(Québec) Les aînés, les malades chroniques et les populations vulnérables doivent être ajoutés à la liste de groupes prioritaires admissibles aux tests de dépistage en clinique, réclame Québec solidaire. Une demande appuyée par l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR).

Publié le 28 janvier
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Devant le tsunami Omicron, le gouvernement Legault a resserré l’accès aux cliniques de dépistage, privilégiant l’utilisation des tests de dépistage rapides pour la population générale. Pour l’heure, les travailleurs de la santé, les enseignants, les usagers vivant dans des milieux de soins et d’hébergement, les membres des Premières Nations et la clientèle sans-abri sont admissibles.

Cet accès doit être élargi, plaide Québec solidaire. Aux aînés plus largement, mais également aux personnes immunosupprimées ou souffrant de maladies chroniques et aux personnes vulnérables. Le porte-parole en matière de santé, Vincent Marissal, montre du doigt l’accès encore difficile aux tests rapides au Québec. Ces tests peuvent aussi être compliqués à utiliser pour un aîné ou une personne malade.

« Ça leur prend parfois de l’aide. Des gens âgés seuls, même pas seulement en CHSLD, mais aussi en HLM, on en connaît plein. Des gens qui, physiquement, n’arrivent pas à faire un test rapide. […] Il y a aussi beaucoup de gens qui sont démunis et en marge de la société. Ça peut paraître bête, mais il faut aussi savoir lire pour comprendre les instructions. Il faut absolument qu’on donne la priorité à ces gens-la », illustre-t-il.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Vincent Marissal

Par ailleurs, le fait de sortir pour mettre la main sur une boîte rapide en pharmacie « multiplie » les contacts pour ces populations déjà vulnérables, souligne le député solidaire.

Les aînés « encore oubliés »

L’AQDR a déploré au début de janvier que les aînés étaient, « encore une fois, les grands oubliés » des priorités gouvernementales dans le contexte de la pandémie. L’association réclame l’élargissement des tests PCR aux 65 ans et plus, ce qu’appuie également Québec solidaire.

« Le climat est instable et accentue la morosité déjà bien installée chez nos personnes aînées. Je comprends que des décisions doivent être prises rapidement et régulièrement. La décision de prioriser les personnes aînées devrait toujours être un réflexe naturel pour le gouvernement. La première vague suffit à rappeler ce que nos aînés ont vécu », a fait valoir dans un communiqué la présidente Judith Gagnon.

Le directeur national de santé publique par intérim, le DLuc Boileau, a indiqué qu’une révision des groupes admissibles aux tests PCR était en cours pour « ajouter d’autres clientèles » si l’achalandage demeure à la baisse.

« Il faut se souvenir aussi que tous ces tests PCR passent par les laboratoires et les gens ont beaucoup de travail à faire dans le contexte hospitalier actuellement. Il faut donc tenir ça aussi en considération, mais on y avance et on va arriver avec des formules différentes éventuellement », a précisé le DBoileau.