La hausse appréhendée des hospitalisations ne semble pas se matérialiser au Québec, du moins pour le moment. La situation semble donner confiance au gouvernement Legault en vue de la levée du passeport vaccinal. Mais l’approche préconisée serait toutefois très graduelle, et pas nécessairement permanente.

Publié le 15 février
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse
Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse

« Ce qu’on souhaite, et Christian Dubé l’a dit vendredi, c’est d’enlever toutes les mesures le plus vite possible. Mais on doit suivre les recommandations qu’on nous donne, pour ne pas prendre de risque non calculé concernant la situation dans les hôpitaux », a expliqué lundi le premier ministre François Legault, alors qu’il rendait visite à la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier.

Son gouvernement devait recevoir lundi soir de nouvelles recommandations des experts de la Santé publique lors d’une rencontre privée, comme c’est le cas chaque semaine. Selon des informations rapportées par Radio-Canada, une annonce pourrait ensuite avoir lieu aussi tôt que ce mardi, avec possiblement, dans un premier temps, la fin du passeport vaccinal dans les grandes surfaces, la Société des alcools (SAQ) et la Société québécoise du cannabis (SQDC).

Le gouvernement entend ensuite y aller par étapes. En se disant « content de voir » que les hospitalisations continuent à baisser par rapport au « plafond » de 3400 patients, qui avait été atteint en janvier, M. Legault a d’ailleurs prévenu lundi, d’un ton prudent, que plus de 2000 hospitalisations, « c’est encore élevé ».

« On suit la situation de près […], mais on s’en va dans la bonne direction. C’est ce qui nous permet d’envisager de retirer éventuellement le passeport vaccinal », a-t-il glissé, avouant que son objectif est « d’avoir un calendrier » clair en vue de la levée du passeport vaccinal.

S’il est retiré, le passeport vaccinal pourrait toutefois réapparaître en cas de sixième vague, a laissé entendre le ministre de la Santé, Christian Dubé, vendredi.

« Est-ce que la Santé publique va nous recommander, j’espère dans quelques semaines, de dire qu’on peut le suspendre parce que ça va mieux ? Mais est-ce qu’on pourrait le rétablir si jamais on était pris avec une autre vague ? C’est à ça qu’il faut penser », avait-il dit.

En Ontario, c’est dès le 1er mars, dans un peu plus de deux semaines, que le passeport vaccinal sera levé, a annoncé lundi le premier ministre Doug Ford. Les commerces qui le désirent pourront néanmoins continuer d’exiger ce passeport vaccinal. Le port du masque, lui, demeurera en place « un peu plus longtemps ».

Les hospitalisations ne remontent pas jusqu’ici

Malgré une légère hausse lundi – on compte actuellement 2095 patients hospitalisés en lien avec la COVID-19 –, les admissions dans les hôpitaux continuent en effet de diminuer. Depuis une semaine, le Québec enregistre en moyenne 149 entrées par jour, en baisse de 19 % par rapport à la semaine dernière. À l’inverse, les sorties continuent à être supérieures, soit 196 par jour en moyenne.

Depuis une semaine, on enregistre en effet près d’une cinquantaine de sorties de plus que d’entrées, ce qui contribue à diminuer le nombre total de personnes hospitalisées. Les hospitalisations sont particulièrement en baisse chez les Québécois de 60 ans et plus. Ce groupe, qui recense la majorité des hospitalisations, affiche une baisse de 25 % sur une semaine.

Aux soins intensifs, le Québec enregistre en moyenne 17 admissions par jour, en baisse de 10 % depuis une semaine. Là aussi, les sorties sont supérieures, soit 23 par jour, ce qui permet de diminuer la pression dans ce secteur.

Globalement, la tendance dans les hôpitaux demeure à la baisse de 14 % sur une semaine. La baisse aux soins intensifs sur une semaine est de 24 %.

Au début de février, les appels à la vigilance s’étaient multipliés. Le directeur national de santé publique par intérim, le DLuc Boileau, avait indiqué que les nouveaux assouplissements entraîneraient rapidement plus de transmission et, donc, davantage d’hospitalisations dans le réseau de la santé. Des projections de l’Institut national de santé publique (INSPQ) allaient aussi en ce sens.

Après un ralentissement, la tendance à la baisse des cas a aussi repris de plus belle depuis une semaine. Le Québec rapporte actuellement 2440 cas par jour en moyenne, soit 20 % de moins qu’il y a une semaine.

Les limites imposées au dépistage rendent ces données moins représentatives. Reste qu’après une hausse observée à la suite du retour en classe, le nombre de cas a finalement recommencé à baisser chez les jeunes. On recense présentement 413 cas par jour chez les moins de 20 ans, en baisse de 21 % depuis une semaine. Ainsi, tous les groupes d’âge affichent une tendance à la baisse pour le nombre de cas.

La vaccination au ralenti

Côté vaccination, le rythme est toujours lent. Québec administre actuellement 28 000 doses par jour en moyenne, loin du seuil des 105 000 atteint à la mi-janvier. Il reste encore environ 496 000 Québécois de 18 ans et plus n’ayant jamais reçu de vaccin. Dimanche, à peine 12 175 doses supplémentaires ont été administrées. En moyenne, 600 adultes continuent de se présenter quotidiennement pour obtenir leur première dose de vaccin. Il reste que 93 % des Québécois de 18 ans et plus ont relevé la manche au moins une fois depuis le début de la campagne de vaccination. Sur l’ensemble de la population, 86 % des Québécois ont reçu au moins une dose, 82 % en ont eu deux et 47 % ont reçu leur dose de rappel. Les 17 nouveaux décès rapportés lundi, eux, ont porté à 31 par jour la moyenne quotidienne calculée sur une période d’une semaine. La tendance est ainsi en baisse de 21 %.

Les fonctionnaires québécois retourneront au bureau dès le 28 février

Les fonctionnaires du gouvernement du Québec pourront retourner sur leur lieu de travail de manière « progressive » et « hybride » dès le 28 février. A priori, les fonctionnaires pourront appliquer un mode de travail hybride, avec un minimum de deux jours par semaine au bureau, en personne. « Le télétravail est désormais bien enraciné, et le mode hybride présente des avantages, autant pour le personnel que pour l’employeur », a fait valoir la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, à ce sujet. Québec vise dans un premier temps à ramener 50 % du personnel en mode hybride à partir du 14 mars, soit le jour où « l’essentiel » des mesures sanitaires devrait être levé dans la province, comme le prévoit le plan de déconfinement. Dès le 4 avril, 100 % des employés devraient ensuite être revenus en mode hybride.