partiellement vaccinées de faire le test de dépistage sur place, pour un taux de positivité de 2,43 %.

« Ces statistiques sont importantes pour dégager une tendance, mais surtout pour nous alerter sur les variants, a-t-elle ajouté. Et ce n’est pas uniquement le nombre de tests qui importe. C’est la stratification [des mesures de dépistage], en nous assurant que nous obtenons des échantillons de personnes arrivant de différentes régions du monde », a expliqué la Dre Tam.

Les États-Unis ont annoncé vendredi la fin de l’obligation des tests de dépistage de la COVID-19 pour les voyageurs étrangers qui arrivent par avion, qu’ils soient vaccinés ou non. Il s’agit de l’une des toutes dernières mesures de prévention gouvernementales toujours en vigueur. Elle pendra fin dimanche à minuit.

L’exigence d’un test de dépistage était combinée à une obligation de vaccination adéquate pour tout adulte étranger, non immigrant, voulant pénétrer sur le territoire américain. Elle pourrait être imposée de nouveau advenant l’apparition d’un nouveau variant préoccupant.

Au Canada, les voyageurs entièrement vaccinés n’ont plus à fournir de tests de dépistage avant l’embarquement depuis le 1er avril. Cette exigence a toutefois été maintenue pour les non-vaccinés et ceux qui ont reçu seulement une dose d’un vaccin qui en requiert deux.

Tendance à la hausse au Québec

Parallèlement, la tendance à la hausse du nombre de nouveaux cas de COVID-19 se poursuit au Québec. Elle semble alimentée par l’arrivée de nouveaux sous-variants d’Omicron. BA.212.12, BA.4 et BA.5 représentent désormais plus du quart des cas dans la province. Ces nouveaux venus sont à l’origine de nouvelles vagues aux États-Unis et en Europe, dont la France et le Royaume-Uni.

Le Québec a rapporté jeudi 728 nouveaux cas et 720 de plus vendredi, portant la moyenne quotidienne calculée sur sept jours à 598. La tendance est ainsi en hausse de 10 % sur une semaine. Ces chiffres ne reflètent vraisemblablement qu’une partie des infections totales, en raison de l’accès limité aux tests de dépistage par PCR. D’ailleurs, la part des tests de dépistage par PCR s’avérant positifs à la COVID-19 demeure élevée, à 7,1 %.

En plus des cas détectés par tests PCR, 785 personnes ont rapporté ces deux derniers jours avoir obtenu un résultat positif à un test rapide. Les cas autodéclarés, qui ne sont pas inclus dans les cas rapportés quotidiennement, ont augmenté de 12 % depuis une semaine.

De plus, on note un rebond dans les absences scolaires. En date du 7 juin, 3755 élèves étaient absents en raison de la COVID-19. Ce nombre est en hausse de 3 % par rapport à la semaine précédente.

Autre indicateur à la hausse : les traces de COVID-19 détectées dans les eaux usées de Montréal affichent aussi une augmentation depuis peu, selon le tableau de bord fédéral.

Bref, tant les tests PCR, les tests autodéclarés, les absences dans les écoles que le signal dans les eaux usées pointent vers une tendance à la hausse.

Tout comme au début de l’automne dernier, c’est la Côte-Nord qui affiche actuellement le plus haut taux de propagation, selon les tests PCR réalisés.

Avec l’Associated Press