C’est officiel : le Canada a maintenant « dépassé le sommet de la vague Omicron », a confirmé vendredi la Santé publique fédérale. Celle-ci appelle malgré tout à suivre de près l’évolution des hospitalisations au fur et à mesure du déconfinement déjà bien amorcé dans la plupart des provinces.

Mis à jour le 19 février
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Depuis notre dernière mise à jour, de nombreux indicateurs montrent que le Canada a dépassé le sommet de la vague Omicron, même si le taux d’infection reste élevé et que les hôpitaux sont fortement sollicités », a indiqué l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, en présentant de nouvelles modélisations.

Elle affirme qu’il faudra « surveiller de près l’amélioration de ces indicateurs dans le but de guider l’assouplissement progressif des mesures ». Au Québec, « l’essentiel » des mesures doivent être levées le 14 mars, de façon graduelle. Pour réduire davantage la pression sur les hôpitaux, la Dre Tam appelle les autorités à maintenir certaines restrictions sanitaires pour « protéger les plus vulnérables » et « faire face à une éventuelle recrudescence » de la COVID-19, qui est « toujours possible ».

Les cas vont peut-être monter, mais tant que les hospitalisations ne remontent pas aussi haut, nous pourrons probablement y faire face.

La Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada

Son groupe invite les gouvernements provinciaux à trouver des moyens de « réduire les lacunes » de la couverture vaccinale, et le public à se protéger en évitant les foules, en privilégiant les espaces ventilés et en portant un masque « lorsque nécessaire ».

« Même si nous devons poursuivre une approche prudente des mesures d’assouplissement, il y a place pour un optimisme prudent. Nous sommes dans une position plus forte que jamais auparavant », a soutenu de son côté l’administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada, le DHoward Njoo. Il affirme qu’une réduction hebdomadaire du nombre quotidien de personnes atteintes de la COVID-19 traitées dans les hôpitaux s’observe « particulièrement en Ontario et au Québec », qui ont été les « premières provinces à voir une recrudescence d’Omicron et qui semblent maintenant franchir le sommet ».

À l’heure actuelle, environ 8000 personnes sont toujours hospitalisées en lien avec la COVID-19 au Canada, dont 900 se trouvent aux soins intensifs. Environ 95 morts sont aussi signalées quotidiennement. La Dre Tam a toutefois précisé qu’environ 40 % des hospitalisations sont des cas « primaires », c’est-à-dire qu’ils ont été admis à l’hôpital en raison du virus. Pour le reste, ce sont des gens qui ont été admis en milieu hospitalier pour d’autres raisons, et qui ont alors obtenu un diagnostic positif.

Un vaccin de rechange

Les deux experts fédéraux sont aussi revenus sur l’homologation donnée jeudi au vaccin Nuvaxovid de la société Novavax, le cinquième vaccin contre la COVID-19 autorisé par l’agence fédérale canadienne. Il s’agit d’un vaccin à base de protéines, pendant que ceux de Pfizer ou encore de Moderna s’appuient plutôt sur la technologie à ARN messager. C’est donc le premier du genre approuvé au Canada.

« Ce vaccin pourrait constituer une option pour ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas recevoir un ARN messager », a reconnu le DNjoo à ce sujet, en rappelant que plus de 2,5 millions d’adultes canadiens ne sont toujours pas vaccinés. Il soutient d’ailleurs l’administration de la dose de rappel chez les 12 à 17 ans, à laquelle Québec a donné son feu vert vendredi.

Des infectiologues affirment en effet qu’un vaccin sans ARNm pourrait convaincre certaines personnes hésitantes. Deux des vaccins déjà offerts au Canada, ceux de Pfizer-BioNTech et de Moderna, utilisent de l’ARN messager génétiquement modifié, qui commande aux cellules humaines de commencer à combattre le coronavirus. Cet ARNm n’intègre jamais l’ADN d’une personne, mais certains craignent qu’il puisse le faire et muter ensuite dans l’organisme de l’hôte.

La Dre Tam a d’ailleurs précisé que des sondages sont faits actuellement pour déterminer « la proportion de Canadiens » qui ne sont pas vaccinés et qui « aimeraient une option » de rechange. « Novavax peut leur offrir cette option potentielle », a-t-elle dit.

Novavax doit entreprendre la production de son vaccin dans ses nouvelles installations du Conseil national de recherches Canada (CNRC), à Montréal. Cela dit, les premières doses de ce vaccin ne seront pas fabriquées au Canada, l’usine n’ayant pas encore indiqué qu’elle était prête pour une inspection d’accréditation.

Avec la collaboration de La Presse Canadienne