Malgré l’incertitude et la difficulté de donner un « calendrier » précis de déconfinement, le directeur national de santé publique par intérim, le DLuc Boileau, vise à annoncer de nouveaux allègements avec un rythme « d’une semaine à la fois ».

Mis à jour le 27 janvier
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Je sais que tout le monde voudrait avoir plus de prévisibilité sur les assouplissements. On travaille solidement et le plus scientifiquement possible sur la séquence », a promis M. Boileau lors d’une conférence de presse jeudi, sa première sans François Legault et Christian Dubé. Selon lui, ces points de presse séparés « permettront d’avoir un dialogue plus direct avec la population ».

Se disant « sensible à ce que les Québécois vivent », M. Boileau a précisé qu’il reste « difficile » de donner un calendrier précis du déconfinement pour l’instant, « puisqu’il faut suivre l’évolution de la situation et les taux de vaccination », deux éléments qui seront cruciaux pour « rouvrir encore plus rapidement ».

« Notre objectif, ça serait de faire progresser ça une semaine à la fois. On espère une cadence comme ça », a-t-il précisé, en ajoutant que le gouvernement est « très ouvert » à cette formule. « On ne crie pas victoire, mais les choses s’améliorent et c’est important de le dire », a poursuivi M. Boileau, rappelant que la baisse constante des hospitalisations est très encourageante.

Jusqu’ici, les allègements annoncés mardi par Québec doivent se dérouler en deux temps. Les salles à manger des restaurants pourront d’abord rouvrir sous certaines conditions dès le 31 janvier, et les Québécois pourront se rassembler à quatre personnes ou deux bulles. Les sports civils et parascolaires réservés aux jeunes reprendront aussi lundi, tandis que les salles de spectacle et les cinémas, eux, redémarreront une semaine après, le 7 février. D’autres assouplissements pourraient toutefois être annoncés pour le 14 février.

« On ne peut pas aller très vite, non plus. Pour le moment, il faut continuer d’avoir une approche de gestion des risques », a encore martelé M. Boileau. Il a évoqué une progression en cours « vers une vie normale », voire de l’atteinte éventuelle d’un stade « endémique ». Malgré tout, les autorités n’entendent toujours pas imposer la vaccination obligatoire. « On sait que ce n’est pas le moment de proposer ça. Ce n’est pas dans les cartons », a résumé le directeur national.

Une projection des hospitalisations

L’optimisme du DBoileau se basait entre autres sur les nouvelles modélisations parues jeudi par l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), qui a confirmé jeudi s’attendre à « une diminution du nombre de lits réguliers occupés par des patients COVID, pour atteindre environ 2500 » dans les deux prochaines semaines.

Ainsi, la baisse quotidienne des hospitalisations devrait se chiffrer à environ 170 au cours des prochains jours, selon l’organisme gouvernemental. Ce dernier s’attend à « une légère diminution du nombre de lits aux soins intensifs occupés par des patients COVID, pour atteindre environ 250 » sur la même période.

« On projette une diminution du nombre de lits par des patients COVID, mais c’est une diminution qui est quand même modeste. On reste malgré tout au-dessus du niveau 4 déterminé par le ministère de la Santé », a prévenu la PDG par intérim de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), la Dre Michèle de Guise.

« Ce sont des projections à court terme et on se calibre sur les hospitalisations en temps réel », a aussi précisé la Dre de Guise. L’INESSS n’est pas non plus en mesure « d’anticiper » l’effet d’une hausse ou d’une baisse fulgurante de cas, comme le fait l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Un « couvre-feu » basé sur peu de données

Questionnée sur la pertinence du couvre-feu, la conseillère médicale stratégique du MSSS, la Dre Marie-France Raynault, a de son côté reconnu que son implantation, fin décembre, avait été faite avec « très peu de données ». « On avait quand même une étude de la Santé publique France, qui comparait les régions avec le couvre-feu ou pas, et aussi la dose de ce couvre-feu, donc 10 h, 8 h, ou 6 h. Et cette première étude montrait une efficacité », a-t-elle soulevé.

« On sait que c’est très difficile d’importer les études faites dans d’autres contextes, mais ça nous donnait quand même un indice que le couvre-feu pouvait avoir un effet », a ajouté la Dre Raynault. À ses côtés, le DBoileau a laissé entendre que le retour du couvre-feu n’est pas du tout envisagé. « Avant de remettre un couvre-feu, il va falloir que ça aille mal pas à peu près. Mais quand il a été mis de l’avant, il y a quelques semaines, ça allait mal et pas à peu près », a-t-il résumé.