À trois jours de la levée du masque dans les lieux publics, la situation sanitaire « va vraiment dans le bon sens », estime le directeur national de la Santé publique, le DLuc Boileau, qui s’apprête à réduire la fréquence de ses interventions.

Publié le 11 mai
Vincent Larin
Vincent Larin La Presse

« Les décès, les hospitalisations, les absences des travailleurs de la santé, tous ces indicateurs ne cessent de décroître et montrent que nous avons eu raison d’amorcer un retour à la normale de manière prudente », a-t-il déclaré en conférence de presse, mercredi, à Montréal.

Compte-tenu de ce contexte plutôt favorable, le DLuc Boileau a annoncé qu’il réduirait la fréquence de ce genre de rencontre avec les médias dans les prochains mois tout en continuant de surveiller de près la situation pandémie, au Québec et dans le monde.

Ainsi, le couvre-visage demeurera obligatoire seulement dans le transport en commun et dans les établissements de santé au-delà du 14 mai.

Mais alors que la France a annoncé mercredi la levée de l’obligation du port du masque même dans les transports en commun, et ce, dès lundi prochain, Québec préfère attendre une baisse de la transmission communautaire avant de franchir ce pas.

Pas vraiment le choix

Des recommandations seront tout de même soumises sous peu au gouvernement quant au moment idéal pour lever cette mesure. C’est que ses usagers « n’ont pas vraiment le choix » de se retrouver ainsi exposés dans les transports publics, a indiqué la conseillère médicale stratégique au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), la Dre Marie-France Raynault.

Après avoir reçu plusieurs questions du public quant à la pertinence de recevoir une 3dose ou une 4dose de vaccin, la Santé publique a tenu à apporter certaines précisions. Pour la première dose de rappel, souvent qualifiée de 3dose, il est toujours recommandé à plusieurs catégories de la population, dont les personnes de 18 ans et plus, de la recevoir, a expliqué le DBoileau.

Quant à la 2dose de rappel, qualifiée souvent de 4dose, à moins de se retrouver dans certaines catégories d’individus considérés comme vulnérables, il y a « peu davantage » à se la faire injecter, a-t-il précisé.

Pour les personnes vulnérables tels les résidents de CHSLD et de RPA, les immunosupprimés, les dialysés et les membres communautés isolées, la 2dose de rappel reste toutefois importante et fait toujours l’objet d’une recommandation du Comité d’immunisation du Québec (CIQ).

Québec a rapporté mercredi 23 nouveaux décès, ce qui porte la moyenne quotidienne calculée sur sept jours à 19. La tendance est stable sur une période d’une semaine.

La province observe aussi une baisse de 54 hospitalisations, qui se traduit par 111 nouvelles entrées et 165 sorties. À ce jour, 1847 patients demeurent donc hospitalisés, dont 62 se trouvent toujours aux soins intensifs, une baisse de quatre cas en 24 heures sur ce plan (sept entrées, 11 sorties).

Et en Europe

En France, le port du masque ne sera plus obligatoire dans les transports collectifs à partir de lundi, a annoncé mercredi le ministre de la Santé, Olivier Véran. Cette annonce signe ainsi la fin de l’une des dernières mesures en vigueur dans l’Hexagone pour lutter contre la COVID-19.

Si « le port du masque reste recommandé, mais n’est plus obligatoire », a-t-il dit, cette contrainte n’est « plus adaptée » selon le ministre alors que la vague actuelle de COVID-19 est en train de fortement diminuer dans le pays.

L’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a annoncé de son côté la levée, aussi à compter de lundi prochain, de l’obligation de porter un masque dans les aéroports et à bord des avions dans l’UE.

« À partir de la semaine prochaine, les masques faciaux n’auront plus besoin d’être obligatoires pour les voyages aériens », a déclaré le directeur exécutif de l’AESA, Patrick Ky.

Le Canada de plus en plus seul

Au Canada, le ministre des Transports, Omar Alghabra, avait déclaré à la mi-avril qu’il n’avait pas l’intention d’emboîter le pas aux États-Unis où l’obligation du port du masque dans les transports publics, dont dans les avions, avait été invalidé par un juge fédéral.

Le port du masque demeurera donc jusqu’ici obligatoire dans les trains et les avions canadiens malgré la fin de cette mesure sanitaire chez nos voisins du Sud et maintenant en Europe.

Avec la collaboration d’Henri Ouellette-Vézina, La Presse et de l’Agence France-Presse