(Québec) La méthode douce du ministre Lionel Carmant pour rejoindre des non-vaccinés rapporte peu de résultats. Lancée il y a un mois, l’offensive pour convaincre les hésitants à retrousser leur manche une première fois a rejoint quelque 22 000 personnes, soit 4 % du bassin des 540 000 Québécois non vaccinés.

Publié le 23 février
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Tandis que la campagne de vaccination pour la troisième dose tourne au ralenti au Québec, l’offensive pour rejoindre la clientèle non vaccinée obtient des résultats mitigés. Depuis le 24 janvier, ce sont quelque 22 000 non-vaccinés (cela inclut les premières doses en clinique) qui ont accepté de recevoir une première dose de vaccin, a confirmé mercredi le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

Ce dernier a reçu le mandat de mobiliser une campagne terrain pour convaincre les personnes réticentes et hésitantes à se faire vacciner. Québec voulait alors tendre la main aux non-vaccinés quelques jours après avoir annoncé l’élargissement du passeport vaccinal dans les magasins à grande surface. À l’époque du début de cette offensive, le gouvernement Legault avait toujours dans sa ligne de mire d’imposer la contribution santé.

« On ne s’était pas mis de cible, on avait dit que chaque vaccin serait une victoire. On est rendu en haut de 22 000 vaccins donnés, on a une soixantaine de brigades qui appellent et répondent aux questions, plus de 200 sites. […] Tous les jours, nos chiffres augmentent », a fait valoir le ministre Carmant avant la période de questions, mercredi. Le 24 janvier, on estimait que 540 000 Québécois n’étaient pas vaccinés.

M. Carmant ne se laisse pas décourager par le peu de résultats de sa campagne alors que seulement 4 % du bassin ciblé ait accepté de retrousser leur manche après un mois.

« C’est quand même encourageant », assure le ministre.

PHOTO YAN DOUBLET, ARCHIVES LE SOLEIL

Lionel Carmant

Il y a des gens qui sont réticents, qui refusent le vaccin. Parfois, c’est même difficile pour nos professionnels qui se font recevoir de façon plus ou moins courtoise, mais quand même l’effet est là et on veut continuer à aller de l’avant.

Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

Il n’est pas question pour l’instant de renforcer l’offensive qui doit prendre fin le 31 mars. M. Carmant soutient qu’il est possible par ailleurs que la campagne connaisse un « regain » dans les prochaines semaines. « Il y a eu ceux qui ont eu la COVID pendant le temps des Fêtes, peut-être après le 8 à 12 semaines [ils voudront être vaccinés]. On sera là pour eux, dans leur communauté », a-t-il ajouté.

En conférence de presse mercredi, la conseillère médicale stratégique senior de la Direction générale de la santé publique, Marie-France Raynault, a expliqué que le fort taux d’infection (entre 2,5 et 3 millions de Québec ont été infectés par Omicron) peut retarder la vaccination actuellement. L’ajout de « cliniques de relance » est d’ailleurs envisagé pour la période « post-Omicron » d’ici quelques semaines.

De façon générale, le rythme de la campagne continue de ralentir. Dans la journée de lundi, à peine 14 450 doses supplémentaires ont été administrées, auxquelles s’ajoutent 579 vaccins donnés avant le 21 février qui n’avaient pas encore été comptabilisés. Le Québec est loin du rythme de 105 000 doses atteint à la mi-janvier. À peine 260 adultes par jour continuent de venir chercher leur première dose.

Selon l’INSPQ, les Québécois sont nombreux à bouder la troisième dose. En effet, 42 % des Québécois doublement vaccinés n’ayant pas encore reçu leur dose de rappel n’ont pas l’intention de relever leur manche une troisième fois. Ces taux de refus et d’hésitation contrastent de façon marquée avec l’accueil qui avait été réservé aux campagnes de vaccination des première et deuxième doses.