« Je n’en peux plus. » « Tout le monde est tanné. » « Il faut que ça arrête. » C’est avec amertume que les Montréalais rencontrés par La Presse mercredi soir ont accueilli l’arrivée de la sixième vague de COVID-19 dans la province.

Publié le 31 mars
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

En fin de journée, quatre amis s’étaient rassemblés sur un banc de la rue Boyer, sur le Plateau Mont-Royal. « Oh non, c’est pas vrai. Je n’étais pas au courant », s’exclame Sébastien en apprenant l’arrivée de cette énième vague du virus. « Je suis un peu sous le choc », renchérit son ami Simon.

Pour le groupe, il n’est pas question de revenir aux mesures sanitaires instaurées dans les derniers mois, malgré la hausse du nombre de cas. « Je continue de mettre le masque quand c’est obligé, par respect pour les autres. Mais je ne le porterai plus lorsque ça ne sera plus obligatoire », lance Sébastien, appuyé sur son vélo.

Pour Marla Williams, croisée dans le même quartier, à la place des Fleurs-de-Macadam, en compagnie de son bambin, l’arrivée de cette vague est un coup dur.

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Marla Williams avec son bébé

Je n’en peux plus. Le mental a souffert énormément. Je ne peux plus être dans la peur comme ça.

Marla Williams

À son côté, Aleksandra Wirkowska demeure toutefois préoccupée. « J’ai toujours peur du virus. Il y a des études qui montrent des changements dans le cerveau après la COVID-19. C’est inquiétant », dit la femme, qui souhaite continuer de porter le masque et d’utiliser du désinfectant.

« Il faut que ça arrête »

Au passage de La Presse, Mourad Hammami profite des derniers rayons de soleil devant le bar Chez Baptiste, avenue du Mont-Royal. « Je n’étais pas au courant de la hausse des cas. Je n’écoute plus les nouvelles », dit-il.

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Mourad Hammami

Il espère que l’arrivée de cette nouvelle vague ne sera pas synonyme du retour de mesures sanitaires plus strictes. « À la minute qu’ils vont dire qu’on peut enlever notre masque, je ne le porterai plus. J’haïs ça », s’exclame l’homme, qui se réjouit du « retour à la normalité » depuis les dernières semaines.

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Pauline Garcia et Valentine Pranlas

Valentine Pranlas abonde dans le même sens. « Tout le monde est tanné. On a eu restriction sur restriction. Il faut que ça arrête. »

Protéger les plus vulnérables

Mélanie Pigeon, qui sirote son café en bordure du trottoir, n’est pas surprise de l’arrivée de cette sixième vague. « Je sentais que ça s’en venait. Je travaille dans une pharmacie et on n’a jamais eu autant d’employés malades de la COVID-19 depuis les deux dernières années. »

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Mélanie Pigeon et Renaud Séguin

« La COVID-19, ce n’est pas fini. On a des patients malades qui viennent à la pharmacie, mais les clients s’en foutent. Ça me choque. » Elle se désole de voir un relâchement des mesures, malgré la hausse du nombre de cas. « Une personne sur trois ne porte plus de masque en entrant dans le magasin. Il faut que je les avertisse comme au début de la pandémie », laisse-t-elle tomber.

Quelques mètres plus loin, Pauline Garcia est du même avis. « On est très individualistes, et je pense qu’on devrait être plus responsables et prendre plus soin des immunosupprimés et des personnes âgées », dit-elle. « Le masque, c’est très bien. En plus, il y a beaucoup moins de gastro et de maladies », conclut-elle.