(Québec) Le gouvernement Legault a peut-être fait de l’âgisme avec les aînés durant la pandémie, a admis la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, pour ensuite s’amender.

Mis à jour le 22 février
Patrice Bergeron La Presse Canadienne

Son cabinet s’est empressé de corriger le tir peu après.

Elle réagissait à une sortie d’une coalition qui déplorait que les aînés eussent été infantilisés depuis mars 2020.

À la période de questions, la députée libérale Monique Sauvé a relayé leurs récriminations.

Elle a rappelé que la Commissaire à la santé avait aussi déploré l’infantilisation des aînés.

« Pourquoi, quand il est question des aînés, on les confine à leur chambre sans évaluer les répercussions que ça a sur eux ? a demandé Mme Sauvé au Salon bleu […] Pourquoi, quand des milliers d’aînés meurent seuls et isolés pendant une pandémie, ce n’est pas nécessaire de faire une enquête publique indépendante ? »

En réplique, Mme Blais a rappelé que le gouvernement voulait protéger les aînés au pire de la première vague.

« La députée s’est levée des dizaines de fois pour qu’on protège les aînés durant la première vague, durant la deuxième vague, durant la troisième vague, et là, elle nous reproche de trop les protéger », a-t-elle déploré.

« Est-ce qu’on a fait à quelque part de l’âgisme ? Il se pourrait », a-t-elle poursuivi.

« La ministre n’a pas utilisé le bon mot », a par la suite indiqué l’attaché de presse de la ministre, Jean-Charles Del Duchetto.

Elle aurait voulu dire plutôt qu’il y aurait eu peut-être de la « surprudence », a-t-il précisé.

« Ce n’est pas du tout une reconnaissance qu’il y a eu de l’âgisme », a conclu M. Del Duchetto.

Lundi, la Coalition pour la dignité des aînés avait dénoncé l’infantilisation de ses membres durant la pandémie et avait annoncé la tenue d’États généraux sur la condition des aînés le 3 mai.

« Nous nous sommes sentis infantilisés et nous avons souffert d’isolement plus que jamais », avait témoigné la porte-parole Lise Lapointe, en conférence de presse à Québec.

Les aînés ne sont pas consultés au moment de réfléchir aux politiques publiques, a-t-elle dénoncé.

« On ne peut pas tourner la page » sur les 10 000 morts survenues dans les milieux de vie pour aînés durant la première vague de la pandémie, a insisté la porte-parole. Cela fait plus de « 10 000 familles qui sont encore sous le choc. […] On n’oubliera pas ça ».

La ministre a d’ailleurs annoncé mardi qu’elle allait participer aux États généraux et la Coalition a fait savoir qu’elle s’en réjouissait.