Le portrait des variants prédominants change au Québec, mais demeure jusqu’ici dans la « famille Omicron », ce qui permet d’espérer que la transmission demeurera stable, croient des experts. Si la situation montre une tendance à la baisse du nombre de cas, il faudra toutefois assurer une surveillance serrée des souches du virus au cours des prochains mois.

Publié le 11 mai
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

« Je ne pense pas qu’on a besoin de s’inquiéter outre mesure. Il y a de bonnes chances que ces nouveaux sous-variants ne provoqueront pas un changement majeur. Ils vont probablement rester au même niveau de virulence », explique le virologue Benoit Barbeau, professeur au département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Si BA.2 demeure le principal sous-variant qui circule au Québec, représentant un peu plus d’un cas sur trois, les souches du virus qui en sont issues prennent toutefois de plus en plus de place dans la province, montrent de nouvelles données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). D’après les chiffres de l’INSPQ, BA.2.12.1, BA.2.3 et BA.2.9 – de nouvelles souches émanant de BA.2 – représentent désormais ensemble la moitié des cas au Québec (51 %).

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Pour M. Barbeau, ces nouvelles souches ne montrent pas de signes particulièrement inquiétants. « On ne verra pas de transformations aussi fortes que le passage qu’on a vu entre BA.1 et BA.2, par exemple. Ça risque d’être plus subtil », note-t-il.

Il faut toutefois toujours faire preuve d’humilité. Le Québec a une trajectoire qui semble aller dans la bonne direction, mais une surprise, ça peut toujours arriver avec ce virus. Et ça pourrait venir d’un autre variant qui aurait évolué indépendamment des autres.

Benoit Barbeau, virologue et professeur au département des sciences biologiques de l’UQAM

« Mais en ce moment, la situation se maintient vraiment avec une base Omicron très spécifique à travers le monde », explique l’expert.

Des mutations constantes

BA.2 a fait son apparition au Québec à la fin de janvier, mais c’est en mars qu’il est devenu le principal variant circulant dans la province. Son arrivée a contribué à alimenter la sixième vague, qui a touché le Québec ces dernières semaines.

Pour Alex Carignan, médecin microbiologiste-infectiologue, épidémiologiste et professeur à l’Université de Sherbrooke, ces nouveaux variants prouvent que le virus de la COVID-19 mute constamment et « qu’il va toujours continuer de le faire ». Mais il ne faut pas s’inquiéter pour autant, soutient-il.

La situation devient préoccupante lorsqu’un variant a la capacité de supplanter un variant prédominant, selon ses dires. « Si on regarde, par exemple, en Afrique du Sud, il y a un remplacement du variant BA.2 par BA.4 et BA.5, donc ça, dans ces cas-ci, ce sont des variants qui valent la peine d’être surveillés », illustre-t-il.

Aux États-Unis, un léger rebond de l’infection semble d’ailleurs lié au BA.2.12.1, affirme M. Carignan. « Ça ne veut pas dire qu’on va avoir un rebond aussi au Québec », dit-il. En effet, le moment de l’année pourrait nous être bénéfique. « Généralement, au mois de mai et juin, les conditions sont moins favorables pour le virus. » Mais puisqu’il semble avoir une capacité de transmission accrue par rapport au variant BA.2, il est tout de même à surveiller, conclut l’expert.

En savoir plus

  • 23 %
    La campagne de vaccination continue de ralentir. Le Québec administre en moyenne 19 000 doses par jour, en baisse de 23 % sur une semaine. À ce jour, 83,3 % des Québécois ont reçu deux doses, mais seulement 51,7 % en ont eu trois, et 10,9 %, quatre.
    Source : ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS)