(Toronto) Il est temps d’assouplir les restrictions sanitaires parce que les gens en ont « assez » des règles comme les certificats de vaccination et le masque, a déclaré mardi le premier ministre de l’Ontario.

Mis à jour le 15 février
Holly McKenzie-Sutter La Presse Canadienne

Au lendemain de l’annonce, par son gouvernement progressiste-conservateur, d’une accélération du plan de déconfinement des commerces et de la fin prochaine des certificats vaccinaux, dans quelques semaines, Doug Ford a déclaré qu’il avait bien hâte de « faire évoluer ces restrictions ».

« En tant que gouvernement, je déteste dire à quelqu’un quoi faire. Nous devons simplement aller de l’avant, en sortir et protéger les emplois, a déclaré M. Ford lors d’une annonce dans une usine de Hamilton. Le monde en a fini avec ça, alors allons de l’avant. »

Le gouvernement ontarien souhaite lever complètement les limites de capacité des commerces et des rassemblements sociaux dans deux semaines, le 1er mars. L’obligation de montrer son certificat vaccinal à la porte de certains commerces devrait aussi prendre fin ce jour-là.

M. Ford a déclaré mardi qu’il n’avait « jamais été convaincu » de l’efficacité de cette politique de preuve vaccinale, mais qu’il l’avait mise en place sur les conseils du médecin-hygiéniste en chef de la province, le docteur Kieran Moore. « Le docteur Moore est phénoménal, mais il est aussi très raisonnable […] Il comprend aussi l’économie, a déclaré M. Ford. Dieu merci, le 1er mars, nous allons de l’avant. »

Le docteur Moore a précisé que le port du masque sera encore obligatoire en Ontario pendant un certain temps. Le gouvernement n’a pas encore fixé de date pour mettre fin à cette mesure dans les espaces publics, mais M. Ford a indiqué mardi qu’il souhaitait également y mettre un terme, affirmant que les gens voulaient « revenir à la normale » sans de telles règles.

Baisse constante des hospitalisations

Les deux hommes ont souligné l’amélioration des indicateurs de santé publique, comme la baisse des hospitalisations et des admissions aux soins intensifs.

Ces tendances se sont poursuivies mardi, avec 1550 hospitalisations liées au virus et 384 patients aux soins intensifs. Comparativement à il y a une semaine, il s’agit de baisses de 704 hospitalisations et de 62 patients aux soins intensifs.

Dix-neuf autres décès attribuables à la COVID-19 ont été signalés mardi. Environ 37 % des foyers de soins de longue durée de la province connaissaient des éclosions actives de COVID-19.

L’Ontario ne communique pas de données sur les cas de COVID-19 dans les écoles, mais cinq établissements scolaires ont été fermés pour des raisons opérationnelles et 206 écoles de la province signalent des taux d’absence des élèves et du personnel de 30 % ou plus.

Le portrait exact de la propagation de la COVID-19 en Ontario reste cependant incertain, puisque la province limite à des clientèles prioritaires l’accès aux tests PCR.

« Pas à cause des manifestants »

M. Ford a nié que la décision d’assouplir les restrictions sanitaires ait été influencée par la pression des manifestants qui ont occupé la ville d’Ottawa et des postes frontaliers.

Il a de nouveau mentionné mardi les divisions qui sont apparues entre amis et membres de la famille au sujet des mesures sanitaires, notant qu’il avait personnellement vécu ces déchirements. Sa fille est férocement contre la vaccination obligatoire, tandis que M. Ford lui-même a reçu ses trois doses.

« Nous devons simplement être prudents [et] toujours nous assurer de nous laver les mains et d’aller de l’avant, a-t-il déclaré mardi. Nous ne pouvons pas rester dans cette position pour toujours : nous devons apprendre à vivre avec ça et poursuivre notre vie. »