Selon le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, les deux prochaines semaines seront « critiques » pour le réseau de la santé du Québec avec une hausse des hospitalisations liées à la COVID-19. Avec la sixième vague de la pandémie, le nombre de personnes à risque élevé de complications demeure important. Combien de personnes sont concernées ? Tour d’horizon.

Publié le 15 avril
Éric-Pierre Champagne
Éric-Pierre Champagne La Presse

Prudence particulière

Dans un avis mis à jour en décembre dernier, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) considérait comme « partiellement protégées » les personnes faisant partie des groupes à risque élevé de complications de la COVID-19, qu’elles aient reçu deux ou trois doses de vaccin ou qu’elles aient déjà contracté la maladie. À ces groupes, il faut évidemment ajouter les personnes immunodéprimées. Mine de rien, voilà un grand nombre de personnes qui doivent être plus particulièrement protégées au moment où les autorités rappellent au public qu’il doit « apprendre à vivre avec le virus ». Rappelons qu’au cours des sept derniers jours, la moyenne quotidienne des décès a grimpé à 19, une hausse de 16 % par rapport à la semaine précédente.

Personnes âgées

Face au variant Omicron et à son sous-variant BA.2, les personnes âgées de 70 ans et plus, avec ou sans maladies chroniques, font partie des groupes à risque. On parle ici de 1,2 million de personnes, soit 14 % de la population du Québec. À ce nombre, l’INSPQ ajoute les personnes âgées de 60 à 69 ans qui souffrent d’au moins deux maladies chroniques.

Obésité

Les personnes obèses sont définies comme faisant partie des groupes à risque élevé de complications de la COVID-19. Selon les plus récentes données de Statistique Canada, qui datent de 2018, 25 % des Québécois âgés de 18 ans et plus entrent dans cette catégorie, soit environ 1,6 million de personnes. L’obésité est aussi associée à plusieurs maladies chroniques, comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et l’hypertension.

Maladies cardiovasculaires

Au nombre des maladies chroniques considérées comme un facteur de risque de complications de la COVID-19, on trouve les maladies cardiovasculaires. Selon des données de l’INSPQ de 2016, un peu plus de 11 % de la population est affectée d’une telle maladie, soit environ 730 000 personnes. L’avis gouvernemental exclut cependant les gens dont l’hypertension est maîtrisée.

Diabète et autres

Environ 600 000 personnes souffrent de diabète au Québec, soit 7,2 % de la population. Le diabète de type 1 ou 2 est considéré comme un facteur de risque pour la COVID-19. Les maladies respiratoires à l’exclusion de l’asthme maîtrisé sont aussi du nombre, comme les maladies rénales et hépatiques. Environ 3 % de la population serait aussi immunodéprimée, soit un peu plus de 250 000 personnes. Celles-ci font également partie des groupes à risque.

Des risques plus élevés

Les risques de mourir de la COVID-19 sont plus élevés chez les personnes ayant une maladie chronique, indique l’INSPQ. Il est de 7,1 pour 100 000 chez les 20-59 ans, de 29,9 chez les 60-69 ans, de 85,9 chez les 70-79 ans et de 334,7 chez les 80 ans et plus. Pour les personnes adéquatement vaccinées, les risques diminuent cependant dans chacun de ces groupes d’âge.

Note : Les chiffres présentés dans ce texte ne peuvent être additionnés. Il est difficile d’obtenir le nombre exact de personnes pouvant faire partie des groupes à risque puisque de nombreuses personnes peuvent faire partie de plusieurs groupes à la fois.

Consultez le portrait des décès liés à la COVID-19 de l’INSPQ